Mon médecin traitant est un espion russe

Bonjour les gens,

En relisant les quelques articles de mon blog, je viens de prendre conscience (même si j’en avais déjà une petite idée), que mon monde était très petit. Ma famille, mes amis, mon boulot, le cinoche (et tout ce qui va dedans), les transports en commun, mes problèmes d’incontinence verbale, mon obsession des oreilles propres et mes rêvasseries incessantes. Je me dis que vous allez très rapidement en avoir marre de me lire. Vous allez vous lasser de moi et de mes folies quotidiennes. Parce qu’on vit dans le monde moderne. Et que tout va très vite. Déjà, j’ai eu quelques personnes qui m’ont dit qu’elles me trouvaient trop longue. Qui pensaient que je donnais trop de détails, que je partais dans trop de tuyaux, de chemins et de sous-bois pour raconter une histoire simple. Il y a même une personne qui m’a balancé comme on sonne le glas (Pour qui sonne le glas ?? Pour moi !!) qu’« un blog, c’était 3 paragraphes, 3 parties. Et c’est tout. »… Si elle avait été prof de philo ou de français, elle m’aurait sûrement dit « Introduction / Argumentation / Conclusion ». Des mots sérieux en –ion. Construction. Fabrication. Préparation. Installation. Confection. Création. Je trouve que ce principe donne un peu trop de sérieux à mon entreprise. Mon but n’est pas de construire un immeuble super fonctionnel où vous allez vous installer de manière permanente avec toute votre famille. C’est plus une cabane dans un arbre pour jouer pendant l’été. On est là pour s’amuser, pour se suspendre aux branches, grimper très haut et hurler à plein poumon en direction de sa maman pour qu’elle vienne vous récupérer. Donc vous pouvez ne pas finir les articles, les lire à l’horizontal (c’est la manière la plus commode de les lire… qu’on se le dise), à la verticale, en diagonale ou même dans le sens inverse. Ça n’a pas d’importance. Faites comme bon vous semble. Partez du principe que ce n’est pas ici que vous allez découvrir le sens de notre présence sur Terre ou l’identité de celui qui a créé le post-it. Pour la deuxième interrogation, je pense qu’une bonne recherche sur Wikipédia fera l’affaire. Je vous laisse faire ça. Non je ne mets pas de lien parce que je dois bien dire que, même si j’ai une certaine forme d’admiration pour un mec qui a su se faire des roubignolles en platine en créant des bouts de papier avec de la colle derrière, je me fous complètement de qui il est. Je ne veux pas savoir. Vous vous rendez compte que ce type a pour ainsi dire créer des typhons dans les bureaux ? Un paquet de post-its est potentiellement un piège pour tous les bordéliques latents. Pour tout ceux qui ont dit lors de lors de leurs entretiens d’embauche que leur qualité première était leur grand sens de l’organisation. Par principe, le post-it est un objet qu’on colle sur une surface verticale. Avec une information généralement essentielle. Suffisamment sérieuse pour qu’on le place à portée de yeux. Mais aussi, et c’est là tout le vice de cet accessoire de mode moche, c’est un objet qui aime se cacher, se jeter sans votre accord dans les poubelles, sur le sol, sur le bureau de votre voisin. Toujours trop petit, il nous oblige à en utiliser d’autres. Et encore. Et encore. Et à la fin de votre longue et laborieuse journée de travail, c’est un arc en ciel de papier sur votre bureau. C’est le bordel quoi.

Sans aucune transition car, encore une fois (une fois n’est pas coutume), je me suis laissée aller : je voulais vous parler de la Grippe A. Enfin non. Je vous explique. Je suis un peu traumatisée car j’ai reçu un bon de vaccination pour faire la piquouze contre la Grippe A/H1N1… Le papier en question ressemble à ça :

… Ça me fait vraiment penser à un nom de modèle de navette spatiale ce vaccin non ? « L’équipe de cosmonautes américains à bord de leur vaisseau H1N1… »… Ouais c’est crédible. Ou ça pourrait être aussi la référence d’un modèle d’aspirateur : « Avec l’aspirateur Rowenta H1N1, plus un bruit, plus une miette, juste du propre ! »… ça marche aussi.

Je n’ai pas envie de me faire piquer. J’ai peur d’aller dans un gymnase bondé de jeunes parents inquiets portant des bébés suintant de toutes parts (et surtout du nez en cette saison), de vieux qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas prioritaires dans la file d’attente… J’ai peur de me transformer en vache. Attendant derrière les autres vaches qu’on me perce les oreilles et me numérote. En plus, me connaissant, je suis le genre de vache récalcitrante. Qui beugle en donnant des coups de sabot. Je crois que je n’irai pas. Désolée Roselyne.

En fait, je pense que j’ai été contrariée par le fait que dans ma famille, je suis la seule (avec mon père le diabétique) à avoir reçu la convocation. Je ne comprends pas pourquoi. J’ai vraiment une santé de fer. Je suis à deux doigts de penser que j’ai des superpouvoirs par moments. Peut-être que c’est pour ça… Justement. Ils veulent tester le vaccin sur les « jamais malades ». Pour voir ce que ça fait. Je divague il semblerait.

Non sérieusement. Ce que je présume c’est que mon médecin traitant, ce sale traître à la nation et au secret médical a balancé que j’avais eu une sinusite en septembre. Salaud. Je ne le regarderai plus jamais de la même manière. Je ne le laisserai plus si facilement tripoter mon système rhino-pharyngite. Lors de ma visite même pas annuelle d’ailleurs, je ne lui dirai que des trucs faux. Pour l’induire en erreur. Pour qu’il balance de fausses infos aux services généraux.

« Cécile Z. a des insuffisances rénales. Elle ne fixe pas le magnésium… Ah pardon, en fait si. Elle consomme le Temesta le soir pour se calmer et de la Vitamine C le matin pour se réveiller. Comme des Dragibus. Les nerfs complètement détraqués… A piquer. Mouaaaahaaaaaaahhahhaaa !! (parce que ce salopiot est un espion russe des films des années 60… C’est donc comme cela qu’il rit.)»

… Excusez-moi, je vous laisse 30 secondes (comptez jusqu’à 30)…

Me revoilà ! Toutes mes excuses encore une fois, je suis sur mon lieu de travail. Et il se passe des choses. Donc je dois m’interrompre de temps en temps. Pendant ces 30 secondes, j’ai entendu une de mes collègues dire à une autre que Quick testait « discrètement » le hamburger Hallal. Votre serviteur étant une googliste de première, elle vous joint le lien de l’article (mais n’y restez pas, c’est moi qu’on lit pour le moment !) : http://www.lefigaro.fr/conso/2009/12/16/05007-20091216ARTFIG00520-quick-teste-discretement-son-burger-halal-.php

… C’est fou non ? Avant de lire l’article, je me faisais un film dans ma tête. Ok, vous avez le droit de le dire : « Comme d’habitude ! ».

Je m’imaginais deux ou trois types devant le Quick, des mines patibulaires… aguichant le chaland avec des voix de mafieux… entrouvrant la gabardine… « Burger Hallal ? »…   « Burger Hallal jeune homme ? »… Un jeune intéressé qui regarde tout autour de lui… La peur d’être surveillé. Sors un billet, le fourre dans la poche du « discret » vendeur, arrache le dit-burger et le planque en toute hâte dans son sac à dos. Court dans le métro pour le dévorer dans la clandestinité. Tout est bien meilleur avec l’adrénaline. Avec le risque de se faire attraper. Enfin c’est ce que je pense. Rien que le fait d’écrire ce blog en est une preuve. J’adore trouver 10 minutes toutes les heures pour craindre que mon patron me surprenne en flagrant délit de non-productivité.  Déverser quelque part le contenu de ma tête. Car c’est une chose que je dois faire. Pour ne pas dire n’importe quoi dans la vraie vie. Pour ne pas me laisser aller à mes humeurs terribles. Imaginez que je dise tout ce que j’écris à mes collègues… à mon patron… à des chargés d’acquisition de programmes… à des grands distributeurs… Pas sûre que ça passe. Pas de place pour les décalqués dans ce milieu. De la place nulle part d’ailleurs. Alors pour continuer à être fou sans que ça se voit ou manger des hamburgers hallal au Quick, il faut savoir être discret. Il faut aimer vivre dans la clandestinité et mentir sur la personne réelle qu’on est. Il faut devenir un personnage de fiction…

… En parlant de fiction, je vais vous abandonner pour aujourd’hui car j’ai la planète à sauver d’un grand Tsunami. Je reviens après avoir foré la météorite qui va nous tomber sur la gueule. A bientôt les gens.

Et c’est pas parce que vous n’avez pas eu le bon de vaccination que vous avez le droit de ne pas rester désirables !

C.P.A.

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