Du papier, un stylo, un ordinateur… Et Cécile.

Salut les copains !

Salut les copines !

Salut ceux qui ne savent pas bien s’ils sont des copains ou s’ils sont des copines !… Ce sont des choses rares (certes) mais qui arrivent. Et votre serviteur tente par tous les moyens de ne pas oublier les « minorités visibles » mais surtout « invisibles ». Car il me semble qu’à la base c’est un peu le principe d’une minorité de ne pas être très visible. Ou en tout cas, peu représentée ou n’ayant pas la possibilité de s’exprimer. Enfin peu importe ici, c’est pas le sujet…

Et puis en plus, je ne vais pas vous mentir, je ne comprends plus grand-chose à ces batailles de mots, à ces guerres de formules, à ces crépitements de phrases chocs tellement chics, croustillant dans des cracs et des croutchs !

Minorités visibles… Grippe A(aaaaaaaaah !!)… Crise économique mondiale… Krach boursier… Hadopi… Fishing… Golden Parachutes… Virus mutants… Identité nationale.

L’identité nationale. C’est incroyable d’entendre une formule pareille en France, n’est ce pas ? C’est quoi ce débat ? Enfin plutôt… pourquoi ce débat ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que la formule m’agresse. De manière plus qu’irrationnelle, elle me terrorise. Identité : qui je suis… D’où je viens… où je voudrais aller…

Nationale : patrie… Terre… Territoire… Marseillaise… Peuple… Hérédité… Appartenance… Enracinement… Drapeau.

Identité nationale : qui es tu pour ce pays ? Que fais tu pour lui ? Et surtout la question la plus extrême : serais tu prêt à mourir pour lui ? Pour défendre ses valeurs ?

Euh… Non probablement pas. Pas si je n’y suis pas forcée. L’identité nationale, c’est un questionnement d’américain. Il me semble. D’après un type comme Colossimo (http://www.evene.fr/livres/livre/jean-francois-colosimo-dieu-est-americain-19965.php), les américains ont une religion civile. Le respect du drapeau. Glory Glory Halleluia. Thanksgiving. Tout le monde respecte ça. Tout le monde le fait. Les Catholiques, les Protestants, les Juifs, les Musulmans… et les autres. Donc l’identité nationale, ça a une signification pour eux.

En France, ça n’existe pas. La valeur essentielle mise en avant en France est la laïcité pour tout le monde dans le domaine public et la possibilité de faire tout ce qui nous chante dans le domaine privé. En 2009, la nation n’est pas un élément identitaire français. La nation ne nous concerne pas. Donc l’identité nationale… C’est un peu comme si vous demandiez à un enfant de 3 ans son avis sur les tenues vestimentaires de son voisin de palier. Ou à une tortue ce qu’elle pensait des limitations de vitesse pour deux roues en agglomération. Ça n’a pas vraiment de sens.

Ok… Je n’arriverais donc jamais à faire concis et à parler seulement de ce dont il est question dans le titre de mes articles. Notez néanmoins que la digression était un peu moins longue. Pas forcément plus intéressante cependant. Car je n’y connais pas grand-chose en grands débats médiatiques et politiques. Pire que ça : ça ne parvient pas réellement à m’atteindre. Tout le monde n’a pas l’âme Bedosienne, que voulez vous…

Aujourd’hui, je voulais donc vous parler du jour où j’ai retourné ma veste concernant le traitement de texte… Et c’est à ce moment là que les 2 personnes qui se battent en duel et qui me lisent mon blog, dans un soupir exaspéré, ferme la page web… Au revoir les mecs !! A bientôt !

… Pour les plus résistants (là je parle de tous les courageux qui ont la patience infinie d’écouter toutes ces conneries en live dans la vraie vie… Bravo les mecs, vous frôlez la sainteté), je vais quand même essayer de la jouer synthétique. Ok, personne ne me croit. Mais un jour, j’y arriverai. Un jour, je voudrais raconter l’achat d’une baguette chez une boulangère et je ne me sentirais pas obligée de dire que le temps était pluvieux. Pas une pluie en fils. Ni en cordes. Ni en gouttes. Plutôt en brumisateur. C’est super désagréable la « pluie brumisateur ». Parce que contrairement à toutes les autres formes de pluies, vous n’en sortez pas trempés, prêts à être essorés. Ce qui peut être, au choix, soit super drôle, soit super glamour. Surtout quand votre mascara a bien coulé, que vos joues sont rosies par le froid… Vous en sortez humide de la pluie brumisateur. Et c’est immonde d’être humide car ça vous fait sentir le vieux pull-over.

Bref, quand je serai une excellente bloggeuse synthétique, je raconterai : je marchais dans la rue. Je rentrai dans la boulangerie et lança un « Bonjour ». La boulangère, une femme hâbleuse comme pas deux, m’accueillit, ses deux bras gras et rouges ouverts : « Bonjour mademoiselle, elle voudra quoi ? »… Contrairement à beaucoup de gens, ça ne me choque pas tant que ça qu’on parle de moi à la troisième personne. Enfin pas tout le temps. En l’occurrence, lorsque je suis cliente, ça ne me dérange pas. Car j’ai tendance à penser que c’est une manière pour le commerçant de montrer sa dépendance et sa reconnaissance vis-à-vis du client. La troisième personne c’est un vouvoiement populaire. En espagnol, c’est utilisé tout le temps comme formulation. On dit « Usted ». Et c’est classe. Alors bon… pourquoi pas. Et puis disons-le, ma boulangère, je la vois 3 minutes par jour, elle pourrait m’appeler Bernadette ou Yvette, j’en aurais strictement rien à foutre. Voilà. Donc je lui répondis « Une baguette ! Pas trop cuite et sortant du four ». Et là, elle m’annonça une terrible nouvelle… Elle n’avait plus de baguette, uniquement des traditions. Je fus donc obligée d’acheter une Tradition. Enfin deux. Parce que c’est minuscule les Traditions. En rentrant chez moi, il pleuvait toujours brumisateur. C’est ces jours là où on regrette de lutter contre la pollution et de ne jamais utiliser de voiture. Ou bien de ne pas être constituée d’essuies glaces… Bref, je rentrai chez et croyez moi si vous voulez mais mes Traditions avaient gonflées. C’est ainsi que j’ai compris comment naissaient les pains de mie de chez Harry’s. Des Traditions et une bonne pluie brumisateur. Des serres entières de Traditions animées sporadiquement par le bruit des arrosoirs brumisateurs… Tchakeutchakeutchakeutchakkk !!

… Bon ben même ça j’ai pas réussi à résumer. Tant pis.

Donc de quoi je voulais parler au départ… Oui ! D’un changement d’opinion. Sur le traitement de texte. Il y a même pas 5 ans, moi et mon ordinateur nous n’étions pas copains. Mais alors pas du tout. Je le détestais. Les écrans, les souris… et je crois bien que ce que je haïssais par-dessus tout ça, c’était le clavier. Toutes ces lettres censées être classées de manière si logique… Je mettais 3 jours à écrire mon prénom. Un peu moins pour écrire mon nom de famille… Longue vie à Azerty.

Puis je crois que, comme tout le monde, j’ai été obligée de m’y faire. Du moins pour le boulot. Pour tout ce qui était « création » (oui car longtemps je me suis prise pour une artiste… Une personne qui écrit…), je refusais le contact avec l’ennemi intime et professionnel. Plutôt crever qu’écrire sur ordinateur. J’ai même retrouvé un carnet où j’avais écrit : « On n’écrit qu’avec un stylo, on n’écrit qu’avec sa main… Avec un clavier, on n’écrit rien, on ne pense rien. On tapote. ». En relisant cette phrase je me dis que ce n’est pas complètement faux d’un certain point de vue. Pas complètement vrai non plus.

Mon grand argument c’était de dire que l’écriture en plus d’être un exercice littéraire se devait de rester un art graphique. La forme de l’écriture me semblait presque plus intéressante que le texte lui-même (oui évidemment… Ayant un talent relativement invisible en matière de littérature, je me suis mise à me concentrer sur la forme). Je sais qu’en fonction de ce que j’écris, de mon humeur, du lieu où je me trouve, si je suis bien assise, si je suis sur un bureau, un coin de table, entourée de monde ou complètement seule, mon écriture sera sensiblement différente. On la reconnaîtra sûrement d’un coup sur l’autre, mais disons qu’elle sera affectée par tout ce qui est variable en ce monde.

Quand je me sens bien, je sais que je vais bien enfoncer le stylo dans le papier. Ma pensée est claire. Les mots que je choisis sont la parfaite illustration de ce que j’ai dans la tête. On sentira le graphisme du bout du doigt comme du braille si je retourne la page…

Quand je me sens triste ou énervée ou tourmentée (euh tourmentée, ça m’arrive rarement, j’ai pas l’humeur romantique naturelle), j’écris plus vite déjà… et en biseau. Les mots sont pointus en bas. Tranchant en haut. Si le graphisme était matérialisé dans l’espace, il couperait j’imagine. Pour résumer, écrire c’était pour moi quasiment de l’expression corporelle. Mais limitée à une main. Et je peux vous dire qu’au bout d’un moment ça fait mal. Le poignet se tort. Les doigts deviennent douloureux. Si je continuais à écrire malgré ça, cela voulait dire que ce que j’avais à écrire était important. Pas forcément d’un point de vue artistique mais d’un point de vue humain. Sortir les mots de soi cela permet de perdre du poids. Cet effort là, cet effort nécessaire et salutaire, il ne me semblait pas qu’il était aussi sensible en « tapotant ». Car que vous frappiez le clavier comme un dératé ou que vous appuyiez sur les touches comme sur celles d’un piano, cela ne change rien à votre texte. Un même courrier tapé par moi ou par ma voisine est le même. Rien ne pourrait les distinguer. Sur ordinateur, le texte devient une donnée. Et pour qu’il ait une quelconque valeur, il est obligatoire que vous soyez un bon auteur. Sinon, ce n’est rien. Ce sont juste des mots collés les uns aux autres. Le traitement de texte exige de votre écriture un minimum de talent. Ou bien si vous n’en avez pas vraiment (Zerbib Cécile… Présente !), de la modestie. L’acceptation de ressembler à tout le monde. D’écrire comme tout le monde… De penser un peu comme tout le monde… D’avoir les mêmes envies que tout le monde…

Pour résumer, le jour où j’ai accepté le traitement de texte, c’est le moment où j’ai compris que je n’avais pas vraiment de talent particulier. Que j’étais juste une personne sensible qui avait besoin de s’exprimer de temps en temps en écrivant des quantités astronomiques de conneries mais surtout de jérémiades. Car je suis une personne qui en plus de beaucoup aimer parler d’elle-même, apprécie tout particulièrement le fait de geindre.

Ce ne fut pas un évènement triste genre la grosse claque. C’était juste comme ça.

Après tout, ça n’a pas grande importance. J’ai envie d’écrire, j’écris. J’impose mes textes pouraves au monde entier en plus ! Elle est pas belle la vie ?

Vive l’informatique ! Vive l’outil Internet !

A bientôt les messieurs, les dames et les messieurs-dames,

Vous êtes et resterez toujours très désirables,

C.P.A.

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