Cécile, sur la Route avec la Famille Wollberg et le Vilain…

Bonjour les gens !

Aujourd’hui, sachez le, est un grand jour pour ce blog. Un évènement même. Ce qui donne à l’échelle de ma vie… un petit évènement. Et à celle du monde… un mini-micro évènement. Allez, n’ayons pas peur des mots : un non-évènement.

Mais peu importe, nous ne sommes pas ici pour définir ce qui est important à l’échelle de notre vaste univers et ce qui ne l’est absolument pas. Si c’est ce qui vous intéresse, c’est très bien, tant mieux pour vous, mais à mon avis, vous perdez un peu de temps en lisant cet article. Enfin vous faites comme vous voulez… Mais ici, on ne parle que de MOI.

MOI MOI MOI.

Ou de ce que j’aime, ou de ce que je vois, ou de ce que je pense… Je continue ? (Non non merci, on a compris…)

Bon…  Je disais donc qu’aujourd’hui, on allait aborder un sujet dont j’adore deviser en société ou ailleurs (même toute seule… lors de longs jours d’ennui) : le Cinéma. C’est sûrement le grand amour de ma vie. Les films (même les très très longs). Les acteurs. Les actrices. Les images. Mais surtout les histoires. Les relations. Les conflits. Les dénouements. La souffrance. Le rire. Les émotions. Et tout ça, je veux dire tout ce que j’aime dans le cinéma, ça ne se vit que dans un lieu. Dans une salle de cinéma. De préférence légèrement descendante avec des sièges bordeaux. Bordeaux parce que ça donne bonne mine, même quand on est éreinté par sa journée de travail bien réelle, trop réelle peut-être, qui nécessite une fuite dans une salle sombre.

S’asseoir dans cette salle et attendre. Et d’un coup, la magie. La lumière se tamise. C’est comme si vous fermiez progressivement les yeux. Comme si votre maman vous racontait une douce histoire, que vous vous endormiez, que vous luttiez pour rester éveillé pour savoir la fin… Puis c’est le noir. Noir complet. Définitif. A priori. Plus que des chuchotements. Des crépitements de voix. Des piaillements de petits animaux. Et d’un coup, le ronronnement d’un gros chat… puis la lumière éclatante. C’est comme si vous vous réveilliez ailleurs. Dans un rêve. Ou dans un cauchemar.

Ouais… pour moi, c’est comme ça que ça doit commencer une séance de cinéma.

On doit, à défaut de vous vendre du rêve, vous emmenez en voyage. Quand vous voyagez avec Woody Allen, vous devez savoir que vous allez probablement prendre un de ces bus scolaires américains jaunes un peu tape-culs. Mais n’empêche qu’on y rigole bien avec les copains. On fait des bêtises et des farces, on raconte de bonnes blagues… Mais dans le fond de ce bus, il se passe de vraies histoires… des histoires tristes… des histoires drôles, absurdes, incroyables… et parfois on peut en tirer des leçons. Pas forcément morales d’ailleurs. Mais on a voyagé, on a vu un autre pays, on a vu une autre vie en ne prenant pas son bus habituel… En prenant le bus jaune.

Lorsque vous décidez de partir en voyage avec Steven Spielberg, vous savez que vous allez être installé en première classe. Ça c’est toujours agréable. Déjà parce que vous pouvez correctement étendre vos jambes. Aussi, parce que les plateaux repas paraissent moins dégueulasses. On vous propose plein de services. C’est ça qui est bien avec Spielberg. Par contre, concernant la qualité du film, d’un point de vue disons… artistique… dramatique… il y a parfois des petites surprises. Le problème c’est qu’on s’attend tellement à de la première classe, à du luxe, à du cristal, etc. que ça peut être très décevant si Spielberg vous sert un champagne tiède au décollage. Ou qu’il vous décale en classe éco suite à une erreur à l’embarquement. Spielberg avec E.T., Indiana Jones et la dernière croisade, Rencontres du 3ème type, La Couleur Pourpre, AI – Artificial Intelligence, Minority Report (et j’en oublie probablement un ou deux) m’organise un concert de Ray Charles pour moi toute seule… Par contre avec Indiana Jones et le crâne de cristal et Munich, il m’a obligé à voyager en soute dans la même cage qu’un berger allemand. En gros, avec Spielberg, c’est voyage aérien.

… Et dès que vous découvrez un nouveau réalisateur, c’est également un nouveau continent que vous visitez. C’est en ça que le cinéma est magique. C’est juste pour ça d’ailleurs.

… Alors là je viens de m’épater toute seule. Je parie que ceux qui suivent mon blog, ont remarqué. Pour les autres, je le dis : j’ai pas fait de digression !!! Je n’ai parlé que de cinoche ! Ok, en n’utilisant que des métaphores… Mais n’empêche (Musique brésilienne durant laquelle j’exécute une petite danse de joie extrêmement gracieuse et élégante) ! J’imagine que c’est l’effet cinéma tchitcha. Ou bien que c’est l’amour qui me transcende. L’amour du cinoche me coupe le sifflet. Ça y est les mecs, vous savez quelle est ma cryptonite !!

Hum hum… Ne nous égarons pas une fois de plus. Dimanche et lundi ça a été de grosses journées. Non je ne vous raconterai pas ma journée de lundi… bien que j’ai eu un déjeuner avec l’équipe plutôt hilarant. Pas à vivre parce que je pense avoir pris au 8ème degré des faits qui étaient bien réels (et très dramatiques)… Donc je suis partie toute seule dans un délire de folle que personne n’a compris sauf une seule de mes collègues qui m’a laissé m’enfoncer et a été à deux doigts d’exploser de rire… Mais je m’arrêterai là car je pense que ça peut faire l’objet de mon article de demain. Ou pas.

Alors pourquoi grosses journées ? Parce que j’ai vu 3 films. Dans l’ordre : La Famille Wollberg, Le vilain et La Route. Dans l’ordre de préférence : Le Vilain (oui j’en suis la première étonnée…), la Route et la Famille Wollberg (que je n’avais même pas envie de mettre dans le classement). Dans l’ordre de déception : La Route, la Famille Wollberg et le Vilain.

Commençons par le plus douloureux en terme de souffrance cinématographique. Pourquoi « souffrance cinématographique » ? Parce qu’être assise à côté d’un vieux (je n’ai rien contre les vieux) qui sent très (trop) fort le vin rouge de Kubi et a décidé de faire son cours d’accouchement sans douleur à côté de vous tout au long du film, c’est pas évident. Si en plus, vous ajoutez à ça, un film complètement flou, ça devient pénible. Là je parle de la « Famille Wollberg ». Je ne vais pas vous mentir, en allant le voir, j’avais peut-être une certaine attente. Une famille avec un nom juif ashkénaze, je m’attendais à quelque chose d’un peu sous-allenien. Un peu marrant. Où les drames deviennent des comédies grâce aux réactions très colorées des personnages. J’avais donc bien rêvé. Parce que c’est pas drôle du tout déjà. Bon ça, c’est pas bien grave, on n’est pas obligé de se taper sur les cuisses en permanence au cinoche. Mais j’ai trouvé tout le film extrêmement… je dirai théorique. Rien ne m’ait apparu comme réel. Pour commencer, j’ai eu du mal à comprendre où, géographiquement parlant, l’action se déroulait. J’ai pensé que c’était en Belgique. Puis finalement, ça se passe en France. Dans une petite ville qui ne ressemble pas à une ville française. Dans des maisons qui ne ressemblent pas à des maisons de petites villes françaises. Je ne sais pas bien pourquoi cela m’a autant dérangé. Si… je sais pourquoi. Le fait de ne pas ancrer l’histoire dans un réel crédible m’a donné l’impression d’une certaine forme d’artificialité. Du coup, je n’ai jamais vraiment adhéré. L’histoire de cette famille qui se désintègre (la mère a trompé son mari avec un blond, le mari a un cancer et n’en a parlé à personne, la fille va quitter la maison et le fils fait de la guitare en douce parce que son père ne veut pas de « bohème » dans la famille) et ne communique plus ne m’a touché une seule seconde. Aucune empathie. Que dalle. Ils ne sont pas glamours ces personnages. Ils ne sont pas sympathiques. On s’en fout complètement que le père crève tout seul, que la fille se taille, ON S’EN FOUT. Et pourquoi ces gens ne sont pas sympathiques ? Parce qu’ils ne sont pas humains. Ils parlent comme des robots. Ou comme des caricatures de vieux films de la Nouvelle Vague.

Un exemple :

Le mari : Ferme le rideau…

La femme : Les voisins vont penser qu’on cache quelque chose… qu’on cache un scandale…

Le mari : Mais l’amour est un scandale. Faire l’amour l’après midi pendant que les enfants ne sont pas là est un scandale… Blablablablablaaaaaa !!!

Bon je vais pas m’attarder 6 jours. J’ai détesté.

Film n°2 : Le Vilain. D’habitude, Dupontel et moi, nous ne sommes pas très très copains. On ne se déteste pas mais disons qu’on vit dans une indifférence polie. J’ai pris mon billet pour cette séance car toutes les autres étaient complètes. Ça a été une assez bonne surprise. Une comédie un peu cradingue. Assez méchante mais pas trop… D’aucuns diront pas suffisamment. C’est très cartoonesque, j’ai directement pensé aux pièges de « Bip Bip et le Coyote » lorsque le Vilain cherche des pièges pour tuer sa mère… on n’a pas vraiment le temps de se poser de questions. Heureusement, Dupontel n’oublie jamais de faire du gros comique de répétition qui permet de bien rythmer le film. Et une balle dans le bras ! Puis deux ! Puis trois ! Et le retour du vieux médecin de famille complètement alcolo. Mine de rien ça marche. C’est très drôle. Mais je dois bien dire que la palme de la drôlerie revient à un animal : une tortue. Même si on sent bien qu’elle est du côté de la maman du Vilain (elle l’assomme à plusieurs reprises en se jetant de meubles en hauteur…), elle est en permanence prise à partie et sert de punching-ball. La séquence du piège à la raquette… superbe. Je ne dirai rien sur les scarifications que porte l’animal… J’ai pas envie de vous gâcher la surprise. Tout ça pour dire que le tout est très bête, un peu méchant et drôle. C’est un peu le plaisir coupable. C’est un peu le paquet de Shokobons qu’on s’envoie après un bon dîner. On n’en a pas besoin mais c’est tellement bon… Néanmoins, je pense que si vous n’avez pas beaucoup de thunes, vous pouvez vous éviter l’achat d’une place de ciné. Dans 6 mois, c’est en DVD.

Film n°3 : La Route. Ah… Grosse déception. Une très bonne idée d’adapter ce bouquin. En tout cas, ça m’a donné envie de le lire. En fait, la seule chose qui m’ait vraiment plu c’est la question de savoir si dans un monde post-apocalyptique, il fallait tuer (ou pas) ses enfants donc son avenir. Le dilemme est extrêmement intéressant : à la fois, on comprend la volonté de certains parents d’éviter à leurs enfants de voir le pire (et en l’occurrence dans ce monde là, le pire c’est de croiser des hommes affamés devenus cannibales qui vous becteraient le mollet), de vivre la peur, la misère, le froid… Mais de l’autre côté, le personnage joué par Viggo Mortensen est super attachant. Il ne peut pas tuer son fils car il ne peut pas se résoudre à laisser s’éteindre la vie. Car si son fils meurt, sa propre existence n’a pas de sens. Il ne vit que pour le protéger et lui apprendre comment se protéger. C’est un peu une métaphore de la vie de manière générale. J’ai beaucoup apprécie cet aspect du film. Et particulièrement une séquence où le père et son fils sont coincés dans une maison d’apparence bourgeoise qui est en fait un piège dans lequel les habitants ont enfermé leur nourriture « humaine » vivante, nue, terrifiée et privée de certains de leurs membres (qui ont été dévoré… oui c’est crade)… à ce moment là, on croit que le père va y arriver, qu’il va parvenir à sauver son fils de cette existence atroce dans ce monde foutu. Mais non. La vie toujours reprend le dessus.

J’ai trouvé plutôt bien le fait que la frontière entre les « good guys » et les « bad guys » soient si floue… Finalement c’est à la portée de tout le monde de devenir un salaud. Que ferait-on pour sauver sa propre vie et celle de son enfant ? Dans un monde où ne règnent que la paranoïa et la peur où est la limite de la légitime défense ? Où est celle du meurtre ? Comment faire confiance ? Et à qui ? Tout cela participe de l’ambiance assez réussie et mortifère du film.

Ensuite, j’ai bien dit que j’avais été déçue car encore une fois, on a à faire à un film extrêmement long. C’est long… Des passages de 10/15 minutes sans rien. Parce que bon, c’est bien l’ambiance. Mais c’est pas mal non plus de mettre les personnages en réel danger. De les mettre face à des choix plus souvent. Je ne sais pas si c’était réellement ça qui m’a saoulé. Mais j’ai eu des périodes d’ennui. Et ça j’aime pas trop. Donc : je ne condamne pas le film à un « Mais quelle grosse M—- !! » mais je ne valide pas ce rythme de film. Je me suis ennuyée un petit peu.

Bon ben c’était la première rubrique Cinéma Tchitcha. Désolée mais ce n’est pas très joyeux joyeux parce que je n’ai pas été complètement ambiancé par ce que j’ai vu. Je vous jure que quand ça me plaît, c’est un peu plus funky.

Donc ça sera tout pour aujourd’hui.

Je vous dis à bientôt,

Et n’oubliez pas que vous êtes et resterez éternellement désirables,

C.P.A.

2 Réponses to “Cécile, sur la Route avec la Famille Wollberg et le Vilain…”

  1. le mec de Delph Says:

    merci merci encore merci pour cette analyse ô combien partagée de la famille Wolbeurk !

    compagne de souffrance je te salue bien bas… et c’était très sympa hier soir : reviens quand tu veux pour piller notre garde manger

    Juju

    PS : Delph me fait remarquer, à juste titre, que tu as également rempli notre garde manger – dont acte

    • Moi aussi j’ai été très contente de te rencontrer. Parce que, si nous ne t’avions pas vu de nos yeux, ma soeur et moi aurions définitivement pensé que Delphine avait un ami imaginaire. Attention, je ne juge pas. J’en ai moi-même un qui s’appelle Geoffrey et joue de la contrebasse.
      … Et bien entendu on reviendra chez vous. Parce que vous avez un sabre laser.

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