L’article rêvé par accident

Bonjour les gens !

Date : mercredi 30 juin 2010. Heure : 9h55. Lieu : mon bureau de production perché dans les hauteurs. Elevé dans les arbres. Caché par les feuilles vertes débordant de sève et de résine collant aux doigts. Mais surtout aux fenêtres.

… Vous l’avez compris. J’ai replongé. J’écris de nouveau pendant mes heures de travail. Ce qui n’est pas bien. Je m’en veux beaucoup. Néanmoins, aujourd’hui, je n’ai pas d’autres choix. Si j’agis comme une employée modèle, vous n’aurez pas d’article. Vous n’aurez rien à lire. Que dalle.

Enfin… Vous pourriez toujours vous rabattre sur les actualités. J’imagine qu’il y a de la nouvelle qui croque sous la dent. Comme tous les jours. Un tremblement de terre. Une bombe. Un attentat. Des revendications. Des manifestations. Des arrestations. Des matchs de football. Des vuvuzelas en chocolat. Des visites d’hommes politiques par monts et par vaux. Des poignées de main de bonshommes. Des sourires appuyés et tenus par des épingles. Des costumes Givenchy faits sur mesure. Des chaussures à talonnettes qui brillent. Sarkozy qui me fait de plus en plus penser à un troll malfaisant. Obama qui a la classe américaine et pourrait porter un costume tyrolien sans jamais frôler le ridicule. Sarkozy. Obama. Deux visions de la communication présidentielle. Pour prendre un équivalent cinématographique, je dirais qu’Obama est « Le Parrain » et Sarkozy « Le Grand Pardon ». Obama, Marlon Brando, Al Pacino. Sarkozy, Roger Hanin, Richard Berry. Obama, Francis Ford Coppola. Sarkozy, Alexandre Arcady. Disons que ce n’est pas le même standing. Obama. Sarkozy. Berlusconi, l’homme orange. L’homme qui tente de se rapprocher physiquement de Liza Minelli. Merkel. Merkel qui a une tête de professeur d’allemand au lycée Martin Luther King de Bussy Saint Georges. A peu de chose près, elle aurait pu en être. Merkel. Je ne sais pas pourquoi mais dès que son nom est prononcé, je me sens obligée de le répéter de cette manière : Merkel. La qualité Merkel.

Je dois avoir des tocs. Ou une maladie mentale plus grave. Peu importe, après tout, je fais extrêmement bien illusion en société. C’est le principal. Paraît-il. Bachelot. Borloo. Tournedos. Maginot. Ohé ohé matelot. Matelot navigue sur les flots… Euh… Il semblerait que je me sois perdue en conjoncture. Reprenons. L’actualité. Obama. Pacino. Arcady. Sarkozy. La qualité Merkel. Bussy-Saint-Georges. Liza Minelli. Et toute la bande à Basile. Et toute la bande à Baader. Et toute la bande à Bonnot. Toutes disciplines confondues. Avec tout ça, il y a de quoi s’occuper.

Mais non. Je viens à vous. Parce que je vous ai promis. Parce que j’ai juré d’être là tous les mercredis. J’en ai même craché sur le mur de mon blog. Ce qui n’est pas bien hygiénique, j’en conviens, mais permet de prouver ma bonne foi. Je viens à vous en dépit de l’urgence de mon écriture, ma peur de me faire surprendre par le patronat. La terreur d’être renvoyée. D’être mise à la porte avec mon carton d’affaires. Comme dans les films américains. Avec ma plante verte sous le bras. Avec mon bocal et mon poisson rouge. Que j’aurais appelé Stella. Ou Kimberley. Ou Yvonne. Un nom de nana. Un nom de gonzesse. Je l’aurais nommée ainsi pour me sentir moins seule dans ma condition de femme. Parce que je suis entourée de messieurs. Toute la journée. De leur odeur d’après rasage. De transpiration. De sac de sport. De chaussettes. D’humidité. De poils. De tee-shirt porté deux jours de suite parce qu’ « il ne sentait pas mauvais ». Idem pour le calbute. Pour le fute. Et tout ce qui rime en –ute. Parfum d’homme naturel, sans muscle, sans gel et sans coupe de cheveux parfaite dont on ne peut ni dire qu’il est agréable ni qu’il ne l’est pas. Juste une vague transparente et flottante qui s’impose dans l’air. Comme les moustiques en Camargue. L’eau et le fioul dans la mer. Les types lourds et pauvres en humour dans les boîtes de nuit. Des mots sans faute d’orthographe dans un dictionnaire Larousse.

Bref. Normalement, mon article aurait du être bon. J’avais une idée qui vous aurait plu. Dont je pense d’ailleurs faire mes choux gras la semaine prochaine. Quand je suis rentrée hier soir dans ma maison zerbibienne, j’étais très motivée. J’avais le feu sacré. Je me suis jetée sur mon ordinateur comme la misère sur le pauvre monde. J’ai ouvert mes logiciels. Mes machins. Mes trucs. Mes photos. Tout. J’étais prête…

Et c’est à ce moment là que Mimiche débarque. Elle veut que je prépare des salades. Tout de suite. Maintenant. Alors que je m’apprête à lancer mon bonjour hebdomadaire sur la Toile. Je tente une négociation. Demande une demi-heure. Refus catégorique. Un quart d’heure. Voix qui augmente sensiblement de volume. Ton qui devient légèrement désagréable. Emploi abusif de l’impératif. Je décide de céder face à la vindicte maternelle. Je traîne les pieds jusque dans la cuisine. Mes instruments sont prêts. Couteau affuté.  Passoire à trous. Légumes apeurés. Et moi. Le bourreau. Je me rends compte que j’aime beaucoup débiter les légumes en petits morceaux. A grande vitesse. Clac clac clac, dit le couteau à la planche. Rchouiiiiite, s’esclaffent les corps défaits des légumes glissant dans la passoire. Flap flap flap, résonnent les peaux des cadavres en tombant nonchalamment dans la poubelle. J’ai dégommé du monde. J’ai fini. Avec le sourire, je reprends le chemin de mon inspiration contrariée…

Et c’est à ce moment là que Mimiche revient. Elle veut que je lui explique comment fonctionne son portable. Pas le temps. Pas le temps. Pas envie. Je lui signale l’existence d’un livre peu ragoutant (j’en conviens tout à fait) qu’on appelle communément un mode d’emploi. Elle insiste. Je refuse. Elle me supplie avec des yeux d’enfant de 5 ans. C’est dégueulasse. Elle sait que je ne peux pas résister aux enfants suppliants. Je lui tourne le dos. Elle jette une nouvelle carte. Le reproche. Je bouche mes oreilles. Je ne dois pas rentrer dans le conflit sinon je sais fort bien qu’elle va gagner. Puis elle remet ça. La voix qui augmente de volume. Le ton qui devient franchement désagréable. L’emploi abusif de l’impératif. Encore une fois, je cède. Elle est contente. Me tend son portable imbécile pour le cours magistral. Comment mettre le réveil. Comment décrocher en cas de double appel. Comment valider l’envoi d’un SMS. Comment changer de sonnerie. Comment. Comment. Comment. Pourquoi. Pourquoi. Au bout d’une obèse demi-heure, j’ai fini. Soulagement. Je rampe sur le chemin de mon clavier impatient.

Et c’est à ce moment là que nous allons manger. Je me hâte. Tout va vite. Tout va bien. J’appelle l’heure bénie de mon blog à grands cris. Je débarrasse. Je fais la vaisselle. Je range. J’essuie. J’apporte. Je rapporte. Je déporte. Je remporte. Il est 22h55. Je suis devant mon ordinateur. Je note un « Bonjour les gens ! » assez las. Je recommence 5 fois mon introduction. J’ai le débit ralenti dans ma tête. Je ferme les yeux dix secondes pour me réinitialiser.

3h58. Je regarde mon ordinateur. Des choses sont inscrites sur la page Word de mon article. Je n’y comprends rien. Il est question des Corrs. De films institutionnels suédois. De Marc Lavoine et d’une vieille tante morte. Puis d’allitérations en –r. En –f. En –t. En –Z. Je vous en fais partager un passage :

Au soleil d’hiver. Et des nuits alanguies. Et les cinq chef d’œuvre de Chagall. Je voudrais partir à Cuba pour fumer des cigares dégueulasses et manger du chili con carne. Le téléphone sonne mais personne n’a envie d’y répondre parce qu’on a peur d’avoir des nouvelles affreuses. Papa me dit qu’il ne s’y rendra pas car il donne des cours de corde à sauter à la Sorbonne. Pauline aurait rêvé faire ça. Elle est jalouse de lui et a décidé de peindre toutes les photos de lui en jaune pour se venger. Il me manque énormément et c’est dommage qu’il ne veuille pas s’excuser. Mais je ne plierai pas devant lui. Jamais. Il a besoin que je lui tienne tête pour avancer dans la vie et devenir meilleur. La musique c’est chouette quand on la joue à plusieurs. Comme la WI. Mon patron ressemble à un personnage de Lost. En moins drôle et en moins charismatique. En moche quoi. fffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffzetgzgtvdgsdrezzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz,h elj’tp »r’k^tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttjkykjgbb ;ttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttmmmmmmmmmmmmmmmm. Je ne sais pas de quoi je parle mais je parle bien. De nos jours c’est essentiel de parler bien de ce qu’on ignore. Je crois que mon stagiaire me hait parce que je porte les mêmes lunettes que lui. Mon bureau mesure 1m40 sur 80cm. C’est une taille correcte. Je suis intriguée par le distributeur Sélecta de ma gare. Il distribue tout gratuitement. Ou rend trop de monnaie. Je vais y faire mes courses pour le goûter. Depuis peu, je dors la porte fermée. J’ai peur de mourir dans mon sommeil. Du feu. De me brûler. De souffrir et de me noyer. Tout ça dans mon sommeil. Il fait chaud. Le port du mini-short est une bonne idée pour qui a chaud dans son lit et dans sa couette en foie gras de canarfq.fjakkkkkkkkkkkjùk                                         cecilezerbibcecilezerbibcecileparaccidentcecileparaccident@gmail.comcecilezerbib@hotmail.fr Faut que je relance tout le monde. Faut que je gagne. Faut que j’y arrriive. Sinon j’aurai honte devant tout le monde. Je ne suis pas si libre que ça. En fait. J’ai peur des gens. J’aime pas les tongs dans la rue. Les tongs en plastique.

Les pieds des gens. Les ongles sales comme des mains de mécaniciens. Les ongles rongés comme des mains d’adolescent boutonneux. Les croûtes rouges. Les talons en gruyère. Les pieds des gens me donnent envie de tout vomir. J’ai envie d’écraser les pieds des gens avec mes grosses chaussures. Et faire semblant de ne pas l’avoir fait exprès. Pour rire. Pour faire peur. Ma salade était bonne. Les légumes étaient bien coupés. La sauce était parfaite. Mimiche fait de très bonnes sauces. Je la déteste quand elle met du chou-fleur. Elle rate les légumes farcis. Ils tombent à côté de la poubelle à côté des poils de cul des voisins. T’as vu. Pauline hurle dans son sommeil. Mon blog n’est ly que par 36 personnes. Ridicukle ? Elle n’aime pas son travail. Elle préfère creuser des trous et manger des glaces sur la plage. Moi aussi je crois que j’aimerais faire ce métier. Papa veut aller à la retraite comme les vieilles personnes pour réparer les canalisations. Ce qui ferait plaisir à Mimiche qui fait la sieste le samedi après midi. Rudy va se marier demain et je n’ai pas acheté de robe parce que je ne veux pas m’habiller comme la mariée. Je ne mettrais pas de costume en flanelle parce qu’il fait humide. Et que la flanelle ça gondole. Mon professeur d’hébreu devrait se faire détartrer et parler moins fort. Cela fait trembler l’eczéma dans mes oreilles. J’ai mon cahier et ma trousse. J’ai oublié mon livre. J’espère que quelqu’un voudra me prêter ses cours. Ce n’est pas un temps pour jouer au golf. C’est con d’acheter des crayons si tu fais l’économie sur les gommes et les tailles crayons. Autant acheter un porte mine. C’est plus économique et social. Je n’ai jamais vu une fille plus nulle que ça en maths. Elle est nulle à chier la pauvre. Elle ne comprend rien. A mon avis, elle est un peu con et feignaslsee ;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;ng A lille, il fait froid je n’irai pas à son salon de pauvre. Elle est mal élevée et croit avoir raison alors que c’est moi qui ai raison. Je lui ai fait un doigt téléphonique. Elle l’a vu je crois. Elle est sûrement vieille fillem ou           jhf gourmande.

… Ne me demandez pas de quoi il retourne. Je n’en ai aucune idée. C’est ce que j’ai trouvé à mon réveil. J’ai corrigé quelques fautes pour améliorer la lecture du malheureux que ça intéresserait (d’un point de vue psychiatrique… parce que d’un point de vue littéraire, je ne crois pas qu’il y ait grand-chose à en tirer !). Ouais.

Je suis désolée. Non seulement cet article est vide et nul mais en plus il est bizarre et effrayant. Parce que vous savez ce qui me traverse la tête quand je dors. Hum. Je crois que je vais y aller. Vous laisser m’analyser à loisir. Je vous souhaite une excellente semaine, pleine de joie et de félicité. Profitez du soleil pour porter ce que vous voulez (y compris des tongs si vous avez de beaux pieds… Car c’est vrai que c’est dégueulasse les pieds mycosés… Bordel !) et vous montrer désirables aux yeux du monde.

A bientôt les gens ! A mercredi prochain !

C.P.A.

4 Réponses to “L’article rêvé par accident”

  1. Cortisone Says:

    et bien ça valait le coup d’aller jusqu’au bout de cette lecture !

  2. des auto-cadavres exquis, c’est beau l’écriture automatique!

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