Je cherche un appartement dans le Louvre

Bonjour les gens !

… « Déjà mercredi ! » me dis-je ce matin lorsque je constatais, impuissante, sans ressource et pleine d’embarras, que mon carnet ne contenait que ses lignes régulières… vides.  Sans mots lourdement installés dessus. Comme dans un hamac. Sans mots répétés en allitération et résonnant comme dans une pièce trop grande et sans mobilier. Sans mots rieurs se balançant les uns contre les autres sans peur. Sans la grande peur. Sans ma grande peur. La peur de « la nacelle qui se décroche ». Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé. De ma peur de la nacelle qui se décroche. Peur qui m’empêche de faire de la balançoire. Même pour rire. Même 20 secondes. Peur qui m’encombre les bronches lorsque je passe sous un manège dans une fête foraine. Peur de la nacelle qui se décroche. Une nacelle qui cèderait sans crier gare. Fragilisée par les ans. Par les poids des fesses s’additionnant les unes aux autres. Par la rouille s’accumulant sur les chaînes de métal. Par les vis qui sortent de leurs gonds en silence. Et puis le drame terrible. Heure de pointe. Heure où tous les enfants veulent « faire du manège ». Heure où tous leurs parents les traînent pour qu’ils « ne fassent pas du manège ». La nacelle qui se décroche. Dans un craquement. Entraînant hurlements. Etincelles. Crissements insupportables. Du sang partout. Des sirènes de pompier hystériques. Des gyrophares bariolés et clignotant comme des guirlandes de Noël.

… Tout ça… Pour ne rien dire du tout. Je n’ai pas pu préparer cet article car hier soir, je devais finir mon livre. Un livre plutôt terrible. Terrible dans le sens « cool et sympa » du terme. De toutes manières, même si cela n’avait pas été le cas, je me serais fait une règle de le terminer. D’autant que, dans le cas présent, il ne me restait que 20 pages. 20 pages, quand on en a lu 370, ce n’est pas grand-chose.  Et surtout, je ne me voyais pas caler à deux doigts d’avaler les dernières miettes du gâteau. Question de principe. Même si un livre m’ennuie à mourir, je dois le finir. Je DOIS finir. Pourquoi ? Pour pouvoir dire si je l’ai lu… Ou pas. Avec certitude. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être  pour avoir l’assurance de quelque chose. Peut-être pour pouvoir dire que je ne parle que de ce que je connais. Peut-être parce que j’estime qu’un livre abandonné a le même statut qu’un ouvrage qu’on n’aurait pas ouvert. Peut-être. Peut-être que cela n’a pas d’importance. Cela n’a pas d’importance.

… Surtout que ce n’est pas la question du jour. Aujourd’hui, je voulais juste vous montrer mes photographies du week-end. Week-end de 3 jours oblige, je me suis beaucoup promenée dans Paris. En l’occurrence, au Louvre. La résidence secondaire de ma sœur. Nous avons été voir une exposition sur Méroé. Cité antique située dans l’actuel Soudan et qui a connu plein d’influences : grecques, égyptiennes, africaines et… c’est tout. Déjà pas mal. Presque mieux que la Soul Music. Bref. Méroé était une cité formidable où les gens croyaient en des tonnes de dieux en forme d’animaux et de femmes à gros seins. Une cité vraiment à la pointe en matière de poterie de bonne qualité. En tout cas, d’un rapport qualité/prix raisonnable. Et cela ! Ce n’était pas monnaie courante à l’époque. Une cité où les boucles d’oreilles étaient grosses comme des pins’s Total. Une cité où sur les murs, étaient peints des éléphants avec des palmes et des Dionysos avec des bonnets phrygiens. Une cité exquise où il faisait bon vivre. A priori.

… Pas de photographies de l’exposition. Interdit de prendre des photos. Des croquemorts sont cachés dans tous les coins pour le rappeler à ceux qui tenteraient de détourner la règle. Moi je suis obéissante. J’ai fait faire la sieste à mon appareil Barney. Pour lui éviter la frustration. Il n’a pas besoin de cela. Il est déjà laid comme pas deux. Pas la peine d’en rajouter…

… L’exposition terminée, avec la sœurette, nous avons erré dans le Louvre. Et c’est un bien beau lieu. C’est là qu’interviennent les photographies. J’espère que cela va vous plaire.

Des anges en granit…


… Ou en marbre. Ou en béton. Ou en autre chose. Je ne suis pas experte en bâtiment. Sinon, je porterais un casque jaune (ou orange) et un plan qui m’obligerait à ouvrir les bras en V. Ce n’est pas le cas. Donc peu importe la matière. C’est juste beau.

J’ai tout mangé le chocolat


En voilà un qui s’est bien pourri. Une belle statue blanche pleine de majesté, couverte de résidus marrons suspects, cela me rend triste. Je l’ai regardée de près. Aucune explication rationnelle. Deux me viennent en tête. Un abus de Nutella. Oui, pourquoi pas. Ou, et cela me semble (bizarrement) plus probable, le petit a eu un accident avec un gobelet de Coca-Cola MacDonald’s de 50cl en regardant Vendredi 13 avec ses copains dans le dos de sa mère.

… Troisième hypothèse apportée par ma sœurette : l’usure du temps. Plus réaliste certes. Mais mortellement ennuyeuse.

Le dernier arrivé est une tafiole


Joli hein ? Surtout un de mes moments de bêtise crasse le plus humiliant de ma vie. Contexte. Je me promène parmi les statues. Je vois celle-ci de loin. Je zoome jusqu’à la moelle. Et là, miracle de Noël : je suis contente de ma photo, du premier coup. Je la montre à ma sœur qui s’est assise à côté d’une bande d’étudiants en arts laids comme des coudes. Car ce n’est pas très joli un coude si on l’isole du reste du corps humain. Je vous assure… Reprenons. Je mets l’écran numérique de mon appareil Barney sous le nez de ma sœur et lui dis d’un air inspiré : « Regarde, c’est marrant, ils ont l’air de se courir après ». Elle me fixe. Laisse échapper un méchant rire d’étudiante en arts laide comme un coude (sauf qu’elle, est jolie… Cette mégère…). Et me sort un tonitruant : « Normal. Ils se courent après… ». « La course » aurait même été le sujet de l’œuvre. Il suffisait de lire le titre sur le socle. Tout simplement. J’ai remarqué que les petits coudes à carton à dessins s’étaient retournés et gloussaient. Autant qu’un coude puisse glousser, s’entend… Et j’ai eu honte. Forcément.

Le pendant négatif de l’Ange de la Bastille


… Titre se justifiant par le fait que l’objet ressemble à l’ange de la Bastille. Mais dans le noir. Donc version « Dark Side ». En mode « Côté obscur de la Force ». Voilà. Oui c’est tout ! Hop photo suivante !

Le lustre Bling-bling


… Et puis à un moment donné, nous nous sommes perdues et nous sommes retrouvées dans les appartements de Napoléon. Parquet en chêne. Lustres en or et cristal. Tentures en soie de Chine. Je marchais dans les lieux comme si je visitais un appartement. Les mains dans le dos. Le nez en l’air. A deux doigts de passer le doigt sur les meubles pour vérifier que les anciens propriétaires faisaient bien le ménage. Moi tellement narcissique que je me mets à trouver le lieu d’un affreux mauvais goût. Trop brillant. Trop chargé en meubles. En rideaux. En or. En argent. En fleurs. En lys. En velours. Atmosphère étouffante. Presque angoisse. Moi tellement égocentrique que je ne parviens pas à regarder autour de moi en prenant de la distance. En remettant en contexte. En prenant les tendances en compte. En oubliant que Napoléon était un empereur. Et que par conséquent, il fallait que son lieu de vie inspire la même impression qu’un kit Rolex-Bentley-Vacances à Saint-Barth’ à présent. Lors de mon errance, je me dis que le volume est superbe mais qu’en l’état, je ne me vois pas vivre dedans. Impossible. Trop de travaux.

Quoiqu’il en soit, j’ai fait une offre. J’attends des retours. Apparemment, nous sommes quelques-uns sur le coup. Je ne perds pas espoir.

… Bon, ben cela sera tout. Pour expliquer le vide intersidéral de cet article, je vous donne rendez-vous vendredi pour vous parler du concept de la « journée de merde ». En attendant, portez vous bien et aimez la vie. Car cela rend désirable. Il parait.

A bientôt les gens ! A vendredi !

C.P.A.

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