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Juste une mise au point

Posted in Le petit jeu de patience du RER A, Les photographies par accident, Petit trip zerbibien with tags , , , on février 19, 2010 by cecilezerbib

Bonjour les gens,

Aujourd’hui, article écrit en direct. Là. Tout de suite. Maintenant. Parce qu’hier soir, j’avais la flemme. Un taux de nonchalance plus haut que d’habitude. Exceptionnel. Le pied traînant et frottant le sol comme une râpe à fromage. La faute à mes Converse fatiguées, affaissées, surexploitées. Les bras ballants. Se balançant au gré des vents. Mous. Comme sans ossature. Le visage inexpressif. Vidé d’émotions. L’énergie étant partie faire la fête avec mon esprit en laissant ma peau, mes os et mon sang en carafe. Comme une jeune fille se faisant poser un lapin lors de la soirée du bal de promo. La pauvrette en robe du soir. Maquillée comme la prostituée à caravane de la nationale menant au Centre Commercial de Claye-Souilly. Attendant dans le couloir de sa maison de banlieue. Les parents devant la télévision, jetant de temps à autre des regards inquiets dans sa direction… Tout ça pour dire qu’hier soir, je n’avais pas envie d’écrire. Je n’avais envie de rien. Mis à part regarder des épisodes de House en version française. La version avec les voix moches. Parce que j’avais également la flemme de lire des sous-titres. Lamentable. Et manger des Tendres Moments de Milka à la mousse de lait. Autant le dire tout de suite : une soirée extrêmement constructive. Une soirée de fabrication d’empire. Empire de rien. Empire du vide. Disons, pour résumer et surtout pour conclure ce paragraphe sur mes états d’âme nocturne, que sur une échelle de 1 à 10 mesurant la nonchalance de l’humanité, je me situais à… Allez, soyons fou… à 8. Bon niveau quoi.

Alors ! Pourquoi viens-je vers vous en ce jour béni ? Béni car nous sommes vendredi et que vendredi est le réveillon du week-end. Un réveillon hebdomadaire qui plus est. Mais pas que. Aujourd’hui, j’ai deux nouvelles à vous apprendre. Et deux photographies à vous montrer. Encore une fois, c’est un bon repas complet que je vous sers. Entrée. Plat. Dessert. Et même un petit expresso avec « son » spéculos. Je mets « son » entre guillemets car dans certains cafés parisiens, c’est précisé. Le café viendra accompagné de « son » spéculos. L’équivalent de « son » mari pour les épouses. De « son » enfant pour les parents. De « son » poisson rouge pour les dépressifs. Revenons à nos bêtes à cornes.

Deux nouvelles. Classons-les par ordre d’importance. Je prends mon temps. Je réfléchis. Pour se faire, je regarde mes collègues de bureau qui comme moi, font extrêmement bien semblant de travailler. Je pense notamment à  celle d’en face qui a toujours le même dossier ouvert depuis 5 jours. A la même page. Quand le chef avec sa couronne de plumes débarque dans l’embarcation audiovisuelle, elle tourne les pages avec étude. Ne répond pas tout de suite à ses questions… Ben oui ! L’idée étant de sous-entendre que sa concentration est si forte qu’elle n’en sort pas avec facilité. Cette fille est mon quasi-maître à penser de la glande… Ca y est ! J’ai trouvé le bon ordre. Pour mes deux nouvelles. C’est parti mon kiki. J’aime bien cette expression. C’est très années 80. Cela me donne envie de me trouver un t-shirt jaune fluo et de le fourrer dans mes jeans Levi’s 501. Tout en mangeant une barre de Mars devant un monastère. De croiser les « filles à la vanille » et les « gars en chocolat ». De faire des « shake milkshake ». En criant des « Hey les mecs ! C’est Top ! C’est Top Gun ! ».

Hum. Pardon. 3ème égarement de l’article. Je me reprends. Promis, je vais jouer la carte de la linéarité. De la simplicité. De la classe et de l’élégance. Pas moi quoi.

Nouvelle numéro 1. La nouvelle la plus sérieuse. La plus importante. La plus triste pour certains. Ici, sur ce blog, les choses vont changer. Car les choses changent les enfants. Il faut savoir improviser. Désormais, à la place de 5 billets hebdomadaires, vous en aurez… Suspense qui fait des chatouilles dans le ventre… Suspense qui fait des piqures de moustique sous les bras… Suspense qui fait des claquettes… Suspense qui fait des roulements de tambour… Suspense qui fait des hurlements de loups face à la pleine lune… Suspense insoutenable donc… Vous en aurez… 2. Oui certains diront que c’est une sacrée réduction du temps de travail. Mais comme je vous le dis souvent : je suis maître dans mon château. Car mon blog est un château où je vis comme une princesse. Et une princesse, ça porte des robes. Ça dort jusqu’à midi. Ça a une tripotée de serviteurs à sa disposition. Une collection de diadèmes et de serre-têtes pailletés. Et surtout, une princesse, ça fait ce que ça veut. Voilà. La princesse par accident va ralentir le rythme. Puisque j’entends mes millions de fans pleurer et se jeter contre les murs en se battant le visage sans retenue, je vais répondre à leur interrogation commune et désespérée : pourquoi ? J’ai plusieurs raisons. Voici la liste.

1/ Je veux une augmentation et le grand chef à coiffe à plumes me la donnera pas si je continue à écrire quotidiennement un blog où je vante les bienfaits de la fainéantise et de la négation de l’effort. Soyons réaliste. Ce serait comme de donner de l’argent à un mendigot de RER qui serait mieux habillé que vous et porterait un foulard Hermès. Ou de nettoyer les carreaux tout en sachant qu’il va pleuvoir le jour même. Bref. Je ne suis pas sûre que ces métaphores soient claires en fin de compte. Peu importe. Pour synthétiser et faire dans le concret : si je veux me payer la collection complète des vinyles de Claude François époque SLC Salut les Copains, je dois montrer plus de cœur à l’ouvrage lorsque je suis mise en boite.

2/ J’ai un autre projet. Chuchotements et messes basses de part et d’autres. Mais quel est ce projet ? Pourquoi elle ne m’en a jamais parlé ? Sommes-nous vraiment amis ? Tu sais quelque chose toi ? Ben non… Moi non plus ! Attends j’appelle Yvonne ! Yvonne ? T’es au courant d’un nouveau « trip » de Cécile ? Non pas spécialement… Mais comment tu sais ça toi ? Ben je ne sais pas, j’ai entendu dire qu’elle allait ralentir la cadence de publication ! Arrête ? Si je te jure ! Putain, truc de ouf ! (Oui y’en a bien un qui dirait ça…)… Stop ! J’ai donc un « autre projet » dont je ne peux pas encore parler. Parce que c’est une « surprise ».  Et je n’aime pas gâcher ça. Surtout que ce n’est pas « ma » surprise. Je fais partie de la dite surprise. Je suis une des pièces constitutives du jouet se trouvant dans les œufs Kinder. C’est bat. C’est tout ce que je peux dire… à ce sujet.

3/ Je voudrais mieux écrire. Ecrire moins. Moins souvent. Réfléchir plus. Juste un peu plus. Faire des articles avec du sens à chaque fois. Car je suis bien consciente que mon blog est inégal à ce niveau-là. Par contre, ma contrainte d’écriture restera la même. Temps limité. Je ne vous l’avais jamais dit mais mes articles du jour sont écrits au chronomètre. Ce qui explique pourquoi vous avez parfois une impression de bâclage. De fini avec les pieds. J’aime bien me mettre des contraintes. Je trouve que d’une certaine manière, les obstacles, les barrières, les murs, les grilles, les ceintures de contention, tout ça… Ce sont des éléments qui aident à détourner son regard des idées fixes. Des répétitions. Des automatismes. Des sujets prémâchés. Prédigérés. La contrainte est le dernier espace de liberté en cas de manque d’inspiration. De mon point de vue. En tout cas, pour moi, ça marche. Donc… Voilà. 3 jours de congés pour une meilleure efficacité. Une meilleure lecture. Un meilleur moment passé avec moi. C’est là qu’intervient ma 4ème et dernière raison…

4/ Je veux créer de la dépendance… Ben ouais. Finalement, vous êtes nourris tous les jours. Avec de la nourriture faite maison. Avec des légumes biologiques. Achetés au marché biologique bourgeois de Saint-Maur. Sans pesticide. Cuisine au beurre. Cuisine aux fines herbes. Cuisine 3 étoiles. Résultat : un jour sur deux, j’ai peu de visiteurs. Un jour sur deux, vous ne touchez pas à votre assiette. Moi, ça me met dans la colère. La confusion. La peur. Le doute. Et je n’apprécie pas trop ça. D’avoir de la colère, de la confusion, de la peur et du doute en moi. Alors, j’ai décidé de prendre une mesure drastique. 3 jours par semaine, vous irez manger chez les voisins. Si vous avez de la chance, la maîtresse de maison sera de bonne composition. Sinon vous aurez droit à du surgelé et  à du thon en boîte. Ca fera moins les malins. Vous serez en manque. Vous m’attendrez. Et puis c’est tout.

… Aaaaah j’oubliais !! Les jours de publication ! Ce sera… Bon j’arrête le suspense. En plus, cela ne fonctionne pas par écrit. Comme les bruitages. Ou les odeurs. Bref. Les jours de publication seront… le mercredi et le vendredi. Encore une fois, pour beaucoup de raisons. La première et la principale étant parce que ce sont les deux seuls jours finissant par « -di » avec 3 syllabes. Ne me demandez pas « Et alors ? »… Je ne sais pas ! Le mercredi est le jour des enfants. C’est également une bonne raison. Le vendredi est comme je le disais le jour de la délivrance. Le jour de la libération des esclaves hébreux d’Egypte. Le jour de l’armistice. Sympathique ce mot. Armistice. Quand j’étais petite, je trouvais que ce mot ressemblait à un nom de gâteau. Un gâteau à glaçage blanc. Le mille-feuilles aurait pu s’appeler l’armistice. Après tout, il y en a bien un qui s’appelle l’Opéra. Alors pourquoi pas.

TOUT CA POUR DIRE QUE LES PUBLICATIONS DE CE BLOG DEVIENDRONT BI-HEBDOMADAIRES. LES BILLETS APPARAÎTRONT LE MERCREDI ET LE VENDREDI. A L’HEURE DE l’APERITIF. COMME D’HABITUDE. A DEGUSTER AVEC UN MARTINI ET DES OLIVES. NORMAL.

… Nouvelle n°2 du jour. Et non des moindres. Je voulais annoncer solennellement que la semaine du 15 février 2010 est un miracle de Noël. En effet, la ligne A du RER n’a compté absolument aucun retard matinal. Zéro. Nada. Que dalle. Sur 5 jours de travail, 5 jours de retard. Mais pas à cause du RER. Ce qui me provoque – encore une fois – de la joie de vivre. Euh… C’est tout. Oui c’est une courte nouvelle. Au début, je ne voulais pas en parler. J’ai réfléchi et je me suis trouvée injuste. Il faut toujours noter les efforts des cancres. Je le fais. Néanmoins, pas envie de m’étaler trois plombes. Passons aux photographies « barnesques » du jour…

Photographie n°1 : Viala l’héroïque enfant

… Aucun commentaire particulier. C’est une « moche photo ». Cela dit, c’est une « bizarre plaque » également. Depuis quand dit-on une « héroïque personne » ? Ecrit-on « Vous êtes une intelligente personne » ? Non. On dit : une photo moche. Une plaque bizarre. Vous êtes une personne intelligente. Merci beaucoup. De rien, je le pensais. Hum. Hum. Photographie pour dire que la mairie de Saint-Maur-des-Fossés fait des fautes de syntaxe sur la voie publique et que j’en suis outragée chaque jour que D-ieu fait. Heureusement que j’ai mon blog pour en parler. Sinon, j’aurais probablement fait une opération commando à l’Hôtel de Ville. J’aurais descendu tout le personnel et aurais foutu le bordel dans les demandes de passeport. Pour pourrir les vacances des gens. Evidemment, après, je me serais suicidée. Question de principe. Oui c’est nouveau j’ai des principes sordides. Et sanglants. Rire sardonique qui inspire la terreur. Qui essaie d’inspirer la terreur. En tout cas. Allez hop… Next !

Photographies n°2 et 3 : Je m’en tamponne

… Trouvé dans ma société bellevilloise. Un tampon des années 90. Incroyable pièce Vintage. La date la plus récente est le 39 décembre 1999. Epoque où je portais les lunettes rondes à monture de fer marron. Des pulls capuches. Des jeans Engineered affreux. A coupe tournante. A coupe qui n’allait à personne. Epoque où je traînais déjà de la savate pour me déplacer d’un point à un autre du monde. Le monde étant à ce moment-là le lycée. Les 3 étages. Les salles de biologie qui sentent l’aquarium sale. Les professeurs d’économie qui se grattent les parties à l’aide du coin de votre table. Les carnets de liaison bleus. Les pions tyranniques. Le 39 décembre 2009. Date à laquelle je ne peux pas bien dire ce que je faisais. Souvenir flou dans ma tête… Quelqu’un peut-il éclairer ma lanterne ?? Non ?

Je vais m’arrêter pour aujourd’hui les enfants. Je vous souhaite un excellent week-end. Et si vous n’avez pas le moral, n’oubliez pas que Cécile (par accident… certes) vous trouve magnifiquement désirables.

A mercredi les gens !

C.P.A.

Jack Johnson le sonneur de Shofar des vacances à la mer…

Posted in Le petit jeu de patience du RER A, Les photographies par accident, Petit trip zerbibien with tags , , , , , , , on janvier 29, 2010 by cecilezerbib

Bonjour les gens…

… Avant de commencer l’article du jour, petite aparté. Faisons un flash back. J’appuie sur le gros bouton rouge de la porte de secours de la vie. Bam ! Nous tombons dans une faille spatio-temporelle en forme de spirale psychédélique qui fait mal aux yeux. A la tête. Et au cœur. Tenez bon, nous arrivons. Un trou noir sans fond. Juste de l’air. Et vos hurlements épouvantés. Ou vos rires hystériques. Question de sensibilité. D’attrait pour les émotions fortes. Chute libre. Cinq secondes comme un siècle. 5… 4… 3… 2… 1… Sursaut. Contraction musculaire brutale. La même secousse que celle qui vous remue lorsque vous vous réveillez d’un rêve où vous avez raté une marche. Lumière. Le vrai monde. Quelques semaines en arrière. Deuxième jour de la semaine du 12 janvier 2010. Mardi. Moi toujours derrière ma baie vitrée au visage ruisselant et gouttant. Pluie et arrosage régulier de géraniums à l’étage. Une fourmilière de pigeons se disputant un bout de lard jauni par le gras. Jouant de leurs ailes déplumées et poussiéreuses. Attaquant le bec pointu en avant. Petit opinel haineux. Moignons de pattes pilonnant le sol. Séquence bellevilloise absurde. Une fois n’est pas coutume, preuve par l’image :

Grand froid. Neige si ma mémoire ne me trahit pas. 12 janvier 2010. Point de départ du premier concours de ce blog. Le Grand Concours de la perturbation de trafic RATP. RER A. Mon train couchette préféré. Parce qu’on y passe tant de temps qu’on peut y dormir. Y rêver parfois. Y déjeuner. Y entamer une partie de poker. Y écrire un blog. Y finir un livre qui jette sur votre regard un rideau de larmes.

Bref. Comme nous arrivons en fin de mois, je me disais que c’était le meilleur moment pour vous donner le palmarès. Qu’on se le dise, je pense que nous tenons les trois semaines les plus vérolées de l’histoire du trafic de cette ligne.

Médaille d’or

Semaine du 11 au 15 janvier avec 4 jours de perturbation sur 5 jours travaillés


Médaille d’argent

Ex aequo : les semaines du 18 au 22 et du 25 au 29 janvier avec 3 jours de perturbation sur 5 jours travaillés


Donc pas de médaille de bronze. Pas de médaille en chocolat. Néanmoins, cela me donne envie de créer une nouvelle catégorie à ce concours. Relevant plus de la mention que de la catégorie. Concernant l’annonce du retard. Les causes. Les améliorations. La voix du conducteur. Et à cet endroit, le grand vainqueur serait la semaine du 25 au 29 janvier. Contexte. 9h28. Arrêt brutal « en gare de Joinville le Pont ». Je mets des guillemets car « en gare de Joinville le Pont » est une expression de la ligne A. Une personne francophone normale dirait que nous avons fait un arrêt brutal « à la gare de Joinville le Pont ». Je pense que les conducteurs de trains sur cette ligne ont des origines belges ou québécoises. Ou les deux. Ce qui donne l’occasion d’entendre des tournures de phrases plutôt étranges mais donnant suffisamment de joie de vivre pour nous faire patienter. Au bout de 8 minutes d’attente et une volonté farouche de ne pas raconter la réalité des faits (probablement le conducteur du train précédent endormi sur ses manettes deux stations plus loin), une voix de bonhomme. Oui de bonhomme. Un mec avec des bras bien pleins. Un tatouage de femme à gros seins sur le biceps gauche. Ou d’une ancre de marin sur l’avant-bras droit. Peut-être les deux. Une voix fatiguée par la millionième cigarette de la matinée. Embarrassée. Non habituée à s’adresser aux foules. Des « euh ». Des « mais ». Des « alors ». Et des « bon ». A foison. Comme s’il en pleuvait. De l’autre côté, le voyageur esseulé. Défait. Prévenant le monde entier de son retard. Espérant des informations précises. En attente. La voix.

« Euh bonjour, nous sommes coincés en gare de Joinville le Pont… Alors… Bon… Merci de votre patience… Nous allons repartir… (bruit d’une radio)… Euh… Bon… Alors… Nous allons repartir (encore un bruit de radio suivi d’un silence pesant de quelques secondes)… dans un certain temps »

J’aime beaucoup l’idée d’appeler mes collègues. De leur dire que je vais avoir du retard. Beaucoup de retard. Car je suis coincée en gare. Et répondre à la question « Tu penses arriver dans combien de temps ? On t’attend pour débuter la réunion là ! » par ces 4 mots : « dans un certain temps ». Très Jean Rochefort comme formule, je trouve. Très flegmatique. Très anglais. Très gabardine et écharpe Burberry.

… Tout ça pour dire quoi finalement ? Je ne sais plus. Obligée de remonter au début de mon texte. Lecture en diagonale. Diagonale à droite. Diagonale à gauche. Droite. Gauche. Tout droit. Passe. Petit pont. Tir. Tête. But. Spectateurs en furie. Foule en délire. Drapeaux. Cornes de brume. Joueurs courant le maillot sur le visage. Balle au centre. Remise au point. Pourquoi cette interminable introduction alors ? Parce que je suis fatiguée. Comme tout le monde. Besoin de lumière. Autre que celles des trains, des lampes à néons du bureau, des lampadaires chevrotant de Saint-Maur. Envie de lumière qui fasse plisser les yeux. Qui taille des rides sur le visage. D’eau qui ne tomberait pas du ciel mais dodelinant de la tête et se vautrant sur des cailloux atomisés. De porter des vêtements d’été. En matières légères. Pliant sous le vent chaud. Suivant le mouvement. Des couleurs de soleil. Jaune. Bleu. Rouge. Orange. Rose. S’envelopper de blanc. Ressusciter sa peau malade. La mettre au chaud. La peindre d’un marron de plus en plus foncée. Poncer les erreurs. Devenir plus beau. Marcher vite mais sans empressement. Manger 18 fruits par jour sans se poser la question. Dormir sans raison. Voir des rêves. Des photographies. Des images. En vrai. L’Alhambra. Le Mur couvert de baisers. Les Mosquées. Les Temples. Les Cathédrales. Les déserts de sable. Les déserts de pierres. Du silence et des mirages. Partir en vacances. Tout simplement. Pour cela, il va falloir attendre un peu. Au moins 6 mois. Des centaines de jours. Des millions de minutes. Des milliards de secondes. Quelques unes viennent de s’égrainer. Quelques unes de moins. Soupir. J’essaie de faire partir ma lassitude chronique du jour. En crachant de l’air. Rien n’y fait. Même ma baie vitrée n’attire plus mon regard. Elle me rend encore plus mélancolique. Vision d’une poupée en short rose fushia perdue sur le trottoir d’en face. Affalée. Faisant (plutôt bien) la morte. Serrant les dents sous les coups de pieds des jeunes énervés du quartier. Poupée passée à tabac sous mes yeux indifférents.

Musique peut-être. Iphone dégainé.

Je fais défiler les titres de chansons. D’albums. Les noms d’artistes. Et là, joie. Oui joie. Jack Johnson. Je ne sais pas si vous le connaissez. Coolitude absolue. Hawaïen. Surfeur. Presque un pléonasme. Ben Harper des îles. Une musique qui me fait prendre l’avion. Une voix à peine fêlée. Douce brise. Agréable aux oreilles. Ecouter sa musique est une expérience similaire à se coucher dans un champ de coton. A s’enrouler dans un drap en soie. Vision immédiate de vagues. Envie de monter sur une planche. Sur un jet-ski. Dans une barque. D’utiliser pour la première fois les muscles de mes grands bras tous maigres et de ramer de toutes mes forces. Loin dans l’horizon. De regarder les lucioles à la surface de l’eau. De tenter de les accueillir au creux de ma main. De toujours les laisser s’échapper. De poser un chapeau de paille sur mes yeux. Moi à qui les chapeaux font un genre lamentable. Désolant. Morfondant. De me laisser bercer par l’onde comme un bébé par sa mère. De tomber sous le charme de mon propre bien-être. Jack Johnson. Guitare sèche. Instrument qui m’inspire directement un feu sur une plage. Les pieds nus dans le sable fin comme des grains de couscous tamisés à l’extrême. Odeur de sel. Senteurs iodées. Des copines. Des copains. Assis en rond. Les unes contre les autres. Les uns sur les autres. Et chantant en chœur. Hugues Auffray des îles alors ? Je ne sais pas trop. J’ai toujours un peu de mal à définir les styles musicaux des artistes. Ce n’est pas mon métier. Je n’en vois pas spécialement l’intérêt qui plus est. J’aime bien Jack Johnson. Je trouve que c’est une donnée suffisante.

Mon Iphone a convoqué la plage à Belleville. Jack Johnson est le sonneur de Shofar des vacances à la mer. Les pigeons mangeurs de bacon sont devenus des mouettes. Des pélicans. Des perroquets. Piquant du ciel pour kidnapper des petits poissons muticolores. Gone be the birds when they don’t want to sing, gone people… Saules pleureurs tourmentés transformés en palmiers écartant leurs bras vers le ciel clément. Passages incessants des voitures devenus inspiration et expiration des vagues infatigables. Je suis en vacances gratuites. A 35 minutes de mon appartement de petite-bourgeoise. A quelques secondes à pieds de la réalité. L’album de Jack se termine. Belle. Je ne comprends pas… français… Mais non ! Ne pars pas !! Je sais parler français moi !! Fini.

Avant d’ouvrir de nouveau mes yeux sur la réalité et de découvrir que le hurlement du paquebot au loin est en fait le passage des éboueurs verts, je vous quitte. Vous souhaite un excellent week-end. Détendez-vous. Cela donne le teint frais. Et par la même, rend désirable.

A bientôt les gens,

C.P.A.

Draguer l’employeur

Posted in Le petit jeu de patience du RER A, Petit trip zerbibien with tags , , , , , on janvier 14, 2010 by cecilezerbib

Bonjour les gens,

Avant de commencer ce billet qui par son titre peut sembler bien racoleur, je tenais à rendre hommage à une des sur-femmes de la zone bellevilloise. Ma kinésithérapeute. Déjà parce qu’elle a un métier dont le nom n’est pas évident à énoncer rapidement. Personnellement, je sens qu’une ou deux petites secondes d’élan sont nécessaires. Un peu comme si je devais faire un triple salto du haut d’un plongeoir de 6 mètres. Une ou deux petites secondes pour ramasser d’un côté ma concentration et ma honte (de ne pas avoir une élocution parfaite à 26 ans), et de l’autre côté, ma dignité en cas d’échec lamentable devant une assemblée prête à me faire remarquer mon inélégante hésitation (certes) ou dans le pire des cas, à exploser de rire sans retenue en me montrant du doigt. Ma kinésithérapeute est impressionnante car elle parvient à traiter 3 personnes en même temps. 3 personnes (dont moi) qui ne nous croisons jamais mais nous entendons très bien. 3 salles isolées par des murs en carton. Salle numéro 1 : la voix d’une dame de 65 ans environ. Douleurs aigues aux genoux suite à une chute dans une baignoire. Raconte l’accident de moto de son mari sans qu’on lui ait pourtant demandé quelque chose. Amputation des deux jambes. Mais des prothèses magnifiques. Adaptées à la couleur de la peau. Extraordinaire, dit-elle. S’indigne contre les jeunes fous avec ou sans casque. L’envie de vitesse et d’adrénaline. Annonce comme une sanction la phrase suivante : « Qui a une moto a un jour un accident ». Petite kinésithérapeute à cheveux blonds décolorés et regroupés par paquet gras, hochant sûrement la tête dans des « pis voilà » et des « ben voui » résonnant en un stupide écho. Exercice de flexion. Extension. Gémissement douloureux. Encouragements incessants de la blonde et grasse tête. Courage Madame. Courage. Allez. En attendant, en salle numéro 2, votre serviteur. Enlève mes chaussettes et marche sur le carrelage congelé par l’absence de chauffage. Pointe des pieds et petit saut sur la table d’auscultation. Balance les jambes au rythme de la laide horloge en bois exotique des années 70. Petite pédale pour faire monter et descendre la table. Appuie dessus du bout du pied. Petite descente. Encore. Petite montée. Ouverture de la porte. Sourire de circonstance. Aujourd’hui, on essaie l’électricité. Hier, les ultrasons. Peur pour demain. Me branche à une prise. Comme un portable en recharge. Attente de 30 minutes, les yeux plantés dans les carrés jaunes tièdes du plafond. Salle numéro 3 : un homme âgé. Une voix brisée par l’âge et la fatigue. Et un dos trop raide pour être porté. Des toux torturantes finissant dans des cris. Je suis terrifiée. Mon pied batterie semble se décomposer en petites particules fêtardes, éméchées et sautant dans tous les sens. Ambiance Nouvel An dans une partie de mon corps. Jette un œil dessus. Toujours entier. Normal. Bouge le gros pouce pour vérifier. Un nouveau cri. Un dégradé déchirant de quinte. Petite kinésithérapeute dans un bruit de semelle en plastique mou passe d’une salle à l’autre. Jamais directement. Toujours une pause robinet. Eau. Savon liquide. Bruit de la pression sur la bouteille. Eau de nouveau. Soufflement de papier sorti de force d’une boîte. Froissement de feuille. Chute dans une profonde poubelle. Et la course reprend. Salle numéro 1. Claquement de porte. Puis craquement sonore. Audible de ma salle. Je grimace pour elle. Reprise du récit de madame. Un jeune de 18 ans en fauteuil roulant. Pas une vie. Meilleure option : mourir. Des « pis voilà ». Des « ben voui ». Claquement de porte. Semelles plastiques. Robinet. Savon. Papier. Poubelle. Semelles. Porte. Salle numéro 3 : toux répétées. Cris à n’en plus pouvoir. Un poids sur mon cœur. Une fête dans mon pied à laquelle je ne suis pas invitée. Porte qui claque et rebondit. Salle numéro 2 : augmentation du volume de la fête. Pas du chauffage. Je claque des dents et tente de récupérer mon écharpe me narguant de loin. Porte. Semelles. Robinet. Savon. Papier. Poubelle. Porte de la salle numéro 1. Et le même manège incessant, sans pause, sans épuisement, sans arrêt réel. Pendant une heure. Pendant des heures. Toute la journée. Et par intervalle régulier, comme par surprise, sonnerie de téléphone. Semelles. Téléphone. Prise de rendez-vous. Au revoir madame et à demain. Semelles et lavabo. Robinet et savon. Papier et poubelle. Interminable. Vocation j’ose espérer. Ou bien elle aussi a un superpouvoir. Elle aussi. Car j’en ai un. Dont on ne parlera pas aujourd’hui. Parce que je n’ai pas envie.

En revenant de ma séance de kinésithérapie électrifiée, j’ai jeté un coup d’œil à ma boîte mail. Probablement le geste le plus anodin que puisse effectuer un jeune citadin de nos jours. Plus anodin que de se laver les mains en sortant des toilettes. Ou encore de regarder à gauche puis à droite avant de traverser une rue. Bref. Je « rafraîchis » ma page. Dans ma tête pleine de bandes dessinées, rafraîchir une page est une action amusante. Généralement effectuée à l’aide d’un grand verre d’eau glacée plein de condensation. Mais cela n’a absolument aucun rapport donc je m’arrêterai là. Bien que l’image me fasse rigoler devant mon écran et derrière mes grosses lunettes de myope.

… Page rafraîchie donc. Et là, la surprise. Vraiment. Une réponse à une de mes milliards de candidatures d’ancienne chômeuse professionnelle. Réponse au goût singulier dont j’étais impatiente de découvrir la teneur, dans la mesure où je m’étais donnée du mal pour me faire remarquer. D’aucuns diront que c’est ce que je fais tous les jours (me donner du mal pour me faire remarquer). Mais je n’en ai cure. Il s’agissait du « Re : » de ma désormais célèbre (en tout cas sur ce blog) « candidature de folle » publiée le 3 décembre 2009. Cliquage intempestif sur le mail. Le curseur qui fait des ronrons pour me faire rager. Ronron. Ronron. Ronron. Page blanche. Ronron. Et apparition du mail. Fade. Aucune recherche. La preuve. Je retire le nom de la société histoire de ne pas griller mes chances sur 8 générations… Je cite :

Bonjour,

Avec beaucoup de retard, j’en conviens et vous prie d’en excuser le Directeur de Création qui a eu plusieurs « charrettes » à gérer ces derniers jours…, je vous informe que votre candidature n’a pas été retenue par lui et ses équipes.

En vous souhaitant de trouver un poste correspondant à vos aptitudes,

Cordialement,

M. le directeur général associé

… J’avais oublié de noter que le monsieur en question ne savait pas qu’il existait des points, des points-virgules, qu’on ne mettait pas des points de suspension suivis d’une virgule. Qu’on mettait les virgules pour respirer certes, mais que lorsqu’on écrivait, on ne respirait pas n’importe où comme dans la vraie vie. Voyant cette réponse digne d’un adolescent de 13 ans qui signerait une de ses heures de colle à la place de sa mère qui le priverait de sortie pendant des mois, je me suis légèrement offusquée. Légèrement. Je ne suis pas une hystérique. Je le serai devenue si nous nous étions rencontrés. Dans le monde réel. En entretien. Vous avez vu cette superbe transition pour arriver au sujet ? Vous avez vu ? Hein ?

… Car c’est de ça dont il est question aujourd’hui. D’entretiens d’embauche. Et du grand jeu de la séduction (de base) qui en découle. Comment se programme un rendez-vous ? Par téléphone dans 90% des cas. Numéro inconnu. Vous froncez les sourcils et répondez de votre voix la plus claire. Vous souriez et la personne au bout du fil l’entend. Vous fixez une date, une heure, un lieu. Vous ne respirez plus depuis 3 minutes et 47 secondes. Vous ne parvenez pas à conclure l’appel. Vous vous dîtes que ce n’est pas à vous de le faire. Ou peut-être que si. Au revoir. Vous raccrochez. Vous avez mal à la tête puis comprenez que vous vous asphyxiez. Aspirez l’air comme une pompe. Souriez de satisfaction. Rendez vous demain matin à 10h30. Site de l’entreprise. Notes sur un carnet. Vous mettez toutes les chances de votre côté. Vous ne voulez pas passer pour une idiote. Il faut qu’il vous voie sous votre meilleur jour. Parfaite Cécile. Meilleure Cécile possible. Au bout de deux heures, vous êtes hyper documentée. Peut-être plus que certains des employés. A deux doigts de réciter l’organigramme, les adresses mails, le nom de tous les projets et même le numéro de SIRET. Vous êtes remontée comme un jouet à ressort. Prêt à vous expulser de la boîte. La question suivante à régler. Pas des moindres. Comment s’habiller. Peur de ne pas être assez classe. D’être trop coincée. De porter une jupe qui serait trop courte. Ou un pantalon qui serait trop large. Ou un jean qui serait trop foncé. Les vêtements qu’on adore deviennent soudainement affreux et hors de propos. Mettre du noir qui selon l’adage irait avec tout. Amincirait qui plus est. Pull noir. Pantalon noir. Ou jupe noir. Jupe ou pantalon. Essayage des deux. Une tâche oubliée sur le pantalon que vous jetez au panier. Ça sera la jupe. Qui dit jupe dit collants. Vous n’en avez plus. Aller-retour Maison/Monop’. Tout est prêt. Vous avez tout. Vous allez être jolie. Vous allez faire une bonne première impression. A peu près. Car tout ce stress accumulé se tasse généralement en un endroit stratégique. Dans un bouton. Décidé à vous donner des cheveux blancs en s’installant au milieu de votre front. La question de l’habillement réglé c’est celui de l’éradication de l’intrus qui se pose. Vous le couvrez de maquillage. Vous faites un masque qui, joueur, convoque des amis. Les boutons sont plusieurs et jouent au base-ball sur votre visage. Vous êtes à deux doigts de pleurer mais vous luttez. Vous brillerez par votre intelligence, votre vivacité et votre culture de l’entreprise. Oui. Vous répondrez volontiers aux questions pièges avec le sourire. Avec un panache d’homme politique. En regardant bien votre interlocuteur dans les yeux. Mais pas trop. Vous tenterez de le faire rire un peu. Mais pas trop non plus. Ce n’est pas un festival de l’humour, c’est un entretien. Comme dans les rendez-vous sentimentaux, on doit faire rire l’autre mais ne pas se transformer en clown. Car un clown est votre ami. Et vous ne ferez jamais rien de salace avec (à moins que vous ayez des goûts spéciaux et que vous aimiez le bariolage). Pareil pour l’entretien : l’employeur doit être charmé par votre bonne humeur mais ne doit pas craindre que son open-space se tranforme en piste aux étoiles.

Personnellement, je n’ai généralement (disons, 75% des cas) pas trop de mal à bien me présenter lors d’un entretien. Je sors le grand numéro. Je prends un air totalement détaché en expliquant les tâches les plus difficiles que j’ai du faire. Reconnais avec magnanimité les qualités de mes ex-employeurs. Souris aux plaisanteries. Accepte le café. Le bois sur le mode badin. Serre les mains avec fermeté. Vouvoie par politesse et en toute décontraction. Prends ma plus jolie voix de jeune femme libérée. Croise et décroise les jambes avec étude. Je suis une très bonne cliente.

Sauf qu’un jour… je suis partie en conquérante. Tout était parfait. Pas de bouton. Vêtements impeccables. J’avais du style. Je connaissais tout sur tout. Je pouvais citer mes qualités et mes défauts sans en avoir honte. J’allais envahir l’entreprise comme Alexandre le Grand le monde. Entre dans les locaux. L’assistante me fait asseoir, me fait patienter. J’attends 3, 4, 8, 15, 29, 32 minutes. Et arrive soudainement mon peut-être futur patron. Et mon visage flambe en un seul tenant. Le type est une bombe nucléaire à retardement. Simple. Parfaitement comme j’aime bien. Une option que je n’avais pas prévue. Pour moi, un patron était une personne cinquantenaire autour de laquelle rôderait une odeur permanente de naphtaline. Pas lui. Il me tend la main. J’hésite moins d’une seconde puis lui donne. Dans mon visage, un torrent de lave. Une voix d’enfant de 8 ans passant une audition de chant devant toute la famille. Les jambes qui tremblent. On s’assoit. Il me demande de parler de moi. Euh moi… Euh… Rire gênée. Dans ma tête, je n’arrive même pas à me traiter d’imbécile. Je suis paralysée d’émotion. Bizarre mais je ne sais plus ce que j’ai dit. La seule chose dont je me souvienne c’est du moment de la « douloureuse ». La « douloureuse » en entretien est lorsqu’il est question d’argent. De l’estimation que vous vous donnez en tant que travailleur. C’était un de mes premiers entretiens, j’étais une petite oie blanche et la question me faisait plus rougir que si on me demandait la couleur de mon slip. Le peut-être futur patron me pose donc la question. Encore une fois un « Euuuuh… Oui… Enfin ça serait négociable… ». Et là, il m’a dit une phrase que je n’oublierais jamais (et dont j’ai fait une maxime pour tous les entretiens suivants) :

« Dites moi ce que vous voulez. Si je vous veux, je vous prends à ce prix-là »


Je me demande s’il ne s’est pas rendu compte de mon état de délabrement et n’a pas lancé cela pour pimenter le jeu. Séduction. Domination de l’un sur l’autre. Ici, il était plus qu’évident que j’avais la tête sous l’eau. Et qu’il la maintenait. D’ailleurs, je pense avoir répondu absolument n’importe quoi pour tenter de récupérer une contenance. Puis j’ai du dégainer ma dernière arme : la plus chouette inclinaison de tête que j’avais en magasin. Réaction positive. Il a souri. Et j’ai gagné. Il m’a pris à « ce prix-là ».

… Voilà. C’était la petite histoire du jour. Je vous souhaite une délicieuse soirée et de bons entretiens de toutes sortes. Et faites attention à l’appel des patrons désirables.

A bientôt les gens,

C.P.A.

P.S. : la RATP fait un "Grand Chelem"! Preuve par l’image :

Une vie parisienne…

Posted in Petit trip zerbibien with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on décembre 29, 2009 by cecilezerbib

Bonjour les gens,

Comme tous les jours, un peu de difficulté au démarrage. Je suis comme une vieille R5. Je tousse. 3 fois. Une toux bien sèche. Qui râpe la gorge et laisse un terrible goût de métal dans la bouche. Je remets la clé dans le contact. Encore une fois. Je tousse de nouveau. 3 fois. Avec la même énergie. Avec la même douleur qui fait plisser mes yeux ronds et étonnés. Un chat dans la gorge. Un très gros chat. Un lion. Ombrageux. Indomptable. Pas un lion fillette de zoo ou de cirque. Pas le genre de lion qu’on peut peigner comme une poupée Bella. Non. Moi j’ai à faire à un lion de savane. Le genre qui a l’œil brillant de convoitise. Le regard qui t’étudie avec précision.

Sachez donc que c’est ce félin affamé qui garde la clé de la chambre créative de mon cerveau aujourd’hui. Mais ne vous inquiétez pas les gens. Ce n’est pas parce qu’on me bloque une entrée que je m’assoie devant en couinant… A la base, je ne voulais pas mettre le verbe « couiner ». Bien qu’il me fasse sourire. A l’évocation de ce verbe, j’ai tout de suite un bruit qui s’associe. Bruit que très souvent, j’exprime à voix haute. Le verbe que j’avais tapé en premier lieu était « chouiner ». Mais mon Microsoft Word et sa petite barre épileptique m’ont rappelé à l’ordre. « Chouiner » est apparemment un mot qui n’existe pas. De leurs points de vue. Ce qui est une preuve irréfutable qu’ils ne vivent pas avec leur temps. Je rembobine (je sonorise à la bouche) … Ce n’est pas parce que je ne peux pas entrer dans ma zone d’imagination que je vais mettre à couiner et/ou chouiner. Je ne suis pas comme ça. La porte est fermée. D’accord. Pas grave. Je prends ma pelle et je creuse un souterrain. Je fais péter toutes les tuyauteries. Il y a de la flotte partout. Des paillettes d’électricité. Odeur de chaud et de court-circuit. Des bruits de pétards du 14 juillet. La fin justifie les moyens. Ce n’est quand même pas un monstre jaune à voix de baryton et en voie d’extinction qui va m’empêcher d’écrire. Par effraction, défonçant le parquet flottant, je rentre dans ma zone. J’ai reconquis mon territoire. Et je nargue le lion rageur, enfermé dehors.

On peut maintenant passer aux choses sérieuses. Enfin, ça n’est évidemment qu’une façon de parler. Ici, rien n’est vraiment sérieux ou important. Bref. Je reprends mon carnet où les lignes directrices du jour sont notées. Ou plutôt devrais-je dire griffées. Et mises en boule. Illisibles pour d’autres yeux que les miens. Peut-être que les autres myopes taupesques y parviennent. Je ne sais pas. Alors voilà. Hier soir, j’ai rencontré un jeune homme. Alors les greluches, on ne commence pas à s’exciter, on n’est pas dans « Jeune et Jolie »… Pas de cri de pintade ou de rougissement intempestif. Un jeune homme très sympathique. Parisien. Je précise sa provenance car c’est de ça dont il est question aujourd’hui. Et en lui parlant, je me disais que ça devait être vraiment formidable d’être parisien… Oui je peux entretenir une conversation (relativement soutenue) tout en préparant mon article du lendemain. C’est ce qu’on appelle une rentabilisation extrême du temps. Ou le don d’ubiquité. Car j’ai des superpouvoirs. Ce qui sera probablement l’objet de mon article de demain. Ou d’après-demain. Ou de jamais. Parce qu’après tout, les superpouvoirs, c’est comme une passion secrète pour la philatélie ou le point de croix, ça ne se raconte pas à tous les coins de rue. C’est personnel.

Revenons à nos Parisiens. Eux n’ont pas de superpouvoirs (certes) mais ont des aptitudes particulières quand même. Tu leur dis un nom de rue, ils savent où elle se trouve (sans GPS). Tu leur demandes le meilleur restaurant de leurs arrondissements, ils peuvent en citer une dizaine en précisant les fourchettes de prix. Tu les appelles à l’autre bout de Paris, ils savent se déplacer à vélo sans avoir peur et surtout (c’est le plus important) sans mourir. Les parisiens natifs sont fondus dans leur ville comme des pièces dans un puzzle. Ceux qui comme moi habitent la région environnante se plaignent du stress, du bruit et de la pollution. Et se demandent comment les parisiens tiennent le coup. Ce n’est pas un bon questionnement. C’est comme si vous estimiez bizarre le fait que les Indiens mangent du Curry. Le Curry pour les Indiens c’est aussi culturel que le stress, le bruit et la pollution pour les Parisiens. C’est constitutif de leurs organismes. Ils ne s’en rendent même pas compte. D’ailleurs, mettez des Parisiens en banlieue. Ils ne tiennent pas 15 jours. Du silence. Juste des piaillements de jolis moineaux. Parce qu’en banlieue (chic et bourgeoise, s’entend), les oiseaux sont propres. La patte nette. Faisant probablement leurs besoins dans des toilettes que la commune ventripotente  de subventions inutilisées, a installées à leur attention. Pas un pigeon. La pigeonnerie est un phénomène typiquement parisien. Ce qui est très amusant par ailleurs, c’est que les pigeons semblent habiter les arrondissements où ils zonent. Un pigeon de Belleville n’a pas le standing d’un pigeon du Luxembourg ou de Villiers. Le premier : la plume grise et déchirée, la patte souillée, atrophiée et amputée. Façon Guerre de Corée. Le second : généralement de couleur claire, gras comme un perdreau et la patte presque équipée de coussinets. Si le pigeon bellevillois est assez mal élevé (il se pose presque sur votre tête, fait ses besoins sur le pare-brise de votre voiture fraîchement nettoyée et se bat avec 32 de ses condisciples pour récupérer les cadavres de betteraves du marché bihebdomadaire), le pigeon des beaux arrondissements se pose avec délicatesse sur des statues aux pauses inspirées, ne mangent pas (ou en famille dans des lieux appropriés) et, s’il avait des bras (ce qui serait assez terrifiant), il les proposeraient aux petites mamies voulant traverser la rue.

Je ne sais pas bien quoi penser de cela. Juste une observation. Une vue de mon esprit bizarre (mais pas dangereux. Ce qui est une bonne nouvelleJ). Et le stress. Un Parisien ne peut pas vivre sans. Parce que déjà il l’occupe énormément. Sans stress, il gagne 2 heures de rien par jour. Sauf que… le Rien perturbe beaucoup. Que faire à la place de stresser ? On cherche, on réfléchit, on se creuse la tête, on sort se promener, on revient. Toujours sans idée. Et résultat : on stresse. C’est un cercle vicieux. Ou vertueux. Allez savoir. Pour finir, la pollution. Comme pour les 2 autres aspects du milieu naturel du Parisien, il y est habitué. Son corps est fait pour la supporter. Moitié Homme. Moitié Robot. Je vous laisse terminer les paroles de ce générique de série. Sous-culture télévisuelle quand tu nous tiens.

Alors attention les gens, ceci n’est pas un article refoulant le Parisien. Parce que, pour votre information, à long terme, je prétends à ce mode de vie dévrillant totalement le système nerveux et/ou digestif. Paris. C’est un endroit où les gens vivent plus en plein air que nous. Quand je dis « nous », je veux dire les banlieusards. Le Parisien prend le bus. Aime le Vélib’. Le banlieusard a une « Carte Orange » de couleur bleue et violette. Anomalie nominative, n’est ce pas ? Ou peut-être une figure de style RATPiste. Plagiant sans honte Paul Eluard qui disait que « La Terre est bleue comme une orange »…

Le banlieusard passe 3 à 4 heures de sa vie sous terre. Comme mort vivant. Un vers de terre. Une taupe. Pendant des années, j’ai pris les transports en commun sans connaître Paris. Pour moi, cette ville, j’en avais la pleine possession lorsque je tenais un plan de métro dans la main. D’un lieu à un autre lieu. Sans réellement faire le chemin. Sans voir la route. Quand on y pense, c’est triste. C’est comme si on vous donnait les réponses à toutes vos questions sans que vous ayez eu à réfléchir. Juste des solutions. Aucun effort pour les obtenir. Pas de cheminement intellectuel et du coup, aucun émerveillement. Aucun intérêt. Boire sans soif. Manger sans faim.

Paris. Pour vraiment aimer cette ville, il faut s’y perdre et y avoir peur. Peur de ne jamais retrouver la route du chez soi. Et une fois de retour, se souvenir à quel point c’était merveilleux. Incroyable. Comme un rêve. Se satisfaire du fait qu’il faille y retourner le lendemain et s’y égarer de nouveau. Trouver des rues dont on ignorait l’existence. Un cerisier japonais dans un jardin face à un couvent. Un pont rempli de musiciens bohèmes. Des livres dans des grands coffres sur les bords de Seine. Des châteaux monumentaux saluant le soleil avec arrogance. Des jardins envahis d’étudiants en grappes. Des petits cinémas qui passent des films inconnus. Et des anges en or qui piquent le ciel de leur index.

… Alors que j’écris cet article, je me rends compte que je n’ai pas parlé de tout. Tant pis. Encore une fois, je me suis perdue dans Paris. Rien qu’en en parlant. J’imagine que c’est parce que je commence à me l’approprier vraiment. Je sens du stress monter en moi. Je crache un air impur. Une fumée. Je mets des coups de pieds dans les pigeons orgueilleux. Possible que je mute tout doucement en Parisienne.

Il est temps pour moi de vous laisser retourner dans vos vies. De banlieue. Ou Parisiennes. Dans tous les cas, continuez à être désirables. Ou à faire des efforts pour le devenir.

A bientôt les gens,

C.P.A.

En attendant le RER…

Posted in Petit trip zerbibien with tags , , , , , , , , , , , , on décembre 11, 2009 by cecilezerbib

Bonjour les gens,

« Alors de quoi on va bien pouvoir parler aujourd’hui ? », dit-je en feuilletant mon petit carnet de brouillon… Je vous laisse imaginer le bruit du feuillettement. Histoire de vous faire patienter un peu. Pour vous aider à recréer ça dans votre tête, je vous recommanderai de fermer les yeux. De respirer profondément. De vous détendre. Pas trop, restez assis. Gardez votre dignité tout de même. On ne s’étale pas. Il ne faut pas que vos collègues remarquent quoi que ce soit. Prenez un air contrit. L’air de celui qui a reçu un mail déroutant. Prenez votre combiné. Toujours avec la même expression sur le visage. Faites semblant de composer un numéro. Et faites celui qui attend. Ça y est, vous venez de vous créer un espace de liberté tout neuf. Personne ne va venir vous embêter normalement. Vous allez pouvoir imaginer le bruit de mon carnet. Ou ce que vous voulez. Si vous avez besoin de rêvasser un peu, ne vous gênez pas pour moi. On peut se retrouver un paragraphe plus bas. A tout à l’heure !

… Pour ceux qui veulent jouer avec moi, laissez-moi vous décrire l’objet : c’est un petit carnet noir, couverture en cuir avec un petit élastique qui fait un gros « claaap » bien gras quand je veux l’ouvrir. Les pages sont légèrement jaunes. Faussement datées d’une autre époque. D’une époque où les gens qui écrivaient savaient le faire correctement. En utilisant tout plein de vocabulaire dont on use tellement plus désormais qu’il a fini par mourir et disparaître. Elles (les pages) sont épaisses et rainurées comme l’écorce d’un arbre encore bébé. Quand on les tourne, c’est un petit roucoulement sourd. J’aime bien. Donc je les tourne une à une pour entendre ça de nouveau. Et…

… c’est tout. Les rêvasseurs peuvent revenir parmi nous.  Ça y est, j’ai trouvé le texte que j’ai commencé hier en patientant sur mon quai de la ligne A. Car à force d’y attendre, je me suis appropriée ce quai. C’est mon quai. C’est ma résidence secondaire. Je ne peux pas vous dire combien de temps, je l’ai arpenté. Ni combien de trains me sont passés devant à la dernière seconde. Ou que j’ai attrapé à la dernière seconde. Ou tout ceux que j’ai loupé alors que j’étais bien à l’heure mais trop occupée à finir le dernier chapitre de mon bouquin. Je ne préfère pas commencer à faire le décompte. Parce que :

1/ Il va falloir que j’établisse des moyennes, que je fasse des statistiques par rapport aux jours travaillés, à la durée moyenne passée dans les transports en commun, aux jours de grèves, aux jours des suicidaires en rafales, etc. Et moi les maths, ce n’est pas que je n’y comprends rien : c’est que ça m’ennuie énormément. Et on n’est pas là pour ça…

2/ Je ne suis pas le genre de personne qui a peur de se confronter au temps qui passe. Temps qui passe, considéré souvent comme perdu. On ne perd jamais de temps. Il me semble. Car déjà, le temps n’appartient à personne. Et quelque part, c’est tant mieux. Bon, là je me sens partir dans un débat de philo de comptoir relativement cul-cul. Vous savez ce genre de conversation de fin de soirée super déprimante et très « adolescente en rébellion qui pense en savoir beaucoup sur la souffrance » sur la question de savoir si (attention les yeux) « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »… Oui vous voyez tout à fait de quoi je veux parler. C’est l’angoisse de dire des trucs comme ça hein ? Surtout que c’est faux. Ce qui ne nous tue pas, ne nous rend pas plus fort. On peut être blessé, tout brisé, pas mort certes… mais pas plus fort du tout. Enfin j’en sais rien… Je m’en fous un peu je crois.

… J’en étais où ?

Oui. Alors : la RATP. Les quais. La résidence secondaire, etc. Tout ça c’était pour en venir à une campagne faite par la RATP dans les RER. Ce sont des petits panneaux, généralement situés à l’endroit où on aimerait trouver à la place un plan de tout le réseau de transport (mais non !). Dessus, des messages pour inciter le voyageur aux us et coutumes un peu détendue sur la question de la propreté, à se perfectionner en la matière. Ou en tout cas à faire des efforts. Moi je dis pourquoi pas. C’est toujours agréable de voyager dans un train propre… Ce à quoi je dis NON (devrais-je dire : ce à quoi je HUUUURLE NON !!!!), c’est la formulation du message. Rebondissant comme un jouet déglingué sur la vague du slam et autres formes de « poésie urbaine », les RATPmen ont décidé de faire du vers pour raisonner le manant dégoûtant.

Votre serviteur dans un souci d’étayer ses dires et d’illustrer ses propos, a même recopié ces textes qui (Dieu merci) ne feront pas passer leurs auteurs à la postérité… A moins, que demain, il y ait la fin du monde, que tout pète, explose, brûle, etc. et que tout ce qui reste de la création littéraire humaine soit les poèmes RATPistes. Et que les extraterrestres débarquent pour voir ce qu’il s’est passé… J’arrête sinon je vais faire une crise de spasmo’. Sans autre commentaire, voici deux poèmes tout à fait… tout à fait.

Mal de mer souterrain

Le va et vient de la canette de bière (ça commence bien),

Négligemment laissée sous un strapontin (tin-tin !!),

Donne aux voyageurs le mal de mer,

C’est pas banal en souterrain ! (ce qui n’est pas banal surtout c’est un « c’est pas banal » dans un poème mon pote…)

Pour ne plus avoir mal au cœur,

Jetez la à la poubelle, ce sera le bonheur ! (Oh oh oh oh ! Plus fort ! Oh oh oh oh ! Tous avec moi ! Oh oh oh oh ! Si j’avais un marteau !…)

Et mon préféré :

Amour Fou

Les chewing-gums sont de grands romantiques,

Ces cœurs d’artichaud s’attachent très vite.

Mais les pauvres, rarement aimés en retour,

Cherchent désespérément le grand amour,

Alors que la promesse d’un amour fusionnel

Est là dans tous les couloirs :

C’est la poubelle !

… Ouais. Et si on essayait de faire un commentaire de texte ? … Vers libres, vous noterez. Le nombre de pieds étant complètement anarchiques d’un vers à l’autre. Aussi, l’utilisation de la personnalisation de type « prosopopée » dans le deuxième texte est assez exemplaire. Elle permet à l’auteur de sous-entendre que le chewing-gum usé est une entité qui pense et qui souffre car il ne peut pas utiliser ses caractéristiques intrinsèques (coller) pour aimer. C’est un « personnage » victime de son contexte de vie. Dans le premier texte, l’objet est considéré comme tel. Il est passif. Il est balloté par le mouvement du train. Il n’a pas le mal de mer. Mais le provoque. Ce qui le rend actif d’une certaine manière.

Alors que penser de cela ? Qu’a voulu nous dire l’auteur ? Quels éléments nous donnent ces textes sur la vie au 21ème siècle ?

… Si les extraterrestres ne retrouvent que ça de la création humaine après la fin du monde, ils vont se faire chier les petits E.T. pour faire leurs commentaires composés. Ça ne va pas être la rigolade le BAC Français.

Et imaginez qu’en plus de ça, il n’y ait plus de films, plus de vidéos de nous les humains… Pire que ça, imaginez que la seule vidéo restante de notre humanité soit celle réalisée par les jeunes de l’UMP (allez, c’est l’heure de la blague à Nico : http://www.youtube.com/watch?v=BB4-sVaGcpE ). Les extraterrestres auraient échappé à l’humanité mais pas à Christine Lagarde en train de se dandiner sur du Luc Plamondon. Ils constateraient que grâce à cette chanson les aveugles humains pouvaient conduire des voitures sans provoquer d’accident de la route. Ils se demanderaient d’ailleurs pourquoi ce lipdub n’était pas utilisé lors du Téléthon (car le Téléthon serait un truc dont les extraterrestres auraient retrouvé des traces). C’est vrai pourquoi pas après tout ? On regrouperait tous les gens à différents degrés de handicap et on leur mettrait du Plamondon à fond les ballons. Et là le miracle de Noël : tout le monde recouvrerait la vue, l’ouïe, la parole, la motricité… Aucun sens pratique ces humains finalement. En plus ils n’écoutaient pas les jeunes. Ces jeunes si plein d’entrain qui font de la politique youtubesque pour « ne pas se prendre au sérieux ». Ce flot humain mené par ce fou chantant de Benjamin Lancar.

Benjamin Lancar deviendrait un mythe. Ce serait le créateur de la seule vidéo qui resterait de l’humanité, vous vous imaginez ? Non… Vous n’avez pas envie d’imaginer ça. Comme je vous comprends les amis. Comme je vous comprends… Si vous l’aviez vu, ce pauvre garçon, sur BFM TV hier soir, vous auriez été… inquiets. Comme je le suis à présent. Je suis inquiète pour l’avenir (politique) de notre pays. Et pourtant je ne suis pas une personne ultra-politisée. Mais là, franchement. Non mais franchement ! Le mec est un gros cerveau ! HEC ! SciencesPo ! Et il réalise ce machin… A la limite qu’il le réalise ok. Pourquoi pas. Disons que le mec est jeune et qu’il a fait une monumentale faute de goût… Qui n’en fait jamais ? Ce que je trouve détestable c’est qu’il est content de ce qu’il a fait. Qu’il le revendique comme un acte de foi. Car « ça parle de mobilisation de la jeunesse, d’intégration du handicap, de mouvement, de changer les choses BLA-BLA-BLA-POUET-POUET !! ». A qui veut-il faire croire que ce clip n’a pas été fait par mépris pur et simple ? Ce clip c’est un regard méprisant sur la jeunesse d’en haut sur celle (qu’elle juge) d’en bas. Cette dernière « traîne » sur Facebook. Echange des vidéos sur YouTube. « Kiffe » les Flashmobs, les stopmotions, les lipdubs. Vont voir des Opéras Rocks médiocres. Font la queue 8 jours pour aller voir Twillight ou acheter un Harry Potter. Chantent du High School Musical. Ne s’intéressent pas à la politique. N’y connaissent rien. Donc il faut leur parler avec leur langage de débile. Enfin c’est comme ça que je comprends le message du petit Monsieur Lancar (si vous voulez voir sa tête : http://www.benjamin-lancar.fr/)…

C’est pour cela que je suis inquiète.

Désolée les amis de finir sur une note aussi peu réjouissante. En même temps, j’ai jamais dit qu’on ne ferait que de se fendre la pêche… Ne vous inquiétez pas, demain, je vais vous raconter mon rêve d’hier soir. Je pense que ça va vous plaire. Ou pas.

Au revoir les gens ! Joyeux Hanoucca à tout le monde (même les pas Juifs… parce que ça ne mange pas de pain) !

Et c’est pas parce que c’est le week end qu’il ne faut pas rester désirable.

A bientôt.

C.P.A.

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