Gros week-end et monde à la sauce Zerbib

Bonjour les gens !

Ça y est.

C’est le week-end. Le gros week-end.

Celui qui surcharge les routes.

Celui qui fait sortir les caravanes.

Celui qui donne l’occasion d’aérer la maison de famille inchauffable dans le Vercors.

Celui qui vide les bureaux des administrations de ses employés pendant deux semaines.

Celui qui rend l’achat de la baguette de pain du dimanche matin plus épique que la recherche d’un bidon d’huile de moteur dans une épicerie italienne.

Celui qui rime avec le ménage qu’on prévoit de faire depuis un mois mais qu’on ne fera évidemment pas.

Celui qui fait perdre à certains messieurs le chemin de la douche.

Celui qui provoque l’irrépressible envie d’aller voir les films, les musées et les expositions que tout le monde a l’irrépressible envie de voir.

Celui qui donne le temps de se raser les jambes.

Celui qui rend la semaine suivante plus difficile que la précédente, en fin de compte.

Celui qui développe les talents d’organisateurs de certains. Pique-niques. Visites. Promenades. Ballades en vélo près des rivières. Siestes dans les herbes hautes. Chasse aux papillons. Poursuite de petits oiseaux sifflotant. Inspection de la flore avec des loupes qui font des gros yeux. Photographies avec des amis en bras de chemise. Pêches à la ligne sur les bords de Marne. Flottaisons paisibles sur des barques du bois de Vincennes. Joggings de groupe. Respirations collectives. Inspirations. Expirations. Changements de chanson sur l’Ipod.  En rythme. En même temps. Chaque membre du groupe comme une particule. Qui écouterait We will rock you pour se donner du courage. De l’énergie. De la pomme de terre. De la frite. Ouais. Enfermements de spécimens animaliers dans des bocaux débordant de formol. Ou sous des vitres asséchantes. Pour aplatir. Pour faire d’un volume une surface plane à placer sur un des murs de la salle à manger. Pour faire joli. Pour donner l’impression d’avoir voyagé. Pour donner l’illusion d’avoir des hobbies singuliers. Drôle d’idée.

Celui qui rend le vendredi pré week-end insupportablement long. Ennuyeux. Fastidieux. Etouffant. Comme les dix dernières minutes d’une conférence de trois heures sur les points séparant fondamentalement les notions de mythe et d’épopée. Sujet qui, dans l’absolu, est d’un intérêt certain. S’il est traité par une personne qui ne ponctue pas toutes ses phrases de râles glaireux aussi nombreux que des secondes dans une minute. Histoire vraie. Je me souviens d’ailleurs que ce jour-là, avec mes camarades d’infortune, nous nous étions livrés à un petit jeu de patience. Non, nous n’avons pas compté les râles. Nous avons seulement commencé à le faire. Puis, au bout de quelques minutes, le compte en était déjà à 87. Ce qui nous a découragés. Nous sommes donc passés à autre chose. La composition de noms communs avec mon nom de famille. Petit amusement qui nous a fait supporter tout le reste de la séance. Sans plainte. Mais avec beaucoup de rires étouffés dans les manches. Les mains. Les blocs-notes. Les trousses. Les sacs à dos. Sous les tables. Partout où il était possible de cacher une joie de vivre inappropriée. Quelques exemples ? Allons-y.

Un praticien de la discipline Zerbib s’appellerait un zerbiberon.

Une ligne de transport super performante, jamais en panne, jamais en grève, jamais en train de ramasser les morceaux d’un malheureux ayant lu trop de romans de Chateaubriand, serait nommée la Zerbus.

Un mannequin aux proportions, visage et cheveux parfaitement électroniques ferait la promotion des articles Zerbibeauté. Parce qu’elle le vaudrait bien. Ou pas.

Les Iphones, les Nexus, les Nokia 3310 et son serpent noir sur fond vert seraient complètement dépassés par l’avance technologique du Zerbibophone.

Les jeunes parents raconteront à leurs enfants ensommeillés les aventures de Zerbibabar.

Tous les évènements historiques et géopolitiques existant auraient été répertoriés dans une zerbibliographie. Zerbibliographie précieusement rangée sur une étagère d’une zerbibliothèque. Une zerbibliothèque qui aurait cela de notable qu’on ne pourrait pas s’y rendre sans un code vestimentaire particulier. Les visiteurs devraient porter des zerbibaskets de bon goût.

Tous bricoleurs qui se respectent transporteraient ses outils dans une zerbibrouette.

Sur les plages, chaque enfant se bousculerait pour jouer au zerbiballon.

Les jeunes femmes en surpoids ne se sépareraient jamais de leurs zerbibouteille d’eau.

Les voyageurs en avion auraient le droit de transporter plus de 25 kilos de zerbibagages.

L’accessoire à la mode deviendrait le zerbibracelet.

Pour Noël, on verrait une explosion des ventes des zerbibalançoires ainsi que des zerbibilboquets. Une vraie folie. Des ruées dans les magasins et les zerbiboutiques. Autant que devant l’Opéra Bastille où la queue serait interminable pour prendre billets pour un zerbiballet à la mode. Mais l’attente ne serait pas importante. Du moment  qu’elle ne se subisse pas seul. Du moment qu’on ait un amoureux à portée de main, à portée de bouche pour échanger avec lui des zerbibisous. Des zerbibécots. A défaut d’un amoureux, avoir un ami avec soi pourrait également être indiqué. Pour lui raconter des zerbiblagues. Ou d’autres choses. Pour lui proposer un zerbibowling. Un zerbibillard.

Etcetera. Etcetera. Je pense que maintenant vous comprenez dans quelle mesure cette conférence a pu être douloureuse.

Tout ça pour dire quoi ? Pour ne rien dire. Comme d’habitude. Je ne vois pas pourquoi cela changerait. Nous ne sommes pas à l’heure des grandes résolutions du Nouvel An. Absolument pas. Enfin, je ne crois pas. Aparté : je regarde mon Iphone jaune. Je suis rassurée. Nous ne sommes pas à la fin du mois de décembre 2010. Pas de faille spatio-temporelle. Ou de dérèglement intempestif de l’horloge.

Oui, aujourd’hui, je voulais juste passer en coup de vent. Pour vous souhaiter un bon week-end. Pour vous envoyer un bisou collectif (c’est un énorme zerbibaiser donc on ne s’affole pas, il y en aura pour tout le monde !). Pour vous dire que je vous apprécie beaucoup. Car vous êtes de plus en plus nombreux à me lire. Et que cela m’installe une station de chauffage électrique dans le cœur. Voire une série de panneaux solaires lorsqu’il y a des commentaires. Voilà. C’est dit.

A bientôt mes gens désirables ! A mercredi prochain !

C.P.A.

2 Réponses to “Gros week-end et monde à la sauce Zerbib”

  1. marc o Says:

    Pourquoi pas des zerbibillets pour le zerbiballet?
    Je forwarde à d’autres membres de la famille Zerbib, des cousins éloignés, forcément, une autre branche du clan🙂

    • On peut le dire alors : LES ZERBIB SONT PARTOUT.
      Comme Google, ils veulent conquérir le monde.

      Merci de ton commentaire cher Marco et à… Demain pour de nouvelles aventures par accident!🙂

      CPA

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