Un rêve étrange mais pas pénétrant

Hello les gens,

Je sens que je ne vais pas réussir à écrire grand-chose de brillant aujourd’hui. Les bonnes langues (celles qui sont contre les mauvaises dans la guerre des langues) diront que ça ne change pas de tous les autres jours de la semaine. En même temps, elles n’auraient pas torts dans la mesure où si j’écrivais des « trucs et des machins » (et même des bidules !) vraiment exceptionnellement bons, il n’y aurait pas de blog. J’écrierais des vrais livres avec du vrai papier qui tue les arbres. En 4ème de couverture, il y aurait une photo de moi en noir et blanc dans une pause très inspirée. Les lunettes au bout du nez, le regard défiant toutes critiques et étincelant d’une folle intelligence et d’une in-cro-ya-ble pertinence (Car c’est comme ça qu’on parle dans mon milieu… En détachant chaque syllabe. Exemple pratique : « Cécile, tu as été For-mi-da-ble ! Vrai-ment Fan-tas-ti-que ! »). Je pense même que pour faire classe, pour faire « à l’ancienne », pour que je rentre dans le Panthéon des « auteurs en herbe prometteurs » (qui souvent, après leur premier bouquin, non seulement ne promettent plus rien mais en plus n’écrivent plus rien), mon agent (oui c’est logique, je me prendrais un agent à qui je raccrocherais au nez régulièrement car c’est une chose que je n’ose faire avec personne… Mais lui, comme il serait aux petits soins je pourrais le traiter avec désinvolture sans aucun remord particulier) m’aurait recommandé de faire la dite photo chez Harcourt. Vous avez déjà vu des photos des Studios Harcourt, je présume ? Vous savez, ce sont ces photos de stars très inquiétantes. Où les gens ont l’air d’être en cire. Je dirais même que les gens ont l’air empaillé. Façon Maman Bates. Les visages sont tout noirs et les yeux brillent comme ceux d’un loup attendant dans le sous-bois, réfléchissant à la manière dont il va pouvoir vous attaquer et vous mâchouiller la vésicule biliaire. Je déteste les photos de ce studio. Je me corrige. Je n’aime pas les photos Harcourt des acteurs actuels. Parce que j’ai une théorie (probablement très fausse mais que je ne parviens pas à me sortir de la tête) à ce sujet : en fait, je m’imagine que les photographes des studios Harcourt sont les mêmes depuis des décennies et des décennies et qu’ils ont pris le principe de garder éternellement les mêmes éclairages pour tout le monde. Ce à quoi, vous allez me répondre (ou pas… parce que je pense qu’il y en a pas mal qui n’en ont strictement rien à faire. Et qui ont bien raison d’ailleurs.) que c’est un peu tout le principe de la création d’une « patte » ou, pour parler comme les graphistes à la mode et à lunettes à grosse monture noire, d’une « identité visuelle ». Le problème est que des années (disons…) 60 à 2000, les visages des acteurs ont salement changé. Vous ne pouvez pas photographier un Vincent Cassel de la même façon qu’un Alain Delon. Beaucoup d’angles d’un côté, une fine harmonie de l’autre. Ou une Emmanuelle Devos comme une Audrey Hepburn. Résultat : les studios Harcourt font des acteurs actuels des personnages du Musée Grévin. Des acteurs morts même. Des acteurs d’une époque ancienne, parallèle, révolue que personne n’aurait connue. Les studios Harcourt créent de l’histoire cachée. D’aucuns trouveront ça terriblement poétique. Moi je trouve ça angoissant.

… Bref. De quoi je voulais parler au départ ? Je remonte dans ma page Word pour voir le point d’ancrage de ma pensée. Et je me rends compte que l’ancre s’est finalement bien vite détachée.  Je crois même qu’on l’a paumée pendant le voyage. Ce qui veut dire, qu’à moins de foncer dans un iceberg, vous ne pourrez pas m’arrêter aujourd’hui. Pire que d’habitude. On peut même en venir à se demander si je ne tente pas de faire une sorte de sélection naturelle. Pour voir si ça existe les gens qui peuvent tenir longtemps en lisant autant de conneries concentrées. Si vous avez lu le mot « concentrées », c’est que vous êtes extrêmement motivés. Vous me faites plaisir. Vous me prouvez que vous aussi vous êtes capables de partir en vacances sans bouger de derrière votre ordinateur. C’est magique de pouvoir voyager dans sa tête n’est ce pas ? Ouais ça fait vraiment dingue de dire ça. N’empêche… Si on y réfléchit bien… Vous voyagez dans votre tête : vous vous moquez des saisons puisqu’il fait exactement le temps que vous voulez. Mieux : vous visitez à la vitesse qui vous est la plus agréable. Pas besoin de courir après les sportifs. Pas obligé de traîner votre mémé et ses 4 copines de Bingo. Je continue ? Vous revenez toujours à temps pour le dîner. Sans vous faire engueuler par votre mère, ou votre femme, ou votre copine, ou la même chose au masculin. Vous n’avez pas à faire votre valise. A avoir peur d’oublier votre brosse à dent, votre passeport ou votre maillot de bain. Vous ne serez ni en retard, ni en avance. Vous serez dans les temps. En permanence. Vous aurez des souvenirs mais pas de photos. Du soleil mais pas de bronzage. De l’évasion mais un compte en banque encore raisonnablement plein. Bon le seul hic peut-être : vous êtes seul à le faire. L’exercice demande probablement de ne pas vouloir être accompagné. En gros, c’est rêver sans dormir. Ce que je fais les ¾ de ma journée…

Ah ça y est ! J’ai retrouvé mon chemin dans ma tête ! Enfin je veux dire que je me souviens de ce que je voulais vous raconter.

L’autre jour, j’ai fait un rêve qui, à défaut d’être pénétrant, était assez étrange et drôle. En tout cas, moi ça m’a fait rire. Cela étant finalement assez rare (un rêve à la fois bizarre et drôle dont je me souviendrais avec clarté, pour moi, c’est un peu l’évènement), je me suis dit qu’il serait bon de le consigner quelque part. J’ai commencé par l’écrire dans mon carnet noir (au prix où je l’ai payé, je peux bien écrire ce que je veux dessus. Sans rire, c’est scandaleux de payer 10 € un carnet ?) puis finalement, chemin faisant, sur ce blog.

Alors voilà : dans mon rêve, je venais de faire l’acquisition d’un (je cite mes propres propos rêvés) « superbe appartement à Bastille ». Tous mes amis étaient ravis et se félicitaient de la future pendaison de crémaillère qui une fois organisée auraient pu être considérée comme « the place to be »… Même si (toujours d’après moi-même) on risquait d’être « un peu serrés ». Je revois maman Zerbib qui racontait à qui voulait bien l’entendre que mon appartement était « une merveille », « une affaire exceptionnelle » et surtout « très parisien et bien situé ». En deux mots : un appartement de fou furieux… En 6 mots en fait.

Comme on est dans un rêve, il n’y a pas trop de linéarité d’un point de vue temporelle.

Ellipse temporelle. Je me vois marcher en direction de mon appartement bastillois, le cœur léger, je dirai même, le cœur en fête. Je marche dans la rue, je suis vraiment heureuse mais une petite voix me dit qu’on n’est pas vraiment dans un quartier chicos. Avec le recul (et c’est à ça que sert le réveil finalement !), je me dis qu’on se situait plus du côté de la Goutte d’Or. Dans la rue, je croisais plein de types bourrés et étranges avec de gros yeux exorbités… Plein de beau monde pour résumer. Néanmoins, je ne me formalise pas, dans mon rêve, c’est sûr, nous sommes à Bastille.

Ah ! Et nous voilà enfin dans mon « super appartement » de « Bastille/La Goutte d’Or » (ça dépend du point de vue en fin de compte…). Et ce n’est ni plus ni moins qu’un… placard. Au sens le plus propre du terme. Un placard sans interrupteur qui plus est. Un placard avec une ampoule de 10W au plafond s’allumant grâce à une cordelette qui fait « Tchouing crac ! » quand on tire dessus. Dans « l’appartement », il n’y a rien à part un lit rangé à la verticale et qu’il faut rabattre du mur du fond. Je n’ai pas la place d’étendre les bras tellement qu’il est étroit. Mais bizarrement, je suis ravie. A deux doigts de siffler « Sweet Home Alabama ».

En me réveillant, j’ai d’abord ri puis j’ai été envahi par un sentiment de gêne. Comment pouvais-je me satisfaire d’un placard ? Pourquoi étais-je à la fois si contente et si consciente de l’état d’insalubrité du lieu ? Pas de réponse sur ce point. Même si maman Zerbib (celle de la vraie vie cette fois !), en bonne lectrice de Sigmund, avait une interprétation. Mais ça, nous y reviendrons un autre jour. Peut-être pas d’ailleurs ! Parce que bon, ici ce n’est pas un blog sur les points de vue de ma mère. Et non, ce n’est pas de la censure, elle me les donne suffisamment énergiquement dans la vraie vie ses avis. Alors ça va bien.

Tout ça pour dire, qu’au bout de quelques minutes de réveil, j’ai eu un choc. J’ai compris encore une chose. J’ai la vision d’une porte. Une de ces portes qu’on trouve à « mi-étage » dans les vieux immeubles parisiens. C’était derrière une de ces portes que se trouvait mon appartement de rêve. Vous voyez où je veux en venir ? En réalité, mon « appartement à Bastille » était purement et simplement un bon vieux chiotte à l’ancienne de palier.

C’est à partir de ce jour-là que j’ai commencé à me dire que, parfois, les rêves valent moins le coup que la vraie vie.

Je crois que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. J’ai une petite promenade à faire dans la Cour des Lions pour entendre siffler les vents de Grenade et je reviens…

Iceberg droit devant !!

A bientôt les gens,

Et n’oubliez pas : c’est en rêvant un peu qu’on devient désirables.

C.P.A.

P.S. : Passez donc voir le garçon « ordinaire » au patronyme génial à prononcer plein de fois de suite, Jérémie Kopaniak : http://jekop.fr/

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