Manger avec des baguettes (et autres histoires…)

Bonjour les gens !

Aujourd’hui, article court. Pour plusieurs raisons. Pour plusieurs excuses. Raison numéro un. Excuse numéro une. Je n’ai pas envie d’écrire. A priori bonne raison. A priori bonne excuse. L’envie étant le réacteur principal de mes tapotages bihebdomadaires. L’envie me manquant parce que je suis triste. Tristesse s’installant en rampant dans mon cœur. Glissant le long de mon système digestif. Remontant dans mes veines jusque dans ma tête. Jetant de l’huile sur le feu de ma tourmente permanente et naturelle. Débordant et ressortant en verre liquide translucide. Par les yeux. Larmes comme des marées montantes et descendantes. Larmes qui coulent en empruntant le chemin des futures rides de mon visage anguleux et imparfait. Larmes lourdes et tombant sur mon carnet de cuir dans un « Poc ! » retentissant. Un « Poc ! » faisant de l’écho dans ma chambre vide. Par le nez. Car il n’y a que dans les films que les gens pleurent en ne se liquéfiant que par les yeux. En restant beaux. En restant dignes. Sans grimacer. Sans sursauter. Les gens de la vraie vie débordent également du nez. Nez qui fait des bulles éclaboussant les verres des lunettes. Ou les cheveux de la personne qui veut bien se montrer consolante.

Raison numéro deux. Excuse numéro deux. Je suis malade. Complètement malade. Comme quand ma mère sortait le soir et qu’elle me laissait seule avec mon désespoir. Je suis malade. D’ailleurs, en écrivant les paroles déprimantes de cette chanson, je me demande soudainement pourquoi la mère de Serge Lama sortait le soir en laissant son fils seul. N’avait-il pas de père ? Etait-elle fille mère ? Veuve ? Divorcée ? Pourquoi sortait-elle sans lui ? Allait-elle bosser de nuit dans une station de péage ? Dans un restaurant L’Arche ouvert 24 heures sur 24 ? Dans une caravane glauque ? Sur les trottoirs de la rue Saint Denis ?

Autant de questions qui n’ont aucun intérêt puisqu’il ne s’agit ni du sujet de cette chanson ni du sujet de l’article du jour. Tout ça pour dire… Pour dire… Point de suspension me permettant de gagner du temps et de relire le flot de mots précédemment déversés avec fulgurance… Pour dire… Pour dire que je suis malade. Tant et si bien que mon nouveau médecin traitant m’a imposé un congé… Interruption de phrase. Oui j’ai échangé mon vieil espion russe de médecin traitant (celui qui m’avait balancé aux autorités m’attribuant un bon de passage pour me faire piquer dans un gymnase désinfecté contre la Grippe A… Celui qui adorait appuyer de toutes ses forces sur les ligaments de ma cheville droite pleine d’une entorse encore d’actualité. Bref, un personnage qui m’aurait probablement bien fait rire dans un film. Relativement moins dans la réalité…) contre un médecin que je qualifierais de « normal ». Bien que ses tenues provoquent en moi un mouvement de recul. Non, elles ne sont pas sales. Non, elles ne sont pas vraiment laides. Non, elles ne sont pas non plus hors du temps. Disons, si je devais résumer (et je devrais le faire car le temps passe et que nous ne sommes toujours pas dans le vif de notre sujet!) mon nouveau médecin traitant ressemble physiquement à un personnage de Star Trek. Version « côté obscur de la force ». Tout de noir vêtu. Col Mao. Coupe de cheveux impeccable. Peau claire et lisse. Rasé de près. Yeux bleus lagon. Grands ouverts. Ayant capacité à lire dans vos pensées. Même les plus obscures. Même les mieux cachées. Même les vils desseins. Pour la dernière phrase, c’est une supposition. Car je n’ai pas de vils desseins. Pour en avoir, il faut avoir des capacités particulières. Des aptitudes de « méchant ». Parmi elles, s’en trouve une fondatrice. Le rire. Le rire de méchant. Le rire sardonique. Le rire qui, pour paraphraser je ne sais plus quel chanteur de ce qu’on appelle « la nouvelle scène française », « inspire la terreur ». Un rire qui résonne dans une pièce. Se cogne contre les murs. Provoque des frissons. Généralement généré par une bouche ouverte. Laissant apparaître toute la dentition du dit-méchant. Cela donne quelque chose comme ça : Mouaaaahahahahahahahhaaaaahhhh !!! Mouaaaahahahaaaaahhhaaaaaaaaaahhh !! Etcetera. Etcetera. Car le rire du méchant peut durer des heures. Surtout lors des week-ends. Des jours fériés. Et des vacances scolaires. Parce qu’il n’y a rien d’autres à faire de plus intéressant.

Moi je ne suis pas une méchante. Même si parfois j’aimerais bien. Ce n’est pas dans ma nature. Je suis du club des embarrassés. De ceux qui n’osent pas dire non. De ceux qui ont honte. De ceux à qui on fait honte. De ceux qui n’osent pas couper la parole à un vendeur même s’ils n’ont absolument pas l’intention de lui acheter quoi que ce soit. De ceux qui prennent les journaux gratuits, tracts et autres papelards sans intérêt des malheureux besognant à la sortie des métros pour mieux les jeter dans la poubelle se trouvant dix mètres plus loin. De ceux qui aident la maman débordée à descendre la poussette de 4 tonnes de l’escalier pendant que leur métro sonne et s’en va sans eux. De ceux qui se font engueuler par les taxis parce qu’ils habitent en banlieue. De ceux qui ont en eux une certaine lâcheté mais tentent par tous les moyens d’en réduire le taux.

Bref. Mon médecin n’est plus un espion russe sanguinaire et indigne de confiance mais un Vulcain à frange et oreilles pointues. Ce qui n’est pas plus mal. En dépit du fait que Star Trek soit une des séries les plus ennuyeuses dont la télévision ait pu accoucher. Pour moi, un équivalent de L’homme du Picardie dans l’espace. Je ne sais pas si vous connaissez L’Homme du Picardie. C’est un type qui vit avec sa femme sur péniche. Et… Voilà. C’est tout. Une série sur un homme qui vit sur une péniche avec sa femme. Une série dont les rebondissements reposent sur l’achat (ou non) d’une boîte de pâté au marché. Le changement (ou non) des draps du lit conjugal. La réorganisation (ou non) des ustensiles de la cuisine. Tout cela rythmé par les différents repas de la journée. Passionnant. Si on s’intéresse à la vie d’un couple sans enfant de plus d’une quarantaine d’années sur une péniche.

… Encore une fois, je m’égare. Et mon article sera par conséquent plus long que prévu. Youpi diront certains. Oh non soupireront les autres. Désolée. Recadrons-nous.  Jet des deux yeux sur le titre. Manger avec des baguettes. Idée d’article qui m’ait venue vers midi aujourd’hui. Du lit de ma chambre. Ecoutant les tics et les tacs de mon réveil à l’ancienne. Midi. Plus qu’une heure avant la pause-déjeuner de mes collègues. Sûre qu’elles vont aller au restaurant japonais. Parce que lundi et hier, elles n’y ont pas été. Et le mercredi est le jour du japonais. C’est devenu presque une convention. Au même titre que le mercredi est le jour des enfants. Des sorties cinématographiques. Du blog de Cécile par Accident. Dans ma société, c’est le jour du japonais. Mon jour préféré. Celui où nous prenons le plus de temps. Car le restaurant est loin de notre quartier. Nous nous installons à la même table. Dans la même configuration. Moi généralement en face du vide. J’aime avoir de la place pour étaler mes affaires. Pour disperser mes plats.

Moment de la commande. Moi et mes collègues penchées sur les cartes de menu. Cartes lues avec étude et sérieux. Dans un moment de silence général. Des choix. Des hésitations. Des changements d’opinion. Des fermetures et des réouvertures de cartes. Des envies de « prendre autre chose ». Des questionnements aux autres collègues pour voir si on va pouvoir copier sur elles. Conclusion imposée par l’arrivée du serveur et de son carnet de notes décharné. Commande finalement similaire à celle de la fois dernière. Brochettes pour l’une. Sashimis pour l’autre. Makis pour moi. Riz. Soupe. Salade de choux. Litchis en dessert. Menu M. Menu S. Menu B. Enoncés dans des ordres sensiblement différents d’une visite à l’autre. Deux types de sauce. La salée. La sucrée. Test obligatoire pour ne pas les confondre. Sauce sucrée bien dense. Sauce salée liquide et ressemblant de loin à du Coca-Cola sans bulle. Datant de trois jours. Traînant dans le réfrigérateur avec le bouchon mal fermé.

Baguettes jetables. En bois de mauvaise qualité. Attachées par l’extrémité. Que l’utilisateur doit séparer dans un craquement. Crac. Baguettes jetables nids à échardes. D’où la nécessité de les frotter l’une sur l’autre pour enlever les peaux mortes. Avec énergie. Dans un bruit de ponçage miniature. Les particules de bois volant dans les airs et retombant sur la table avec lenteur et délicatesse. Comme de la neige sur les routes. Comme des pellicules sur la veste d’un vieux beau à cheveux gras.

Makis sur planche de bois similaire à des sabots de fermier. Sur le côté droit, la mousse verte Wasabi. A doser avec soin. Une erreur d’appréciation peut faire pleurer un adulte mâle de 80 kilos plus de trois heures en continu. De l’autre côté, du côté gauche, mon ennemi juré. Le gingembre frais. Variant du rose clair au saumon. Posé en chiffonnade. Imbibé d’eau odorante. Gingembre détestable. Premier contact traumatisant. C’était il y a quelques années. A l’époque, les restaurants japonais n’étaient pas aussi répandus qu’à présent. Rendez-vous professionnel. Je vois la chiffonnade de gingembre. Couleur saumon. Couleur piège. Piège car j’ai cru que c’en était. Du saumon. J’ai donc attrapé le paquet avec mes baguettes et l’ai fourré entièrement dans ma bouche. Bouche que je n’ai plus du tout pu ouvrir du repas. Ma gorge brulant. Mes papilles hurlant à l’aide. Mon palais réclamant de l’eau à corps et à cris. Mes yeux perdus et concentrés sur ma seule douleur. J’ai eu le sentiment de croquer dans un morceau de tissu trempé dans une bouteille de parfum bon marché. Sensation de dégoût. Etourdissement. Nausée terrible. Gingembre agissant sur mon organisme comme de la chryptonyte. Désormais, je reconnais son odeur à mille kilomètres à la ronde. Et regarde ses admirateurs comme des extraterrestres.

Les restaurants japonais. Ce sont les seuls restaurants asiatiques ne nous imposant pas la vision d’un aquarium habité de poissons obèses et imbéciles se cognant aux parois avec fracas. Les autres le font. Les chinois. Les vietnamiens. Les thaïlandais. Les cambodgiens. Et les autres. A croire que cela les fait marrer de nous écœurer avec les poissons les plus laids que la Terre ait produits depuis la création de la vie. Blancs nacrés. Avec des tâches orangées. Orange cheddar. Des yeux globuleux. Prêts à être arrachés par le moindre coup de nageoire. De sacs emplis d’air en guise de gorge. Aquarium abritant les créatures dont même la Seine n’a pas voulu. Créatures pataugeant dans l’eau sale. Légèrement verte. Sentant l’aliment faisandé. Ces visions là, vous ne les aurez pas dans un restaurant japonais. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le restaurant japonais aime exposer les poissons sous vitre mais de préférence morts et dépecés. Le tout sans eau. Evidemment. Les pauvres bêtes n’en ont plus besoin. Elles n’en sont plus là. C’est entre autres pour cela que j’aime beaucoup m’y sustenter. Se sustenter. Verbe que je n’utilise pas tous les jours. Contrairement à une de mes collègues. Qui se sustente énormément. A base de croissants matinaux. Riz ou pâtes. Chocolat. Fruits secs et moins secs. Fruits que je ne penserai jamais à acheter. Des figues de barbarie. De la papaye. Des « cœurs en cage ». Petite collègue qui rythme sa journée en ingérant des baies aux multiples variétés. Calmant le stress. Réduisant le cholestérol. Annihilant les maux de tête. Rendant aimable. Teintant les ongles de couleurs sans que vous ayez à passer de couches de vernis. Autant d’aliments et autres « médecines » naturelles desquels je ne sais vraiment pas quoi penser.

Reprenons. Le japonais. La cuisine japonaise. Les restaurants japonais. L’absence d’aquarium à horreurs. La présence d’aquarium à cadavres frais. Important qu’ils soient bien frais les cadavres si vous ne voulez pas en devenir un vous-même. Affection particulière pour ces lieux. Pour une raison simple. C’est là que j’ai appris à me servir des baguettes. Dans les autres restaurants asiatiques, sans que vous le demandiez, les serveurs vous apportent des fourchettes. Alors pourquoi s’emmerder à apprendre ? Pendant des années, j’ai mangé asiatique à la française. Couteau dans la main droite. Fourchette dans la main gauche. Ou l’inverse parfois.

Sauf qu’un jour, je me suis rendue dans un restaurant japonais. Par erreur. Par accident. Vraiment. Je rentre. L’odeur du poisson cru me saute au visage et s’accroche avec férocité. Je passe commande et m’installe sur une table en hauteur. Banc en hauteur aussi. Tellement haut perché que mes pieds pendaient comme ceux d’un enfant de trois ans attendant sa compote de pomme Blédina. Mon plat arrive. Parfait. Géométrique. Coloré. Comme savent l’être les plats japonais. J’admire quelques minutes les aliments offerts à mes yeux. Je suis à deux doigts de sortir mon appareil photo de l’époque. Une horrible machine argentique automatique extrêmement bruyante. Et ne pouvant pas s’empêcher de laisser exploser son flash même lorsqu’on pensait l’avoir éteint. Je m’abstiens donc. Je me décide à attaquer le plat avec la même volonté que Napoléon détenait pour envahir la Russie. J’avais faim. Je regarde sur les côtés. A droite. A gauche. Derrière et devant l’assiette. Pas de couverts. Juste deux bâtons de bois. Dans un étui de papier. Je lève la main comme à l’école primaire. Je veux une fourchette. Je veux un couteau. Le serveur asiatique arrive jusqu’à moi. Les mains vides. Je le fixe interloquée. Le regard posant une question évidente : « Sont-ce des couverts invisibles ou les auriez vous oubliés derrière le comptoir ? »… Ce à quoi le garçon me répond en quelques mots : « Japonais mange avec baguettes. Toi apprendre à manger baguettes… ». Il me salue et retourne en cuisine. Me laissant, qu’on se le dise, en carafe. J’avais vraiment très faim. J’attrape les baguettes. Une dans chaque main. Je tente d’attraper des makis. Je les maintiens avec force. Trop de force. Ils se fendent en deux. Font des roulés boulés sur la table. Je les réceptionne in extremis sur mon jean. D’autres font de gracieux plongeons dans la mer noire. Des bombes parfois. La table du restaurant est un champ de bataille. De la sauce partout. Collante. Des grains de riz perdus. Dispersés. Des baguettes souillées à l’extrême. Des baguettes avec lesquelles j’ai tout essayé. Des baguettes positionnées dans tous les sens. Entre les doigts. Dans la position du stylo. Dans la position des castagnettes. Dans la position du lotus. Dans la position des osselets. Dans la position du 69. Finalement, épuisée, je termine les deux dernières pièces de mon plateau avec les doigts. A l’ancienne. A la Zerbib Sépharade. Le serveur japonais me regarde de loin. Un peu désappointé. Attend quelques minutes et vient « me » débarrasser (cette formule me fait rire… « Puis-je vous débarrasser ? »). Ramasse tout. Concentré. Ne dit rien. Puis me fixe. Sourit. Et déballe un sympathique : « Bientôt tout le plat fini avec baguettes ! »…

… Du coup, j’y suis retournée. J’ai pourri quelques tables. Fait tomber beaucoup d’aliments sur le sol. Ai même cassé de nombreuses baguettes à force de crispation (oui j’ai une force de bonhomme dans les mains… A bon entendeur…). Toujours encouragée par mon coach de la baguette. Puis, un jour, je ne me suis plus posée la question. J’ai reçu mon plat. J’ai remercié mon serveur qui lui aussi avait bien progressé en français. J’ai mangé. J’ai terminé. J’ai posé mes baguettes sur le plateau. J’ai payé l’addition. Et je suis partie.

Voilà. Tout simplement ce que j’avais envie de raconter aujourd’hui. Une histoire de baguettes. Une histoire japonaise. Une histoire d’apprentissage digne de l’épopée des lacets quand on est petit. La peur d’abandonner ses baskets à scratch. Une histoire de vélo à petites roulettes. La terreur de ne plus avoir leur appui si on les retire. Une histoire du passé. Passé car je sais que mon restaurant japonais, celui qui m’a appris à manger avec des baguettes a fermé. Crise économique ? Intoxications alimentaires multiples ? Affaires de mœurs louches ? Je ne sais pas. En tout cas, ce que je sais, c’est que je ne laisse personne manger de la nourriture japonaise avec des couverts. Tout simplement parce « Japonais mange avec baguettes. Toi apprendre à manger baguettes… ».

Ça sera tout pour moi aujourd’hui. Vous souhaite une excellente soirée. Espère que l’article du jour vous plaira (je n’en suis pas follement satisfaite pour être honnête !). Et vous donne rendez-vous vendredi. Il sera question d’enterrement de vie de jeune fille. Un sujet désirable quoi !

A bientôt les gens !

C.P.A.

4 Réponses to “Manger avec des baguettes (et autres histoires…)”

  1. celuiquiteplait Says:

    j’aime ton univers un peu decalle mais tellement touchant. ton style d’ecriture est fluide et sans concession, bref que du bonheur. j’aimerais en dire plus mais j’ai peur de ne pas etre tres objectif; tu me surpremd et je suis fier a croire que le meme sang coule dans nos veines, et croi moi si tu veux durand ma vie je n’es pas souvent etais supris. a tres bien tot dans la lumiere le talent ne connait pas la peur il ne se cache jamais bien longtemps.

    • Eriiic!!
      Je suis contente que tu me lises. Je le suis d’autant plus si ça te plaît! Merci pour ton gentil commentaire, ça me touche beaucoup…
      J’espère qu’on se reverra bientôt!
      Embrasse tout le monde, les petits, mamie, tout le monde quoi!!
      Bisous😀
      C.P.A.

  2. Géniales, les itérations successives de ta pensée, les phrases nominales et courtes à n’en plus finir!🙂

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