Y VOIR CLAIR!

Bonjour les gens…

… Bonjour. Salut. Coucou de la main. Sourire qui provoque des points asymétriques sur mes joues bronzées par le soleil majorquin. Sourire qui découvre le bas de mes dents légèrement avancées. Hochement de tête significatif. Froncement des yeux. La totale. Bonjour les gens… Oui, bonjour. Hum. Oui. Salut.

Je suis un peu intimidée à l’idée de vous retrouver. Je dois bien vous l’avouer. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Enfin si. Je sais. Bref. Bon, je vous le dis.

Cet article est le 100ème de ce blog. Oui Messieurs ! Oui Mesdames ! Le 100ème ! Avant aujourd’hui, 99 billets. 99 billets plein de mots et de photographies. 99 billets avec un peu de ma vraie vie et énormément d’inventions réalistes (ou pas). 99 billets bien remplis. 99 billets généralement trop longs. 99 billets d’en moyenne 3 pages word – police Calibri – Taille 11 – Interligne 1,15. Ce qui fait en tout (attention calcul mental… Avec une calculatrice à côté pour vérifier tout de même !)… 297 pages ! C’est énorme ! J’ai écrit 297 pages de conneries ! Et je vais continuer en plus !

Autant que faire se peut, en tout cas… Parce que si ça se trouve, un jour, comme ça, sans crier gare, je serais définitivement vidée de mes sottises. Plus rien dans la tête.

Que des idées sérieuses. Que des réflexions pratiques. Que des considérations utiles.

Que des « Oui effectivement ces rideaux sont laids mais ils peuvent passer à la machine… Pas besoin de descendre au pressing de la place des Marronniers ! ».

Que des « Partons en Espagne pour nous ravitailler en bouteilles de gel douche ».

Que des « Essaie donc ce pantalon-short qui pourra servir au printemps, en été et  en automne ».

Que des « Ne passe surtout pas par le périphérique aux heures de pointe ! ».

Que des « Tu devrais essayer le fitness ».

Que des « J’en ai entendu que du bien ».

Que des « ça n’a pas bonne réputation ».

Que des trucs raisonnables. Que des machins carrés, rectangulaires, géométriques, tirés à la règle, précisés à l’équerre. Que des bidules qui me font soupirer à présent.

Le jour où je n’aurais plus que ça (si ce jour arrive), j’arrêterais soudainement de vous écrire. Et il en sera fini de Cécile Par Accident. Il ne restera que Cécile Zerbib. Née à Les Lilas. En 1983. Ayant fait des études de cinéma. Travaillant ici. Travaillant là. Habitant ici. Habitant là. Payant des impôts (en rentrant de vacances et en pleurant à chaudes larmes quand son autorisation de prélèvement dûment signée tombe dans la boîte jaune de la Poste). Se rendant à la piscine municipale 2 fois par semaine. 2 heures par semaine. Courant inlassablement  autour du stade de la Brossolette (son père est Brossolet, sa mère est brossolette !!) avec ses grosses baskets moches qui la font rebondir. Faisant ses courses au Monoprix. Payant avec sa carte bleue. Rangeant le ticket dans la poche arrière de son jean H&M acheté pendant les soldes d’été. Ayant des cartes de fidélité partout. Séphora. Nocibé. Yves Rocher. Body Shop. Esprit. Petit Bateau. Levi’s. Naf Naf. La FNAC. Virgin Megastore. Etcetera. Etcetera. Des tas de cartes qui gonflent son portefeuille déjà obèse et lourd des piécettes oranges qu’elle ne dépense jamais car elle ne sait pas compter. Des tas de cartes qui prouvent une seule chose. Une seule. Elle n’est pas fidèle. Elle change de crèmerie au gré du vent. Au gré de son humeur. Au gré de l’état de son compte en banque malmené par ses crises de boulimie vestimentaire.

Bref. Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, c’est le 100ème article. Normalement, j’aurais du vous écrire un article exceptionnel. A la hauteur de l’évènement.

Un peu comme si je fêtais un anniversaire. Avec un gâteau. Des amis. Des parents. Des appareils photos. Des flashs qui rendent les yeux tristes. Des éclairs qui rendent les yeux albinos. Des cadeaux. Des bougies. Du Steevie Wonder en fond sonore. Classique. 

Un peu comme si je célébrais un mariage. Avec une pièce montée. Des amis. Des parents. Des appareils photos. Des flashs qui rendent les yeux tristes. Des éclairs qui rendent les yeux albinos. Des cadeaux. Des chèques dans des enveloppes. Des mariés qui font la ronde. Des mariés qui sont portés sur les épaules. Des mariés qui sont soulevés sur des chaises. Des mariés qui sont secoués comme des bouteilles d’Orangina. Ou des boîtes de cachous Lajaunie Lajaunie… An-An.  Des mariés qui, à force de poser, ont fini par trouver leurs sourires « par défaut ». De la musique sans arrêt. Hava Naguila Hava Naguila Hava. Et tous les morceaux classiques du genre. Squatteurs indélogeables des soirées de festivités. Des chansons de couple montrant du doigt les célibataires encore assis. Les célibataires encore assis, offerts en pâture aux vieux oncles et aux vieilles tantes qui veulent fabriquer des noces idéales avec leurs propres célibataires « maison ». Ce qui ne marche jamais. Ou rarement. Car rien n’est plus inhibant qu’une petite dame inconnue à l’air affable qui vous demande votre état civil précis avec un contrat de mariage caché dans son dos.

Dans le meilleur des cas, les dits célibataires ne seront pas approchés mais seront salués d’un « A ton mariage » ou plus modestement d’un « A ton tour » de bon aloi. Ces interjections (très courantes chez les Zerbib Sépharades) ont une très étrange résonnance en moi. En effet, elles ne m’agressent pas particulièrement mais me laissent dans un embarras certain. Parce que, bien que je sente qu’elles sont pleines d’une certaine bienveillance, je ne sais jamais ce que je suis sensée répliquer …

Merci ? Je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure réponse.

Personnellement, je me contente d’un sourire gêné suivi d’un Ouais hein…  Un Ouais hein… sous-entendant énormément de choses.

Par exemple ?

Ouais hein… On fait ce qu’on peut ! (le plus courant)…

Ouais hein… De quoi tu te mêles tu ne connais même pas mon prénom !! (En fin de soirée… Généralement lorsque mes chaussures sadiques ont bien réussi leur boulot de tortionnaire nazi)…

Ouais hein… Mon ami ne veut pas se marier avec moi donc c’est mal barré… (Euh… ça… Que dire… Ouais… Hein…)

… Encore une fois, cet article relève du grand n’importe quoi. Vraiment. En réalité, je voulais le commencer par des excuses en bonnes et dues formes. Ce que je n’ai pas fait. Ce n’est pas bien. Je ne voudrais pas que vous me preniez pour une mal élevée et que le cas échéant, (j’adore écrire « le cas échéant » dans mes courriers professionnels… Parce que ça me donne le sentiment d’être… Eh ben, professionnelle, justement !) vous pensiez que mes parents n’ont pas bien assuré le boulot. Je ne vous permettrais d’avoir un mauvais jugement de mes parents. Il n’y a que moi qui ai le droit de les critiquer et de me moquer d’eux (généralement sur ce blog). Voilà c’est dit. Donc je m’excuse bien platement. Parce que je vous avais promis que je reviendrai le 8 septembre. La semaine dernière donc. Et que je ne l’ai pas fait. Encore une fois, ce n’est pas bien. Je n’ai pas tenu ma promesse. Je mérite le fouet et la roue. Enfin peut-être pas. Disons qu’un petit soufflet suffira. Néanmoins, je peux tout vous expliquer. Et vous me comprendrez. Et vous me pardonnerez. Et peut-être même que vous m’aimerez (encore plus, pour certains… Tout court, pour les autres…). Je me lance. Alors voilà. Bon. Reprenons l’histoire depuis le début. Je saute une ligne pour fêter ça.

… Et hop. Saut dans le temps. Nous sommes le 29 août 2010. Ma sœur Pauline et moi-même sommes à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle-Les Français parlent aux français et tout le bordel. Nous avons le cœur en fête car nous prenons la route de Palma de Majorque pour passer une semaine de chouettes vacances. Nous avons de beaux maillots de bain. Nous avons fait l’acquisition de jolis atours pour faire la fête dans les bars à tapas. Nous étions motivés pour nous reposer dans le cadre d’un programme de débauche épuisant. Nous nous envolons. Nous atterrissons. Nous prenons le bus. Et nous arrivons à bon port. Empressées, folles comme deux paysannes qui verraient la mer pour la première fois de leur vie, nous décidons de jeter nos valises respectives dans un coin, de sortir nos maillots de prostituées et d’aller à la plage. Nous courons en faisant des sauts de cabris, en poussant des cris de blondes à bord d’une décapotable et plantons nos pieds (encore) tous blancs dans le sable (et les mégots de cigarettes) fin. Nous déployons nos serviettes de plage comme des étendards. Nous nous déshabillons dans un striptease bâclé et fonçons la tête baissée dans les vagues.

APARTE : En parlant de vagues, une petite pensée me traverse la tête. Je me dis que nous, les humains, avons des amusements étranges. Quand nous sommes à la plage, nous entrons dans la mer. Une fois dans l’eau, on note la création de 2 écoles. D’un côté, il y a les sauteurs. Ce sont ceux qui sautent pour que leurs têtes dépassent la crête la plus haute de la vague. Ils le font généralement en rigolant la bouche ouverte, les dents visibles, avec un air qu’on pourrait qualifier de stupide. De l’autre côté, il y a les sportifs à la petite semaine. Ceux qui s’éloignent du rivage en nageant la brasse… Attendent la vague… Plongent dedans en nageant le crawl… Et rebelote. Jusqu’à épuisement. Ouais c’est bizarre de faire ça. Moi je n’aime pas me baigner dans la mer parce que je n’ai pas confiance en la nature. J’ai peur de me faire mordre, piquer, empoisonner par une bestiole à la con. Je ne veux pas mourir suite à une baignade. Je trouve l’idée ridicule. Bref…

 

… De très grosses vagues. Pleines d’écumes et de restes d’aliments gonflés. Du vent. Du vent. Du soleil. Du soleil. Des vagues. Des grosses vagues. De fortes vagues. De très fortes vagues. D’exceptionnelles vagues. Exceptionnelles car intelligentes. Intelligentes car prenant ses combattants par surprise. Et frappant en plein visage. Paf ! De l’eau qui pique, de l’eau salée dans le nez, dans la bouche et dans les yeux. Ouverture des yeux. Vue floue. Vue très floue. Anormalement floue. Frottement avec les poings. Les yeux sont secs. Et pourtant tout est toujours en pointillés. Tout est toujours comme dans un tableau de Monet regardé de très près. Quelques secondes. Je réalise. Mes lunettes sont tombées dans la mer. Mes lunettes à montures transparentes sont tombées dans l’eau transparente. Je ne vois plus rien. Je tâtonne n’importe comment, dans la pesanteur de l’eau. C’est perdu. Je ne vois plus rien. Je ne vois plus rien. Je colle mes yeux devant ma montre. Je suis à Palma depuis moins d’une heure. Je ne vois plus rien. J’ai perdu un de mes sens. Je sors de l’eau comme une enfant de 4 ans en colère à laquelle on aurait volé son sceau Dora l’Exploratrice. Je m’assois nonchalamment sur ma serviette. Lourdement. Sans recherche d’effet qui mettrait en exergue mon corps parfait (façon de parler…). Mes yeux pleurent de l’eau. Je sale le sable de mes humeurs tristes. Le nez fait des bulles. Je ne vois plus rien. Je le prononce à haute voix. Je ne vois plus rien. Plus rien. 

J’ai donc passé ma semaine de vacances avec des lunettes de soleil (de vue). Ce qui m’a permis de parfaire mon imitation de Gilbert Montagné (qui était déjà bien aboutie) et de ne jamais admirer la réelle couleur des choses. Pour moi, Palma est une ville en noir et blanc la journée. En noir et jaune, la nuit. C’était très joli. J’avais l’impression de vivre dans une série de photographies des années 40. La seule preuve tangible que cette ville existait bien en couleurs est l’ensemble des clichés que j’ai réussi à tirer de mon gros Barney. Quelques exemples :

Le 4 septembre 2010 fut le dernier jour pare-soleil de mes vacances. Je retournais à Paris avec ma chère sœur et retrouvais ma famille et surtout mes anciennes lunettes de vue. Joie. J’avais juste oublié pourquoi je les avais changées à l’époque. Elles étaient rayées. Très rayées. A la vie en noir et blanc, s’en suivit une vie embrumée. Un peu comme au paradis. Certes, c’est très amusant mais ça l’est beaucoup moins lorsqu’on travaille sur un ordinateur. Et en l’occurrence, lorsqu’on écrit un blog. Vous me voyez venir… Voilà. Je ne vous ai rien écrit la semaine dernière car je ne voyais rien. Parce que j’avais mal. Parce que je souffrais. Parce que j’étais dans le flou. Parce que je vivais dans une épaisse brume. Parce que je nageais dans un nuage.

Voilà.

Ben oui, c’est tout. Voilà. Je n’ai rien d’autre à vous dire. En tout cas, aujourd’hui. Ouais, hein… Bon. Je vous laisse ici, à la croisée des chemins (pour paraphraser… Non, je ne vous dis pas… Recherchez vous même de qui est cette phrase, bande de feignasses !) et vous souhaite une excellente semaine pleine de ciel bleu qui réussirait à repousser les nuages humides jusqu’au bout du monde.

Je vous embrasse bien fort car le temps passé sans vous parler m’a fait réaliser à quel point vous pouviez être charmants… Et surtout désirables.

A très bientôt les gens ! A mercredi prochain !

C.P.A.

4 Réponses to “Y VOIR CLAIR!”

  1. Welcome back🙂
    Shana tova, et halte à la prolifération des « à ton mariage »!

  2. Elles préfèrent l’amour en mer !!!

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