Le premier cinéphile

Bonjour les gens !

Aujourd’hui, deuxième et dernier article du jour de la semaine. Première phrase bien confuse, je trouve. « Article du jour de la semaine ». Je décompose. Article du jour. De ce jour. Vendredi. Deuxième article car le premier est désormais diffusé le mercredi. Premier article : mercredi. Deuxième et dernier article : vendredi. De la semaine. De cette semaine. Du 22 au 28 février 2010. En me relisant, je me dis que ce n’est pas beaucoup plus clair. Ce n’est pas grave. Car ce n’est pas le sujet du jour. Ben non. Vous me connaissez désormais suffisamment bien pour savoir que ce n’est pas au bout de 5 lignes que je vais vous le dévoiler. Et ce n’est pas parce que j’ai modifié quelque peu le rythme de diffusion que ce fait-là va changer. Loin sans faux. Incroyable expression, n’est ce pas ? Loin sans faux. Je l’utilise énormément lorsque je veux impressionner un auditoire.

Je ne suis pas contre l’emploi de cette stratégie. Loin sans faux. Mais il faut y mettre les formes.  Il ne pense pas qu’elle soit incompétente. Loin sans faux. Mais il lui semble qu’elle ne soit pas apte à mener une équipe de réalisateurs aux egos aussi rempli qu’un tonneau de vin rouge de basse qualité, en plastique.

Expression que j’aime combiner avec d’autres. Tout aussi exotiques. Je reviens vers vous. ASAP. Usine à gaz. Il n’en reste pas moins. Le cas échéant. En revanche. Remarque obséquieuse. A l’amiable. Acte conventionnel. A négocier. Vivier de talents. En être. Connaître les tenants et les aboutissants. Ménager la chèvre et le chou. A chaque jour suffit sa peine. Il faut savoir raison garder. Bien à vous. Etre de telle ou telle école. Au regard de. A qui mieux mieux. Et j’en oublie sûrement.

Bref. J’ai envie de vous parler de films. Mais pas de nouveautés. Pas eu le temps de nettoyer les moquettes des multiplexes avec mes semelles en latex. Moquette affinée par les frottements. Les grattements. Les écrasements. Les piétinements. Moquette fine comme une feuille de papier à cigarettes. Moquette décharnée. Moquette se décomposant en petites boulettes de coton. Moquette aux couleurs multiples et indéterminées. Entre bleu, marron, gris et vert. Couleur à la confluence des quatre. Couleur de mélasse. Couleur de flaque d’eau polluée dans un caniveau. Moquette de multiplexe. Mes semelles en latex. Au repos sur le parquet fraîchement ciré de mon appartement bourgeois. Aujourd’hui, il sera question du cinéma à l’ancienne. Du cinéma tel que je l’ai découvert dans mes premières années. Le cinoche à la télévision. Le cinoche dans le magnétoscope. Le cinoche en cassette VHS. Pendant des années, nous, les Zerbib sépharades des bois fréquentions énormément le vidéoclub. Le même. A 5 minutes en voiture. A 20 minutes à pieds. Un vendeur de mondes surgelés. Un loueur de rêves en boîtes. Le seul de notre quartier. Habitué à notre présence. Connaissant nos prénoms. Remarquant lorsque nous avons grandi. Changé de paires de lunettes. Cédé une dent au petit rongeur usurier. Ne faisant plus attention à nos brouhahas trop extériorisés. Souriant avec compassion à Mimiche. Se demandant sûrement comment cette pauvre femme avait pu mériter 3 des pires plaies d’Egypte en guise d’enfants. Un grand bonhomme brun en t-shirt gris trop large. Hiver comme été. Le cheveu à 10 minutes d’être gras. Mais jamais vraiment. Des mains épaisses comme les plats des restaurants de sushis. Des mains fabriquées pour ouvrir des boîtiers de VHS. Y intégrer des cassettes. Et les refermer en les faisant craquer comme des os douloureux. Des mains inadaptées à l’arrivée du léger et fragile DVD. Son commerce en a d’ailleurs bien souffert. Tant et si bien qu’il du muter en librairie. En vendeur de téléphones. De Kebab. Et a fini par baisser le rideau de fer. Nous pouvions y passer des heures. Tournant telle une compagnie de derviches professionnels en transe. Autour de boîtiers noirs. Blancs. Transparents. Autour de boîtiers vides. Saupoudrés d’une fine couche de poussière. Poussière surplombant la tranche haute des objets comme le duvet de moustache d’un jeune garçon pré-pubère. Boîtiers posés bien droits. En rangs d’oignons. Sur des étagères en bois. En bois de qualité moyenne. En pin. Clair. Relativement laid. D’une mocheté conventionnelle. D’une disgrâce presque recherchée. De bon goût. Elégante. Typique de certains petits commerces de banlieue reculée.  Boutique ressemblant à la chambre de l’aîné d’une famille qui, souhaitant prendre son indépendance, a décidé d’habiter dans le garage. Ou dans la cave. Ou dans le grenier. Pour résumer, dans la partie de la maison où personne n’aurait l’envie de vivre plus d’une demi-journée. Le coin idéal pour trouver paix, tranquillité et intimité. Dans le vidéoclub, entre les louveteaux Zerbib, c’était la guerre. C’était à qui défendrait le mieux son choix. Qui aurait la meilleure verve. Qui aurait les critiques avec lui. Qui aurait l’aspect « nouveauté » pour l’aider. Qui aurait un des chefs de famille dans sa poche. Car le choix du film était au final le choix de Mimiche. Pourquoi ? Parce qu’elle était l’adulte. Et alors ? Et alors, rien. C’était comme ça. Et si on n’était pas content, on ne louait pas de film du tout.

… et puis un jour, un des petits zerbaillons a eu une ampoule qui s’est allumé dans sa tête. Dans un éclairant et retentissant « pliiiing !! ». Ampoule qui a projeté contre le mur. Contre le plafond. Contre le sol. Contre toutes les surfaces de la maison. 5 mots. Ecrits dans des cursives maladroites de gaucher non-contrarié : SE FABRIQUER SA PROPRE VIDEOTHEQUE.

Bonne idée s’il en est. Pas mon idée. Celle de mon frère Rudy. Rudy est mon grand-frère. Je ne pense pas vous en avoir encore parlé. Normal. Mon frère est probablement l’une des personnes les plus silencieuses que la Terre ait porté jusqu’à maintenant. Si on exclut les muets. Evidemment. Il est le genre de garçon qui peut rester des heures entières à ne rien dire. Sans pour autant se faire oublier. Charme discret de la bourgeoisie saint-Maurienne. Aîné de la fratrie. Le grand frère par l’âge. Le petit frère par la taille. Passionné par l’histoire de la population noire. L’esclavage. Les mouvements américains. Martin Luther King. Malcom X. Les Black Panthers. Les Black Muslims. Hyper documenté sur le sujet.  Pourquoi ? Nous l’ignorons. Amoureux des baskets. Il semblerait qu’il en achète assez souvent. Au moins une par mois. Ce qui est plus inquiétant, c’est qu’elles se ressemblent toutes. Même forme. Même couleur. Même marque. Probablement un refus de nettoyer les plus âgées. De la fainéantise au service d’un capitalisme ventripotent et dégoulinant. Arlette, sors de ma tête. Rudy le frère unique. Dans tous les sens du terme. Inventeur tristement inconnu de la « mitraillette avec les doigts ». Je ne crois pas avoir besoin de détailler de quoi il s’agit. Enfin peut-être que je devrais… Faisons court : lorsque nous étions très jeunes, mon frère et moi jouions toujours ensemble. Comme j’étais la petite (grosse), je devais faire ce qu’il m’imposait, c’est-à-dire jouer à la guerre et à la bagarre. Pour ce faire, nous empruntions des noms barbares. Lui, c’était Musclor. Moi, Squelettor. Bien que l’inverse eut été plus logique et réaliste. Bref. Lors de nos combats héroïques, mon frère utilisait des armes de destructions massives. Des bombes à fragmentations. Dont le bruitage à la bouche était particulièrement bien réussi. Première détonation. Enorme. Tonnante. Ejectant les tympans de leurs places assises. Puis les retombées. Chute des débris. Des corps. Cris de peur. Pleurs d’enfants. Plus lointains. Plus discrets. Guerre sanglante où les armes de poing trouvaient également bonne place. La mitraillette surtout. Avec les doigts. Le canon étant représenté par son auriculaire. Auriculaire raidi. Meurtrier. Ejectant des salves incessantes et transparentes. C’est le genre de détail qui me fait dire que Rudy aurait pu être un grand acteur. Plus particulièrement, un grand mime. De petite taille néanmoins. Reprenons. Rudy. Effrayant mangeur de pâtes et de frites. Militant anti-banane de longue date. Admirateur en deuil de Mickaël Jackson. Chanteur de dessous la douche. Ronfleur discret et intermittent. Maladroit par conviction. Par art de vivre. Contrairement à ce que Mimiche pense. Mon frère ne met pas ses lunettes dès son réveil. Il ne faut pas s’étonner s’il s’électrocute avec la cafetière, se brûle la cuisse au troisième degré avec une casserole de lait ou s’il provoque un début d’incendie avec pour seules armes un micro-onde et un petit pain Jacquet (oui c’est possible de faire ça). Premier homme tournesol. Rudy, comme cette fleur en forme de soleil, se réveille plié et flétri. Le corps cassé en quatre. Le bassin en avant. Le dos voûté. La tête baissée. Un petit-déjeuner. Une douche. Et il est midi. Rudy est droit comme un « i ». Puis la journée passe et il se replie pour signifier la fin de sa journée. La fin de son réveil. La fin de ses yeux ouverts. Rudy. Jeune homme inquiet. En permanence. Incertain et douteur sans repos. Fabricant de stress en tout genre. Visage transmettant toutes ses peurs sans un mot. Sourcils oscillant entre lignes droites, accents aigus, graves et circonflexes. Nez aux narines battant au rythme de son cœur surmené par le monde agresseur. Lèvres légèrement mordillés par ses dents de carnivore éhonté. Visage témoignant d’une violente et torturante sensibilité. Rudy. Le premier cinéphile Zerbib Sépharade. Né en 1980. Belle cuvée. Expulsé du ventre maternel en période d’été. En même temps que l’Empire contre-attaque. Stardust Memories. Elephant Man. Raging Bull. Midnight Express. The Blues Brothers. Le Dernier Métro. Classe et prestige. Mais aussi La Bidasse. La Cage aux Folles 2. Flash Gordon. Sacrés Gendarmes. Les Sous-Doués. Les Charlots contre Dracula. Ouais bof…

… Le jeune Rudy a donc pris le parti de se constituer un trésor. Un trésor de pirates. Car à l’époque, à défaut de pouvoir télécharger, on pouvait enregistrer à grand renfort de cassettes pucelles. Cassettes pucelles qui avec le temps devenaient de vraies professionnelles… Disons qu’elles ramassaient un peu de tout. Jusqu’à la trouvaille du film de leur vie qui s’installait chez elles jusqu’à leur mort. Un des buts ultimes de la collection était le principe du visionnage multiple. Ce qu’on peut faire avec les copies de vidéoclub mais sur une durée finalement extrêmement courte. Mon frère s’était constitué un puits sans fond de vidéo à la demande. Mon frère est le premier Zerbib Sépharade des bois à avoir une connaissance presque scientifique des films enregistrés. Année de sortie. Acteurs principaux. Réalisateur. Compositeur de la bande originale. Mais surtout, pans entiers de dialogues. Accompagnés de leurs thèmes attitrés. Tant et si bien que lorsqu’il daignait nous adresser la parole (ce qui, comme expliqué plus haut, est assez rare), Mimiche tentait toujours de le sonder afin de vérifier s’il ne tentait pas de nous placer une réplique. Je me souviens d’ailleurs d’un matin. C’était peut-être le jour des 15 ans de mon frère. Son anniversaire. Nous étions tous en train de prendre notre petit-déjeuner. Il arrive. Nous regarde. Nous sort un joyeux : « Alors vous n’oubliez rien ? ». Et là, Mimiche qui avait probablement du se lever du pied gauche ou droit, mais dans tous les cas, du mauvais, le remet vertement à sa place. Elle en a assez des films. Des répliques. Des vannes. Des phrases. Des mots efficaces. Des mots pour rire. Des mots pour faire pleurer. Mimiche étant ce qu’elle est, elle ne laisse pas le garçon en placer une. Il s’assoit, penaud. Sans rien dire. Un peu vexé. Et n’osera dire qu’au bout d’une bonne trentaine de minutes qu’on a oubliés de lui souhaiter un joyeux anniversaire. Tout le bonheur du monde. De la beauté. De la réussite. Et de la santé (car c’est le plus important). Pauvre Rudy. Victime de son amour passionnel pour le 7ème art. Devenant l’objet d’une réplique culte dans le petit cinéma de la cruauté familiale zerbibienne. Rudy qui traitait ses films comme de vrais joyaux. Les entourant d’attention. Et des plus beaux atours possibles. Pour une cassette VHS, un bel atour est une boîte. Chaque cassette avait sa boîte. Etait protégée des chocs. Des mains sales et malhabiles. Parfois, souvent même, autant que faire se peut, elles portaient des habits de lumière. Une robe du soir. Une rivière de diamants. Des chaussures Prada. Une pochette Dior. Un carré Hermès. En deux mots : une jaquette. Et comment se procure-t-on une jaquette ? Bonne question. Surtout pour les plus jeunes d’entre vous. Une robe du soir se trouve dans une boutique de robes. Une rivière de diamants dans une bijouterie. Des chaussures Prada, une pochette Dior et un carré Hermès aux Galeries Lafayette. Une jaquette… dans TéléK7.

Un magazine double fonction. Un peu comme les shampoings qui faisaient après-shampoings. Les chewing-gums qui faisaient brosses à dents. Les pantalons rétractables affreux qui faisaient short en été. Un magazine dont les pages donnaient les programmations au recto. Et les jaquettes des dits-films programmés au verso. Génial. A chaque fin de semaine, la dépouille du magazine périmé tombait entre les mains de médecin légiste de mon frère qui en faisait des copeaux. Atelier découpage. Les cassettes étaient tirées à quatre épingles. Titre du film sur la tranche. Comme au vidéoclub. Aucun classement particulier. Rudy savait où tout se trouvait. Suffisait de lui demander. Sauf que lui ne demandait ni 30 balles ni de lui rendre l’objet rembobiné. J’ignore si ce magazine hebdomadaire (fils illégitime de Télé 7 Jours et de Télé Poche. Télé Poche étant à l’époque marié avec Télé Magazine. Télé Magazine qui a divorcé deux ans après la naissance du petit bâtard et s’est marié en seconde noce avec Télé Loisirs… Un vrai bordel cette histoire…) existe toujours. Si c’est le cas, je me demande quel est son intérêt. Je ne pense plus qu’il y ait encore des aficionados de la VHS. VHS à images brouillées. A rayures colorés. A Traces blanches. Bleues. Noires. Jaunes. Griffant l’écran. Des bandes descendant. Remontant. Faisant des signes de connivence au spectateur. VHS qui désignait les films comme des histoires plus que comme des images. Il me semble. VHS qui traduisait le vrai cinéma des écrans en miniature myope et tremblotante. VHS bénies de la vidéothèque de Rudy. Dedans des films cultes. Last action hero. T’aimes les omelettes ? Tiens je te casse les œufs. Total Recall. Vous avez ce que vous voulez, laissez les respirer. Rocky. T’as pas mal ? J’ai pas mal. Pulp Fiction. Bah faut être suicidaire pour masser les pieds de la gonzesse que vient d’épouser Marcellus. Les chefs d’œuvres. Carlito’s Way. J’suis déjà passé par là, comme quand j’me suis fait flinguer dans la 104ème. Ne m’emmenez pas à l’hopital surtout, leurs urgences à la con, ça a jamais sauvé personne. Hannah et ses soeurs. Je suis allé dans un magasin et j’ai acheté un fusil. J’étais prêt à… tu vois, s’ils m’avaient dit que j’avais une tumeur, je me serais suicidé. La seule chose qui aurait pu m’en empêcher, c’est que ça aurait fait de la peine à mes parents. Il m’aurait fallu les abattre d’abord. Et en plus, j’ai un oncle et une tante… bref, ça aurait fini en bain de sang ! Un air de famille. Le plus triste c’est pour les enfants, heureusement qu’ils n’en ont pas. Dracula. Je ne bois jamais de… vin. Rain Man. Si l’enfer existe, mon père est dedans. Et je suis sûre qu’en ce moment il nous voit… Et il doit se fendre la gueule dans son coin ! Dirty Dancing. Le loup est un loup pour l’homme mais surtout pour la femme. Ghost. C’est merveilleux Molly, tout l’amour qu’on a en soi, on l’emporte avec soi. Des Hommes d’honneur. Vous voulez connaître la vérité, mais vous n’êtes pas capables de la supporter ! Forrest Gump. Il y a des jours comme ça… Il n’y a pas assez de pierres.

Des dizaines. Des centaines. Des milliers d’œuvres. Regroupées avec patience et abnégation par Rudy le cinéphile. Rudy le collecteur de répliques. Rudy le découpeur de Télé K7. Rudy qui m’en nourrissait chaque jour comme d’un met délicieux. Comme d’une drogue insidieuse qui n’a jamais quitté mon organisme. Et qui mourra probablement avec le reste de mes cellules. Avec moi. Rudy l’instructeur. Rudy le pionnier professeur de cinéma…

… Et quelques années plus tard, nous avons eu un lecteur DVD. Les trésors ont été dévalués. Dénigrés. Abandonnés. Jetés un après-midi d’ennui. Au même titre que les lecteurs de disquettes. Les téléphones muraux. Les télévisions à tubes cathodiques. Les souris à boule. Les cartes téléphoniques. Et tous ces objets perdus par notre mémoire collective courant sans fin vers le progrès. Ce qui est une bonne chose. J’imagine. J’espère.

… Et top ! Terminé pour aujourd’hui. Vous souhaite un merveilleux week-end. Pour les parisiens, il y a des risques pour qu’il soit décoiffant. Une bonne occasion de vérifier votre désirabilité les cheveux en liberté.

A bientôt (mercredi !!) les gens !!

C.P.A.

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