Ma chambre est un magasin de jouets

Bonjour les gens !

J’ai commencé cet article un dimanche. Dimanche dernier. Dimanche 21 mars 2010. A cause d’une projection accidentelle de produit nettoyant dans les yeux. Dans le nez. Dans la bouche. Produit en spray. Produit équipé d’un bouton pression. Produit dont le bouton pression possède un orifice minuscule mais à puissante force de frappe. Produit déodorant qui fait valser la couche d’ozone. Produit pour astiquer les meubles en bois. Produit qui sent bon. Qui sent bon lorsqu’il est étalé sur une surface adéquate. Surface adéquate qui n’est en aucun cas un œil. Un nez. Une bouche. Produit qui pique. Produit au goût amer. Produit à bonne odeur mais à mauvais goût.

Il y a des tas de produits comme ça. Qui enchantent le nez et agressent le palais. Le parfum. Le thé aux fruits rouges. Le melon. La poire. La colle forte. La bien forte. La transparente. Celle qui colle les tissus humains. Expérience vécue et douloureuse. Pour se décoller, nécessité de se déchirer comme du papier. Papier à sève rouge dégoulinante. Papier au cœur rosé. La colle forte transparente. Odeur violente et agréable qui, en fermant les yeux, donne l’impression nostalgique de tourner sur un carrousel à grands chevaux de bois. La colle forte transparente impossible à approcher de ses lèvres. Sous peine de soudure. Sous peine de silence éternel.

Mais revenons à mon spray toxique. Spray au goût qui s’installe et ne veut pas partir. Comme des poux dans la tête d’un enfant de 5 ans.  Une tâche de doigt sur des verres de lunettes. Un grain de couscous coincé dans la gorge qui oblige à tousser comme un poitrinaire. Spray qui fait mal. Spray qui sèche la langue. Spray ordinaire pour tâche ordinaire. Tâche ordinaire pour établissement d’un ordre ordinaire.

Vous avez compris : dimanche, j’ai fait le ménage. Ce qui est proche de l’évènement. Aussi rare qu’une fête nationale. Une éclipse de Lune. Ou un 29 février. Tout simplement parce que, comme tout le monde, j’ai toujours mieux à faire que de laver les sols à grandes eaux. Epousseter. Frotter. Astiquer. Gratter. Aspirer. Balayer. Briquer.

Par exemple ?

Aller voir sciemment un navet au cinéma.

 Me promener n’importe où.

Boire des verres.

Me perdre dans la toile de la grande araignée virtuelle.

Aller voter. Euh… Alors là, j’ai un peu honte. Car je viens de mentir. Je n’ai pas voté. Non. Aucune bonne excuse. Ni un problème de temps. Ni une absence (totale) de conscience citoyenne. Non. Juste de la fainéantise. 3 années que je suis installée dans la charmante et bourgeoise ville de Saint-Maur-des-Fossés. 3 années que je repousse avec désinvolture le jour de ma déclaration de changement de domicile auprès de ma mairie. Mairie qui en réalité est un Hôtel de ville. Un hôtel de ville entouré de fleurs obscènement bigarrées. Encerclé de géraniums et autres fleurs de balcons de retraités.

Je ne vote pas depuis 3 ans. Quand j’y pense, je me sens très bête. Je prends donc régulièrement la décision d’agir pour ne plus rater les prochaines élections. J’attends la fin de l’année civile. Et quand elle arrive, elle est accompagnée de son amie très chère : la flemme. Pourtant, j’avais mis toute une « procédure » en place pour agir. « Inscription sur les listes électorales » écrit en énorme sur l’agenda. Sur le calendrier du téléphone portable. Sur le pense-bête du réfrigérateur. Sur les listes de courses de mon père. Sur les pupitres et les arbres… Pour me rassurer, je me dis qu’un jour, j’aurais le déclic. Probablement un jour où ma Mimiche (ma mère… pour ceux qui débarqueraient sur ce blog ! D’ailleurs, bienvenue ! Faites comme chez vous !) voudra me faire faire quelque chose de déplaisant. Comme vider la poubelle. Ou mon armoire. Ce qui selon elle reviendrait au même. Une poubelle. Mon armoire. Question de point de vue. Pour moi, une poubelle est un bac en plastique dont le couvercle est amovible grâce à un système de pédale. Ce qui n’est pas le cas de mon armoire qui détient des poignets. Et un grand miroir qui me permet d’observer ma magnificence de plein pied…

Stop la digression ! Remontons dans le temps. Mimiche qui me demanderait de vider la poubelle ou d’aller acheter 6 bouteilles d’huile d’olive sans sac ni caddie. Moi qui lui annoncerais mon intention de me réinscrire sur les listes électorales. Mimiche qui ne pourrait pas être insensible à ma volonté d’exercer mes droits de citoyenne responsable. Ouais.

… Tout ça pour dire que dimanche, jour du Seigneur, j’ai fait le ménage. Le grand ménage. Ce qu’on appelle en France le ménage de printemps. Ce qu’on appelle chez les Zerbib Sépharades le ménage de Pâques. Car contrairement aux Chrétiens Catholiques qui se bâfrent de chocolats en forme d’œuf, de canard, de poule, de lapin et de cloche, pour les fêtes de Pâques, nous, les Zerbib Sépharades, faisons le ménage. Changeons de vaisselles. Nous souvenons de notre ancien état d’esclave et pour ce faire, nous démolissons le râtelier en mâchouillant du pain azyme tout plat et croustillant comme une galette Wasa. Galette Wasa ayant sur le système digestif de drôles d’effets. Disons, un effet similaire à l’absorption abusive de chewing-gums sans sucres bourrés d’aspartame. Je vous passe les détails. Car ce n’est pas le sujet du jour. Eh ben non !

Aujourd’hui, il va être question d’une découverte que j’ai faite en faisant le ménage. Comme quoi ! Bon. Le torchon à la main, j’ai eu l’occasion d’écarquiller les yeux. De faire un ovale de ma bouche. De farder mes joues de rose. J’ai fait une trouvaille à portée d’armoire. A portée de tiroirs. A portée de placards. A portée de tout ce qui rime avec –ar. A portée de tout ce qui rime avec –oir. Oui. Le torchon antistatique à la main (la main droite si vous voulez savoir. La gauche étant occupée à tenir le spray toxique…), j’ai trouvé, dans ma propre chambre, des objets. Jusque là rien d’anormal. Tout le monde possède des objets. Sauf que là, les objets en question étaient insolites. Encore une fois, beaucoup de gens en ont. Il suffit d’écouter un groupe de filles discuter dans un café pour se rendre compte qu’elles utilisent régulièrement des « objets insolites ». Et pas seulement pour amuser leurs neveux qui prennent le bain. Si vous voyez ce que je veux dire… Clin d’œil de connivence. J’espère que vous avez compris ce dont je viens de parler. Des objets qui ont l’air de rouge à lèvres mais qui n’en sont pas. Des rouges à lèvres qui vibrent comme des portables. Des rouges à lèvres à bâton en plastique. Nouveau clin d’œil de connivence. Normalement, la référence est claire. Si ce n’est pas le cas, tant pis. Tant pis car ce n’est pas de ces « objets insolites » dont je suis venue deviser aujourd’hui. Pourquoi ? (car je sais qu’un ou deux de mes amis viendront me poser la question… Bonjour messieurs !… Oui mes amis obsédés sont principalement de la gente masculine… Quel étonnement, n’est ce pas…) Parce que je n’en ai pas. Je vous le dis en toute transparence. Et je ne mens pas. Sincèrement. Sérieusement. Logiquement. Logiquement car j’habite chez mes parents. Je vous laisse imaginer la situation si mes parents tombaient par accident sur un de ces objets insolites.

Cécile, c’est quoi ce canard en plastique ? Il n’y a même pas de baignoire dans ta salle de bain !

 

Ma chérie, je me suis permise d’emprunter ton rouge à lèvres mais je ne comprends pas pourquoi il ne marque pas. Il a l’air en plastique…

 

… L’angoisse, pour résumer. Reprenons. Le torchon antistatique vert fluo à la main, j’ai trouvé un panel d’objets bizarres. Que je me souviens avoir acheté en conscience. Des objets qui font rire. En tout cas qui m’ont fait rire. Vous noterez en lisant la suite de cet article que j’ai une immense capacité à m’auto-amuser. De pas grand-chose qui plus est. Faisons une liste des objets trouvés lors de la séance de ménage dominicale quasi-archéologique.

Objet numéro 1 : un nez de clown

 

 

Posé sur le haut de mon meuble porte CD (car j’ai encore des CD). Acheté en janvier 2009 dans une boutique de jouets aux alentours de Châtelet les Halles. Je cherchais des stylos qui écrivent spécialement (sans baver) sur le tissu. En écrivant cette phrase, je me rends compte que l’achat des stylos est aussi étrange que celui du nez. J’explique donc. Les stylos me permettaient d’écrire sur une paire de Converse. J’ai créé ma première paire de Converse customisée. C’était un cadeau d’anniversaire. J’ai offert une paire de baskets pourrie par mes soins à une amie. Une paire originairement blanche immaculée devenue similaire à une fourgonnette de hippies sur la route de Woodstock. J’imagine que l’intention était « trop mignonne » voire « adorable » mais soyons réaliste : la paire de Converse offerte était immettable. D’ailleurs, j’ai jamais vu mon amie les porter. Elles sont probablement planquées dans un placard. Au fond. Sous toutes les autres paires de chaussures. Mettables quant à elles.

Euh… Alors. Le nez de clown. Aucune explication valable. Je suis passée devant. J’ai regardé le prix. 1,5€. Pas cher. Moins cher qu’une canette de Coca-Cola dans un distributeur Selecta. Oui c’est le raisonnement que j’ai eu lorsque je suis passée en caisse. Bizarre tout de même. Surtout que lorsque je suis rentrée chez moi, je l’ai caché. J’ai réalisé que si Mimiche me demandait ce que j’avais acheté, j’aurais eu honte de lui dire : « Un pull, des chaussettes, des feutres pour écrire sur le tissu, un soutien-gorge et un nez de clown… ». Normal, me direz-vous. Puis, un jour, Mimiche a été triste. Car son patron l’embêtait. Car le chauffeur de bus l’avait embêté. Car nous l’embêtions un peu aussi. Comme d’habitude, je misais sur de bonnes blagues. De jolies histoires. De belles grimaces. Rien n’y faisait. Mimiche restait abattue. Un peu découragée, je suis allée dans ma chambre pour trouver une parade. Je jetais un coup d’œil circulaire sur la pile d’imondis s’accumulant sur ma table de nuit lorsqu’une tâche rouge s’imposa à mon regard. Et s’apposa sur mon nez irrégulier. Un coup d’œil dans le miroir. Un sourire. Je suis retournée dans le salon et pris un air détaché pour entamer une conversation sérieuse avec Mimiche. Elle me fixa. Hocha la tête comme pour dire non. Sa bouche s’entrouvrit, montrant ses dents. Puis le soleil brilla de nouveau.

Objets numéro 2 et 3 : un pistolet et un couteau de chasse en plastique

 

Achetés en 2006 lorsque je faisais la comédienne semi-professionnelle. J’étais de l’école Actor’s studio et j’avais décidé de jouer un rôle de tueuse à gages. J’avais donc acheté la panoplie de Rambo pour comprendre le sentiment de puissance que peut donner une arme dangereuse. Démarche inquiétante pour une personne normale, j’en conviens. Moi j’étais comédienne. Et une comédienne (comme un comédien), ce n’est pas quelqu’un de normal. C’est quelqu’un qui aime être sur scène. J’ai découvert bien trop tard que ce n’était pas vraiment mon cas. Je fais bien mieux le pitre et mon show derrière un écran ou derrière une feuille. Derrière quelque chose. En tout cas, à cette époque, je mouillais la chemise (et même mes autres vêtements) pour être au top. Devenir la meilleure tueuse à gages de pacotille. J’ai même appris à me servir (en vrai) de mes (fausses) armes. J’ai été au stand de tirs. Et si vous voulez savoir, j’ai plutôt le compas dans l’œil. Si vous me laissez un Revolver à l’ancienne dans les mains et que vous m’avez volé mon pain au chocolat du goûter, il est évident que je ne vais pas vous rater. Pour information.

Mais où se trouvaient-ils dans ma chambre ? Le pistolet dans une pile de pulls d’une autre époque. Le couteau dans le tiroir de ma table de nuit. Ce qui me fait rire dans ces objets ne sont pas les objets en tant que tels. Ce sont leurs emplacements dans ma chambre. Ils étaient cachés comme s’ils étaient en usage. Comme s’ils étaient vraiment nuisibles. Comme si j’étais vraiment une tueuse à gages. Comme si je les cachais pour que ma famille ne soit pas au courant de mes activités. Sauf que ce n’est pas le cas. Je les avais oubliés. Je les avais dissimulés à l’époque de ma folie théâtrale. Lorsque j’ai tout arrêté, je n’ai plus pensé à eux. Je les avais effacés de ma mémoire. C’est le torchon antistatique vert fluo imbibé de poussières à la main que je les ai fait revivre. En vidant mon armoire. En retournant mon tiroir. A leur vision, j’ai ri. Je les ai repris en main. Et dans ma tête, mon corps, mes mains, des années de jeu qui remontaient à la surface. J’ai ri. Avec des larmes de jolis souvenirs aux bords des yeux. Les ai nettoyés. Les ai regardés. Les ai jetés dans mon grand sac poubelle noir. Les ai observés au fond du trou. Ces bouts de plastique ridicules. Ces bouts de plastique ridicules que je n’ai pas pu laisser là. Ces bouts de plastique ridicules que je n’ai pas pu me résoudre à sortir de ma vie. Ces bouts de plastique ridicules que j’ai remis à leurs places désormais permanentes. Vous le savez donc à présent : je suis armée contre l’adversité.

Objet numéro 4 : une flûte à bec

 

Flûte sans âge. Flûte sans particularité. Flûte comme on en voit dans tous les cours de musique de collège. Cours de musique où il est devenu rituel de sauter à pieds joints (et en groupe) sur l’hymne à la joie ou des chants de Noël traditionnels. Ma flûte à bec ressemble à toutes les autres flûtes à bec. Elle est très laide. Elle a le bec vérolé. Attaquée par le contact de mes dents fortes et débordant de calcium. Attention, gimmick : Mais où se trouvait-elle dans ma chambre ? Dans mon sac à dos d’université planqué en haut de mon armoire. Non, je ne faisais pas partie de l’orchestre de la faculté. J’ignore s’il y en avait un d’ailleurs. Je n’ai jamais été très impliquée dans la vie étudiante. Bref. Quoiqu’il en soit, ma flûte à bec était dans mon sac de cours. Pendant 2 ans, elle ne l’a pas quitté. Vraiment. Je me promenais toute la sainte journée dans mon établissement avec une flûte à bec. Et j’y jouais. Mal. Toujours le même morceau. La Lettre à Elise. Dont je ne connaissais que les 8 ou 9 premières notes. Rien d’autre. 8 ou 9 notes que je n’ai jamais réussies à jouer juste qui plus est. Je ne peux pas m’expliquer pourquoi j’aimais tellement avoir cet objet avec moi. Petite aparté pour mes 2 ou 3 amis obsédés qui me lisent : non messieurs, je ne pense pas que cela ait à voir avec la forme phallique de l’objet. C’est dit. Même si je sais pertinemment qu’ils ne me croiront absolument pas et se marreront en spasmes silencieux devant leurs écrans. Peu importe. Personnellement, je crois que ma flûte était une manière de me singulariser. J’étais en fac de cinéma. Et en fac de cinéma, on se doit d’être spécial. D’avoir quelque chose de particulier. De proposer « quelque chose au monde ». Ce qui explique la quantité de films horrifiant de prétention qui en sortent. A la fac de cinéma, on avait le choix entre :

–          Avoir du talent pour écrire et/ou réaliser des films

–          Etre un rebelle qui claque la porte du cours en traitant tout le monde d’abrutis

–          Faire partie d’un club ou d’un groupe agissant pour l’établissement

–          Intégrer une émission de téléréalité (oui j’ai eu un camarade staracademycien. Oui, nous nous sommes beaucoup moqués de lui. Oui, nous étions de jeunes connards/-asses…)

–          Faire le pitre à la récréation… Et c’est ce que j’ai choisi. La flûte étant mon arme semant la fausse note et la discorde.

… Ce que j’en ai fait ? Mon torchon antistatique vert fluo imbibé de poussière et me faisant tousser comme Emma Bovary sur son lit de mort, et moi, l’avons changé de lieu de vie. Elle trône désormais sur le piano. Les instruments avec les instruments. Logique. Et surtout, ils sont assortis. Noir sur noir vernis, c’est charmant. J’aime beaucoup.

Objets numéro 5 et 6 : un kit de déguisement de fée

… Ben je n’ai plus beaucoup de temps pour développer. Retour du gimmick ! Mais où se trouvait-il dans la chambre ? Dans le placard où sont entreposés mes vestes et manteaux. Sur cintre. Pour ne rien abîmer. Pour résumer : j’apprécie l’art du déguisement. A la moindre occasion, je me déguise. D’aucuns diraient qu’il s’agit là de mon péché mignon et je ne les contredirai pas. Ce que j’adore le plus, ce sont les déguisements « concept ». Je m’explique. Par exemple : ces deux accessoires constituaient une panoplie de « trentenaire déguisée en petite fille déguisée en fée ». En gros, une célibataire sans enfant qui en rêve en secret et tentant de se convaincre qu’elle n’en a pas envie en prétendant ne pas vouloir grandir. Une trentenaire qui transforme son appartement en piège à garçons prêts à les engrosser. Une trentenaire qui use de la bougie au caramel. Une trentenaire qui se fait des salades pour alléger sa conscience de « grosse en devenir » et se gavant de Shokobons du matin jusqu’au soir. Une trentenaire qui ne va qu’une semaine sur deux à son cours de gym… Je vous avais prévenue. Déguisement concept.

… Voilà ce que moi et mon torchon vert fluo avons trouvé sur le chemin de la chasse à la saleté annuelle. Et je m’arrêterai ici pour aujourd’hui. Je vous souhaite un merveilleux week-end. Vous recommande de prendre l’air maintenant que le ménage est fait. Vous embrasse bien fort car un peu de contact ne fait jamais de mal. Et peut même rendre désirable en certaines circonstances. Tentez votre chance !

A bientôt les gens ! A mercredi !

C.P.A.

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