Deauville x 3

Bonjour les gens !

Article commencé le mardi 25 mai 2010 à 22h22. Heure bizarre. Heure d’un enchaînement d’évènements violents. Dans ma rue. A Saint-Maur-des-Fossés. Rue où il ne se passe jamais rien. Rien de dangereux. Rien de drôle. Rien de vraiment intéressant. Rien que de la vie de banlieue. Rien que des errements de retraités de retour d’un marché biologique. Rien que des voitures garées dans des parkings privés en attendant les futures heures d’embouteillages du lendemain. Rien que moi et tout ceux qui me ressemblent. Rentrent du boulot. Préparent à manger. Regardent des films. Parlent à leurs familles. Traînent leurs savates sur les voies invisibles tracées par Google, Facebook et Twitter. Lisent des livres. Des magazines. Des journaux de la veille. Des catalogues de vêtements. De meubles. De décoration. Et d’objets en promotion. Changent de vêtements. Se fourrent dans leurs lits. Eteignent leurs lumières. Débranchent leurs yeux, leurs têtes et leurs cœurs de la réalité. Pour aller respirer ailleurs.

22h22. Heure terrible de ma rue habituellement d’égale humeur. 22h22. 2+2 = 4. 4 x 2 = 8. Et alors ? Alors, rien. Je ne connais strictement rien en numérologie. En fait. Je ne sais pas pourquoi je pose cette opération. Peut-être pour vous prouver que je sais compter. Au moins jusqu’à 8.

22h22. Heure fatale où un chat de gouttière a tenté un saut de mon balcon pour s’écraser sur la véranda de ma voisine du dessous. Craquement intense. Hurlements. Souffrance. Moi qui le regarde, la main sur la bouche. Le souffle coupé. Tétanisée. Voisine du dessous qui sort de chez elle. Pousse un cri. Fait demi-tour. Pousse un nouveau cri. Voisine du dessous qui a un mari cardiaque. Mari cardiaque qui n’a pas bien supporté le choc de l’animal. Qui se tient la poitrine. Ne peut plus respirer. Voisine du dessous qui hurle sur les pompiers. Pour qu’ils arrivent plus vite que leur camion. Pompiers qui débarquent 10 minutes plus tard. Tout en gyrophare. Tout en rouge. Tout en bleu. Pompiers qui descendent du bâtiment rouge criard comme un escadron d’élite attaquant le Vietnam. Pompiers qui ficellent le voisin cardiaque sur une planche à roulettes. Un skateboard amélioré bien que beaucoup moins ergonomique. Pompiers qui ramassent l’animal charbon, miaulant comme un enfant de 3 ans qui aurait fait tomber sa glace dans le sable, à la balayette. Pompiers qui repartent en boulet de canon vers la voie de droite prioritaire. Ce qui les empêche d’éviter le jeune imbécile à vélo qui, pour le défi, a décidé de rouler sans les mains et les yeux fermés. Pompiers épuisés et remplis d’émotions, aspirant le jeune imbécile à la paille.

22h22. mardi 25 mai 2010. Un chat. Un voisin cardiaque. Des pompiers maladroits. Un vélo cycliste au QI de coléoptère.

Bref. Voilà ce qu’il s’est passé avant que je puisse me mettre à écrire mon article de demain. Enfin de mercredi. D’aujourd’hui donc. Compliqué tout ça. Hum. Ouais. Reprenons. Aujourd’hui, je voulais vous faire partager des images prises ce week-end. A Deauville. Station balnéaire du Zerbib Sépharade en goguette. En villégiature. Le Zerbib Sépharade qui va à la plage. Le Zerbib Sépharade qui mange une glace. Le Zerbib Sépharade qui boit un Coca-Cola Light sur une terrasse. Le Zerbib Sépharade qui rentabilise son voyage en voiture en bronzant au maximum de ses capacités. Prêt à brûler. Prêt à cloquer. Prêt à rougeoyer. Le Zerbib Sépharade qui fait du jet-ski pour se faire prendre en photographie dessus. Le Zerbib Sépharade qui, lorsqu’il se déplace avec des enfants en bas âge, apporte sa glacière bleue remplie de sandwichs à la charcuterie. De chips. De fruits. De boissons. De bonbons. De gâteaux. Le Zerbib Sépharade qui a apporté son costume de fête pour entrer au Casino de Trouville. Au Casino de Deauville. Dépenser en une heure une semaine de travail. Gagner en une heure une semaine de travail. Question de chance. En fin de compte.

C’était mon premier week-end à Deauville. J’y ai été avec mon appareil photo Barney, pendu de toute sa lourdeur autour de mon cou. J’ai pris des centaines de clichés. Pour tenter de capter ma vision personnelle de la ville. En mettant de côté mes prédispositions Zerbib Sépharades. Et, pour résumer, je dirais que je suis parvenue à concevoir cette ville de trois manières différentes. Les voici :

Conception n°1 : Deauville imite les cartes postales


Le pays de la Mouette

Dans l’ordre logique. Une mouette toute seule. 4 mouettes bien rangées. Puis un troupeau de mouettes mangeant du bébé poisson. Pour information, la première photo m’a valu un regard noir d’un couple d’anglais incontestablement francophone. Incontestablement francophone car ils se sont retournés lorsque j’ai dit que l’homme avait le crâne fait en miettes de pain au chocolat. Un crâne tacheté. Un crâne saupoudré de croûtes probablement craquantes. Souffletées par la brise marine. Ecœurantes. Dégoûtantes. Beurk.

Maman les petits bateaux…

Qui dit mer, dit port. Qui dit port, dit bateaux. Qui dit bateaux, dit photographies de bateaux. Et… Voilà. Rien à ajouter.

Trouville / Deauville : Rive droite / Rive gauche

Ma sœur pense que le rapport Trouville / Deauville est le même que celui Rive Droite / Rive Gauche à Paris. Car il suffit de traverser un pont pour passer de l’une à l’autre. Oui, c’est tout le principe d’un pont et de deux rives. Cela dit, ne connaissant pas de manière approfondie ces deux villes normandes, je ne saurais dire laquelle correspond à la Rive Droite ou à la Rive Gauche. Trouville, Châtelet les Halles ? Deauville, Saint-Germain-des-Prés ? Trouville, Hôtel de Ville ? Deauville, Saint-Michel ? Je ne sais pas.

Le cerf-volant

Jeu dont je n’ai jamais vraiment bien compris l’intérêt. Néanmoins, la vue est jolie. C’est peut-être une raison suffisante pour le pratiquer… Non ?

On a (un peu) raté le coucher de soleil

Pas besoin de commentaire supplémentaire. Je crois que tout est dit dans le titre…

Conception n°2 : Deauville, ville des interdits…

Petite liste des interdictions croisées en 2 heures de promenade. J’ai été étonnée de constater que les gens avaient tout de même le droit d’être là. De respirer. De parler au volume de leur choix. De marcher à la vitesse qui leur convenait le mieux. De faire des pauses en cas de fatigue. D’avaler leurs salives respectives. De tousser en cas d’angine non virale.

Toi descendre de ton tricycle

Toi pas entrer si toi pas livraison

Toi pas fumer

Toi pas garer ta charrette

Toi pas passer

Toi pas pécher sur le ponton

A disposition de la « charmante clientèle » (je cite la voix de la plage qui annonce toutes les 5 minutes les noms des enfants que les parents ont tenté d’abandonner pour aller faire des siestes à plusieurs dans des SPA de luxe…), un panneau suintant la ville de bord de mer, c’est-à-dire composé d’une police bleue sur fond blanc, puis un autre plus « old school », très proche physiquement des signalétiques des arrêts de bus. Libre à vous de préférer celui que vous voulez mais quoiqu’il en soit, cela ne changera rien, vous n’aurez toujours pas le droit de pêcher sur le ponton… Parce que… Parce que c’est comme ça.

Toi pas pique-niquer sur la plage – Toi abandonner ton clébard sur une aire de repos avant d’arriver ici

Toi pas venir avec ta monture

Conception n°3 : Deauville « par accident »

Eclats d’eau

Un accident photographique que je trouve bizarrement heureux. Ce sont les éclats du soleil sur la mer. A midi. On se croirait en pleine nuit. On se croirait dans le ciel. On croirait des étoiles. Mais non. Ce sont les éclats du soleil sur la mer. A midi.

La vieille crêpière

En voilà une qui ne parviendra jamais à me vendre une crêpe. Jamais. Parce qu’elle ne m’inspire pas confiance. Je l’imagine bien essayant de me placer une crêpe au cyanure. Oui, j’ai peur des vieilles. Peur des vieilles qui veulent me faire manger. Me faire manger des sucreries. Des plats en sauce. Des légumes. Des fruits. Surtout des pommes. Ai probablement trop regardé Blanche-Neige entre 3 et 7 ans. Cocoon entre 8 et 12 ans. Tatie Danielle entre 12 et 15 ans. Benjamin Button entre 25 et 27 ans.


Plage des riches – Plage des pauvres

Je ne commenterai pas cette photographie parce que j’ai honte de mon cynisme à la manque. Pas de surveillance de baignade, plage des pauvres. Surveillance de baignade, plage des riches. Ce n’est même pas drôle d’ailleurs. Je la publie tout de même car je suis prête à reconnaître mes travers devant mes chers, tendres et fidèles lecteurs.

Le pouce dans le sable

A la plage, j’ai joué aux Experts. J’ai enterré, découvert et déterré des morceaux de mon propre corps. Je me suis beaucoup amusée pendant que ma sœur dormait la bouche ouverte en écoutant des vieux tubes des années 90. Il ne manquait qu’un seau, un râteau et une pelle pour que la joie de vivre atteigne son paroxysme dans mon cœur.

Les photographies d’étudiant en art

Des ponts. Des poutres. Des nœuds. Des échelles. Des chaînes. Du bois. De l’acier. De l’eau. De la corde. On mélange tout ça. On secoue. On secoue bien fort. A en entendre des cliquetis aigus, graves, lourds et légers. On laisse reposer. On attend 5 minutes. Ce qui laisse le temps de se faire un œuf dur ou au plat. Par contre, pour l’œuf au plat, il faudrait que le pain soit d’ores et déjà acheté. Sinon, 5 minutes de préparation supplémentaires seraient nécessaires. 5 minutes passent. On regarde. Et qu’est ce qu’on voit ? Trois photographies sans rime ni raison. Auquel le noir et blanc confère un prestige artistique arnaqueur. Mais je les aime quand même.

… Et, cela sera tout pour moi. J’espère que cette petite incursion normande vous a plu et encouragé à vous y rendre pour y manger des glaces sur la plage, y boire du Coca-Cola Light en terrasse, y bronzer jusqu’à la brûlure au 3ème degré, y jouer votre paie au Casino, y faire du jet-ski pour être pris en photo dessus et d’autres choses inavouables comme d’y rater un très beau coucher de soleil entre amis… Je vous souhaite une excellente journée, vous envoie du bisou par cageot de 500 unités et ne peux vous imaginer plus désirables qu’aujourd’hui.

A bientôt les gens ! A vendredi !

C.P.A.

2 Réponses to “Deauville x 3”

  1. marc o Says:

    Les mouettes sont quand même les oiseaux les plus cools du monde… après les pingouins, bien entendu.

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